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 Contridiconphanya - Partie 9 (et ultime)

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Aklatan
Capitaine des Plaines
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Date d'inscription : 04/07/2008
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Localisation : Collines de Sous-Voûte-Chêne, la maison à côté de la cascade, où un gnome taille parfois des pierres.

MessageSujet: Contridiconphanya - Partie 9 (et ultime)   Mer 12 Aoû - 14:14

Leur progression jusqu’à la sortie des plaines était tout juste entamée, sous le soleil douillet de la belle saison.
Ils réussirent à faire taire le Jack vengeur dont les imprécations étaient traduisibles malgré le bâillon en mouchoir, et durent s'expliquer avec Launardrel, qui finît par accepter les excuses de son compagnon, dont l'orgueil rendait insensible aux méfaits les plus vils.
" Oui, malgré tout j'ai bien réussi à prendre mon pied... *soupir* quel dommage qu'il n'y ait pas de jolis oiseaux dans ces plaines, ils me manquent. Bientôt nous entrerons dans les bois, et ils seront tout à moi...
- Mais sinon, comment vous vous êtes-vous tiré du guêpier sordide où NOUS... avons fini par vous laisser, mille excuses encore, mille excuses...
- Ne vous emportez pas, l'important est que je sois sauf ; je n'ai pas eu le plus grand mal à m'échapper, et c'est en partie grâce à votre action que j'ai pu saisir une opportunité, voyez-vous.
- J'espère pour lui qu'il n'est pas "passé à l'acte" avec la vieille... hinhin, hardcore." ricana Gribok. Launardrel entendît malgré lui :
"Il est vrai que la tentation était grande..." Les Troubadours déglutirent avec difficultés à cette réplique, "c'est pourquoi j'ai essayé d'arriver à mes fins tout en la mettant hors d'état de nuire, le déroulement des opérations s'est effectué ensuite au bon hasard : lorsqu'elle a ouvert le placard pour commencer à me cuisiner, je lui ai donné le coup de reins le plus agile et le plus adroit dont je sois maître, le "pousse plus-loin" ; le choc a été tel qu'elle tomba à la renverse et n'eût le temps de se relever qu'après avoir traversé la pièce sur le dos grâce la quantité d'huile dont son bouclier l'avait enduite. A ce moment, j'avais déjà tourné la poignée de sa porte, malgré mes mains liées, et détalé au loin.
- Ah ouais, du beau boulot.
- Et j'étais finalement très heureux de disposer de ce bâillon et de cette corde, avec un sanglier, nous nous sommes offert une magnifique séance de sado- mazochisme, très sensuelle...

Moins d'une journée plus tard, ils arrivèrent à proximité de la porte d'entrée de Contriconphanya, ayant emprunté la route principale (où les Troubadours dûrent détourner le regard de leur compagnon du magicien qui urinait dans les ronces, de peur qu'il n'arrive quelque chose de très traumatisant.). La nuit n'allait pas tarder à tomber, et le vent se faisait plus humide, incitant les Troubadours à se résigner, Tarlun le premier :
"On ferait mieux de dresser un campement maintenant, on pourrait reprendre la route vers les Hautes-Plaines demain, en passant par le château de l'autre timbré...
- Que nenni, c'est si simple." intervînt Launardrel, "un cerf-volant m'attend à la sortie de la région. En moins qu'il ne faudra pour le dire, nous serons à destination !
- Un cerf-volant ? Pour sept personnes ?
- Aucun problème, il est très ample, et si besoin, il pourra tenir notre bon ami Jack dans sa bouche. Oh oui, sa belle bouche, mmh..."

