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 Contridiconphanya - Partie 7

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Aklatan
Capitaine des Plaines
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Date d'inscription : 04/07/2008
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Localisation : Collines de Sous-Voûte-Chêne, la maison à côté de la cascade, où un gnome taille parfois des pierres.

MessageSujet: Contridiconphanya - Partie 7   Mer 15 Juil - 17:59

La vieille femme faufila ses doigts crochus et ridés entre les pots en terre qui se succédaient sur ses étagères. La sorcière avait un nez boutonneux, des sourils grisés -dont un surmontait un oeil de verre - aussi décrépis que les quelques poils qui terminaient son menton décharné. Elle contrôla chacun des flacons afin de sélectionner l'épice adéquate, tout en murmurant de sa voix tranchante et chevrotante :
"Cumin flétri, sel du Mont-Rictus, poivre jaune, bave de caïmens, non, non... ah, cardamome de Brosselélandes, parfait parfait !"
Elle alla ensuite aiguiser ses grands couteaux de boucher, pour une symphonie macabre, comparable à l'entrechoquement de pirates croisant le fer. Les bruits stridents amenèrent Tarlun à l'éveil. L'air ébété, il sonda la pièce, salle lugubre au plancher fracassé (qui devait probablement refermer la tombe de quelques cadavres enfouis), dont les murs suintaient d'une substances gluantes, assimilable à l'agglomération des couches de mélanges magiques, superposées par les multiples évaporations des élixirs en fabrication; des instruments de cuisines et autres récipients de mesure de laboratoires envahissaient les tables, tout comme les grimoires étranges provenant de la bibliothèque, dans le coin de la pièce. Aucune fenêtre, l'antre était huis-clos, inspiratrice d'inquiétants présentiments.
Dans tout cela, la première pensée qui submergea le meneur, pendu par les mains, juste à côté de la cheminée où dansaient des volutes de flammes infernales, fût plus la frustration de se voir réveillé en sursaut une deuxième fois dans la même journée que de se soucier des intentions de la vieille femme arquée qui brandissaient ses imposants couteaux à viande.
"Toujours le dernier debout, hein ?" susurra Aklatan à son oreille, sur un ton las. Ses compagnons se trouvaient dans la même posture bestiale, digne de la vente de volaille au marché, juste à côté de lui. Tarlun demanda, incertain :
"Personne n'a une idée sur ce coup là . Parce que j'ai l'impression qu'on s'est encore fait niquer.
- Bof tant que c'est pas par Launardrel...
- Et tant qu'on épouse pas une vache carnivore à la pleine lune...
- Taisez-vous !" les interrompît la sorcière en leur jetant un regard tétanisant, accentué par son oeil de verre luisant (pawned !). "Pas de dépense d'énergie, pas de parlote, non... la chair doit rester ferme et tendre ; profitez de cette posture, elle détendra vos muslces, vos délicieux muscles charnus...
- Moi j'ai pas de muscles." contesta Gribok, dépité. La vieille femme déposa ses couteaux sur la table, et s'en alla consulter son grimoire de recettes. Elle tourna les pages en se léchant les lèvres, salivant à la manière d'un loup famélique. Sermias adoptant une expression malicieuse, en indiquant de la tête les couteaux brillants alignés sur la table :
"Héhé, les coupains, ça me donne une idée. Ces couteaux brillants vont me permettre de regarder en toute discrétion les faits et gestes de cette vieille morue, comme ça on pourra se tenir à l'affût et déjouer ses plans." Les Troubadours réfléchirent, puis laissèrent retomber leurs illusions quant à un éventuel espoir de s'échapper, Tarlun raisonna :
"Mais Sermias, pourquoi tu veux observer ce qu'elle fait dans le reflets des couteaux alors qu'elle est juste devant nous ?
- Bon laisse tomber, "reprît Tarlun, "il faut qu'on trouve un moyen de se tirer...
- Les gars, aidez-moi je tiens plus !" murmura Aramanth, alarmé. Ses compagnons l'interrogèrent, intrigués :
"Qu'est-qui t'arrive ? T'as trop mal aux bras ? Respire, vieux.
- T'as envie de pisser ? Vas-y, ça va bien l'emmerder.
- T'es attiré sexuellement par cette vieille cochonne ?" Tous s'iterrompîrent.
"Qui a dit ça?" demanda Sermias, sur le point d'éclater de rire.
" C'est moi." Ils détournèrent la tête à leur droite... Ce fût à nouveau à Aramanth et à Sermias de s'en charger :
"Duc Vinh t'abuse !
- Arrête de raconter des histoires d'horreur ou bien tire-toi !" Duc Vinh répondît, sur le même ton pervers et pernitieux :
"Ben j'étais à la recherche de ce Launardrel, je pensais qu'on pouvais s'entendre d'après ce que j'ai entendu dire de lui. En peut s'entendre et plus si affinités, comme vous mes amis...
- Aaaah me tâte pas le sgeg pendant que je suis attaché, pervers !
- C'est pas ici que tu le trouvera, Launardrel, alors laisse-nous dans notre merde s'il te plaît..."