Ils traversèrent donc le petit passage souterrain qui séparait les deux portiques, en proférant les sarcasmes les plus futiles, et en faisant vainement attention de n'écraser aucune blatte, jusqu'à atteindre l'extérieur. Les premières gouttes de pluie vinrent rafraîchir la verdure, pendant ce temps.
" Génial, une nuit de pluie et en plus on va voler.
- Je pense, messires, qu'il est préférable de voler sous la pluie plutôt que d'y dormir, qu'en pensez-vous ?
- Oui, plus vite on en aura fini, mieux ce sera. Ils quittèrent donc la merveilleuse contrée de Contridiconphanya, pour un nouveau voyage dans les bois, une nuit pluvieuse. Le rêve tropical. Le climat navrant atteignît son comble lorsque Launardrel commença à appeler son animal à ue tête :
"Bichoooon ! Ou es-tu mon joliiii ?" Heureusement que cette nouvelle épreuve ne s'éternisa pas, elle aura été l'épreuve superflue, à rayer des plans même des challengers les plus sportifs. La bête qui arriva du ciel était un cerf. Avec des ailes.
"Ah ben oui, je me disais... Un cerf-volant, quoi."
Tous se blottîrent les uns contre les autres, utilisant l'espace disponible sur le dos de la bête.Aramanth tâcha de ne laisser paraître aucun sentiment, étant placé juste derrière Launardrel. Celui-ci proposa :
"Si tu es mal à l'aise derrière moi, tu peux venir sur mes genoux." Aramanth ne refusa pas une telle offre, et se dépêcha de se lover au creux... Non je déconne.
Le décollage fût périlleux, notamment avec le pauvre Jack, qui relançait ses tentatives pour assommer les Troubadours, à coups de pieds ou de tête. L'enjeu se partagea entre lui ou Tarlun, situé tout à l'arrière, il manqua d'être renversé... Jack du donc être plongé à nouveau dans un douloureux sommeil. Aklatan eût du mal à étouffer un rire sardonique lorsque trois Troubadours s'endormirent :
"Ce sera plus rapide, mon cul... Le jour va se lever, et je suis plus humide qu'une huïtre à marée haute." Il fût le seul à pouvoir indiquer le chemin à Launardrel, afin de dénicher le château perdu dans la cambrousse. Ils peinèrent tous deux à retrouver la bonne route, si bien que l'aube se montra à l'horizon au moment où le cerf se posa en douceur sur le seuil de la grande porte de bois, au sommet de la colline.
Aklatan dût réveiller ses acolytes, tandis que Launardreur devait déjà repartir ; ils se fîrent donc leur adieux aux premières aurores, devant les gardes cyclopéens qui veillaient encore et toujours devant la porte de l'antre.
"Merci à toi, Launardrel de Chompe o-chomp... choupa-choups euh...
- J'étais votre guide, vous avez été les miens pour le retour aux terres sauvages, c'est tout de même cocasse, non ?
- Oui, très cocasse...
- Vous repartez en vacances, maintenant ?
- Eh bien sans doute, en attendant je vais prendre congé de Contriconphanya, j'ai à faire dans quelque ville voisine... Notamment l'inauguration d'une nouvelle auberge, où il fera bon danser sur un air que j'ai intitulé "Wah Elle me scie, elle", en m'inspirant du nom de l'auberge : "La scie sauteuse".
Lorsque leur compagnon tombeur s'éloigna vers les horizons célestes, il pointa du doigt la contrée magique de Contridiconphanya, dot une fine pointe dépassait par delà les montagnes : le haricot de Jack. Dans les nuages qu'il traversait, un arc luisant de couleurs incroyables étincelait au loin, des couleurs surprenantes, mystiques et jamais aperçues nulle part ailleurs. Dans la brume du ciel se dessinait des volutes dorées, tandis que les nuages semblaient adopter une teinte mauve... Le spectacle visible à des lieues de ce pays fantastique, berceau des contes et d'autres magies enfouies, promettait un inestimable trésor là-bas, où transparaissait sans doute un des joyaux de la beauté du monde.

"C'est lequel à ton avis qui chie le plus gros ?" demanda à Gribok en regardant les gardes qui s'arrachaient aux bras de Morphée, pour s'interposer face aux Troubadours.
"Qui va là ? Ah, les mendiants...
- Chie un peu, pour voir...
- Ta gueule, putain... Hem, salutations, nous revenons de notre quête...
- Et avons de quoi satisfaire messire." acheva Aklatan. Cela irrita Tarlun, qui lui fît remarquer en coin :
"C'est moi qui parle chastement, je suis le meneur !
- Et nous on est des larbins ?
- Entrez, il vous attend." autorisèrent les géants en ouvrant la porte grinçante. Aklatan ne rata pas une occasion :
"Comment vous le savez ? Il vous a envoyé un pigeon ?
- Toi, on va régler nos comptes..." Mais le meneur coupa court ce début de remue-ménage en poussant Aklatan dans l'obscurité de l'ouverture, suivi de ses compagnons, au pas chancelant.

"Magnifique, je te tiens, bougre de Jack, toi et tes haricots maudits !" se réjouît sombrement le comte, à la mine toujours aussi névrosée. Il arracha le bâillon de son nouveau détenu, qui ne pût se retenir plus longtemps d'étouffer des injures et toutes sortes de damnations. Après s'être soulagé de jurons, et même tout court, il demanda, complètement désorienté :
"Et vous êtes qui, vous ?
- Je suis le comte D'oragbreduce, te souviens-tu ? N'aurais-tu pas fais une fiche de paye à ce nom, vile charogne ? Je te somme de répondre, après quoi tu paieras, à commencer par nettoyer mon carrelage de ta souillure !
- La dernière fois que j'ai... que j'ai vendu des haricots à quelqu'un, c'était à un vieux type chétif, qui en voulait pour faire pousser ses aubergines...
- Ce n'était pas une simple aubergine, sale mécréant, frequin, félon, c'était son épouse ! L'épouse de mon végétarien de frère ! Et tu es la demi-portion ridicule qui les as tués !
- Quoi ? Mais...
- Tu les as tués ! Tous les deux, avec tes haricots du démon qui lui ont traversé le corps ! Tu le sais, tu en es conscient de ça, espèce de vers de moignon !" Les Troubadours, qui observaient la scène avec beaucoup d'empathie, se hasardèrent à glisser quelques remarques de compassion, d'u air peu assuré :
"Quand même, c'est un peu vache là... Lui faire laver le dallage.
- Et puis il a déjà bien dégusté, avec le sale coup qu'on lui a fait..." Mais aucun n'écoutait, le comte continua sur sa lancée :
"Tu n'es qu'un pauvre limon de merdasse, un chacal putride, un rat de tuyauterie, une éponge à latrines...
- Je n'ai rien à me reprocher, messire !" voulût se justifier Jack, "j'ai vendu ces haricots à cet homme de la façon la plus légitime et la moins avertie qu'il soit, cela n'est donc pas de mon ressort de...
- Eh mais hier tu disais que tu ferais mieux de ne pas vendre des haricots à n'importe qu...mmmhgmmm..." s'interposa Sermias, qui fût interrompu par Aramanth, dont la main eût bien fait de stopper le fot de paroles malvenues. Malgré la défense et l'innocence dont Jack essayait de faire preuve, le comte demeurait sourd :
"Balivernes, tout ça ne dépend que de toi, de toi et de ces maudits haricots, sale rongeur des basses-fosses... Mais te blâmé-je de cette façon, ne crois-tu pas que je lance dans de trop dérisoires préoccupations ?
- Pour qui vous-prenez-vous ? Il est clair que vous êtes d'une injustice et d'une vulgarité qui dépasse tout entendement, et que je ferais mieux de repasser le seuil de votre porte que je n'aurais jamais du franchi...
- Je vais tout simplement te faire lécher le carrelage et t'accrocher au plafond ! Fébrile mollusque !" Jack indigné pointa un doigt accusateur sur les Troubadours:
"Commencer par accrocher ces cinq là, on verra pour la suite !" Le comte regarda avec grand dédain les Troubadours ; Aramanth déclara en s'adressant à Jack :
"Désolé, vieux, mais... on a faim !" Le comte s'accorda, comme rappelé à l'ordre, à reconnaître :
- Il est vrai que j'ai besoin de m'occuper de vous. Venez avec moi." Alors qu'ils s'éloignaient vers la pièces voisine, Jack, submergé des illusions les plus tentatrices, leur lança avec mépris :
"Mes chers amis, les haricots sont cuits ! Détrompez-vous tout de suite ! Et je dois vous avouer que vous n'êtes pas les bienvenus chez moi !" Fier de son discours qu'il jugeait très agressif, il ignorait de loin ce qui l'attendait.

Sur le chemin du retour, les Troubadours, qui voyageaient désormais les yeux ouverts et bien en marche, tentaient de trouver une morale à cette aventure, bien que les péripéties multiples l'ayant rythmée en laissait sceptique plus d'un seul. Au bout du compte, ils étaient seulement satisfais d'avoir une bonne garnison de viande et de pain à se partager pour les quelques jours durant lesquels ils voyageront jusqu à la ferme de Gribok qui, avec de la chance, existait. Cela permettrait à Aklatan de perfectionner son art de monter le crapaud des tourbières, et bien sûr à Aramanth, de visiter son aimée, qui habitait non loin dans la région... Ouh, attention, ça devient intime. En attendant il faisait toujours aussi chaud, les putois pouvaient montrer leurs nez hors de leurs terriers.

Dans l'obscure salle de réception de l'antre du comte D'oragbreduce, le noir faisait naître des ombres vengeresses hantant ces lieux macabres, semant une énième poussière de tourment dans le silence de la désolation qui peignait l'atmosphère du château. Le comte attablé à un meuble poussiéreux sculptait dans un morceau de bois une aubergine, dont une tige émanait du coeur, en traversant le ventre d'un individu, portant un chapeau et un gilet de cuir sur ue chemise ; le détail était frappant, en effet.
" Alors Jack, l'escalier vers le ciel, comment le trouve-tu ?" demanda-t-il, seul dans la pièce cloîtrée, "Tu n'as réussi à grimper si haut, mais tu en as une toute autre sensation, je présume...
Tu m'en diras des nouvelles de cette soupe aux haricots, mon petit Jack ; la préférée de mon frangin... Mouhahahahaha..." Son rire glacial résonna en écho lugubre jusqu’à la plus haute tourelle, elle surplombait le plafond de la salle, au milieu duquel la tête du vendeur de haricots était superbement pendue, avec toutes autres, attendant patiemment de se dessécher jusqu’ à flétrir.

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