Depuis sa table de cuisine, parcourant les recettes de son grimoire, la sorcière se mettait en appétit en marmonnant :
"Grillé et confis ! Ou pourquoi pas avec des cerises aquatiques... Et de la sauce aux parfums funèbres ! Faire frire le sang, mmmh..."
Tarlun s'impatienta :
"Aramanth, c'est quoi ton problème alors ?
- Je vais tomber, mes mains veulent pas s'arrêter de glisser, il faut vite resserrer mes liens !
- Quoi ? Mais dépêche-toi de glisser et de nous délier, plutôt, abruti !
- Si tu le dis, n'empêche que je vais glisser..."

Un grondement sourd attira l'intention de la vieille. Ses yeux plongés sur la gravure d'un homme démembré servi sur un lit de salade remontèrent le long de la page, et se posèrent sur les Troubadours alertes, qui étaient descendus de leurs cordes d'accrochage. Sermias avait attiré son attention en s'écroulant sur le plancher, tandis qu'Aklatan défaisait ses liens. Les mains de la sorcière se crispaient de rage alors que les Troubadours étaient figés par la surprise, s'attendant à se voir dissous par n'importe quel ôdieu maléfice.
"Ah bravo. Sermias, comment t'arrives à t'endormir en étant pendu par les mains ?" souffla Aklatan avec dédain.
La réaction de la sorcière ne se fît pas attendre, avant que les Troubadours ne dégainent leurs armes et ne s'avancent, elle avait déjà ensorcelé les cordes pour les ensserrer tous les quatre. Tous les quatre ?
" Où est le dernier ?" cria-t-il avec hargne.
"Un mouvement et je le gobe." lança une voix depuis le fond de la pièce, contre le mur à étagères. La vieille se retourna et fût figée dans son mouvement, en contemplant Gribok, perché sur la table, entre plusieurs récipients renversés et vidés. Elle s'écria, démunie :
"Tu... tu as tout avalé, vermine ?
- Et comment, les yeux de tritons sont même plus goûtus que l'essence de Gouglion. Je me ferais un plaisir de goûter cet autre specimen, même si il y a écrit en gros "NE PAS TOUCHER"... vous bougez l'orteil, et je le bouffe."
La sorcière resta interdite. Elle semblait tétanisée par l'effroi et la rage. Elle essayer de dissuader l'impudent Troubadour :
"Et si tu y touche... Je brûle vif tous tes amis !
- Faites-le et c'est moi qui vous mange." Elle retînt son souffle, complètement livrée à elle-même, les yeux rivés sur le flacon nébuleux, qui devait être d'une importance majeure. Sermias s'invita dans la foulée :
"Je pourrais goûter aussi ?"
L'irrascible sorcière se rebella, emportée par l'intolérance qu'elle vouait à sa situation, qui la plaçait en position de faiblesse :
"Tu n'y toucheras pas, sale petit... Gaah !" Elle s'arrêta net en voyant Gribok plonger le bout de son doigt dans le mélange, en se léchant les lèvres. La vieille devînt aussitôt aussi servile q'un chevreau :
"D'accord, d'accord, arrête ça... Qu'est-ce que tu veux ?
- Libère-nous, Gribok !
- Ouais, demande à nous lâcher !" demandèrent les Troubadours ligotés au pied de la cheminée.
"Donnez-moi ce que vous avez à manger." demanda Gribok. Les Troubadours sidérés ne pûrent s'empêcher de s'interposer :
"Quoi ? Mais qu'est-ce que tu fous, crevard ?
- Ouais libère-nous, au lieu de bouffer !" Gribok se justifia en tout honneur :
"Eh j'ai la dalle, moi ! Mais rassurez-vous, on va pouvoir partager...
- Avoir avalé tous mes ingrédients ne te suffit pas ?" Se scandalisa la vieille. Le Troubadour continua son jeu dans tout son cynisme :
"Si vous voulez, je peux me contenter de ça. Et une bouchée pour Gri...
- Bon, ça va ! Je vais te chercher ce dont je dispose, comme nourriture. Viens.
- Non, je vais garder cette délicieuse mixture en main, en attendant." Elle étouffa un grognement nerveux à cette dernière réplique, déjouant un de ces sournois nouveaux tours. De son pas boîteux elle se dirigea vers le fond de la pièce, à côté de la bibliothèque, et ouvrît une grande armoire, dans laquelle étaient suspendus deux individus, de la même façon que les Troubadours, et qui plus est, baïllonnés. Le premier portait un chapeau de paille ainsi qu'un gilet de cuir sur une chemise blanche ; ils reconnûrent près de lui une figure familière.
" Tiens, Launardrel, on croyait que vous vous étiez éclipsés à votre bon-vouloir..." Leur compagnon tombeur répondît de façon muette en disséminant un sourire innocent derrière son baïllon, accompagné d'un sautillement de sourcils.
"Lequel?" proposa sèchement la sorcière. Un rictus d'indécision torturait le visage de Gribok, il préféra passer la main à ses compagnons :
"Ben.. Demandez à mes potes." Les Troubadours ne pûrent refouler une certaine animosité douteuse vis à vis de Launardrel, qui malgré cela tentait de les inciter à le sélectionner en leur jetant des regards complices, les yeux écarquillés. Tarlun tâcha de poser une question, pour laisser les autres à la réflexion en dissimulant les apparences :
"Euh... C'est qui le type à droite." La sorcière parût encore plus mal à l'aise, elle ne s'attarda pas sur le sujet :
"C'est... un type. J'en ai besoin pour ses haricots. Prenez l'autre. Sinon... il mourra dans d'atroces souffrances !
- Bon décidez-vous, vous autres," les pressa Tarlun, "Et, c'est quoi son nom." La vieille arbora une expression renfrognée, elle ôta le baïllon de l'étranger un instant, celui-ci articula :
"Jack. Libérez-moi s'il vous pl...mmmhgmmmm...
- On prend Jack !" déclarèrent en choeur Tarlun, Aramanth, Sermias et Aklatan. Launardrel leur jeta un regard furieux, qui se changea en une oeillade hautaine et pédante.
- Jack, venez ici" l'invita Gribok, le pot toujours à la main." Le regard lugubre de la sorcière se chargea de haine. Elle se résigna à s'éxécuter; avant tout elle mis en garde les Troubadours, encordés, en levant son doigt crochu :
"Vous restez là. Et je m'équipe contre les entourloupes." D'un geste lent et anodin, elle invoqua un bouclier verdâtre, parcouru de bulles clapotantes, qui l'entoura complètement, puis elle détacha Jack. Pendant ce cours moment, les Troubadours prîrent l'initiative de se lever lentement, en parfaite osmose, sans le moindre bruit. Jack s'approcha alors de Gribok, qui plannifia avec aisance et sarcasme :
"Bien, je vais prendre une bonne grosse poignée de ce succulent mélange dans ma main...
- N'y touche pas ! Et vous je vous ai dis de ne rester où vous étiez !
- J'y touche sans le manger pour l'instant, mais vous n'avez pas intérêt à lancer un de ces sorts de noob sinon l'un des deux est perdu, ou mangé, peut-être.
- Et on est restés à notre place !" renchérîrent les Troubadours avec la pus grande impertinence. La sorcière ne resta pas indifférente :
"Asseyez-vous immédiatement !" Au même moment, Gribok donna son signal :
"Buff, popo et boisson, c'est parti !" Il lança le flacon en direction de la bibliothèque, ce qui alarma la sorcière, se jetant au sol pour le réceptionner. Elle déchaîna alors un flot d'injures, qui n'empêcha pas aux Troubadours de se diriger vers la sortie, à la suite de Gribok,et de Jack... Mais leur pas était légèrement plus lent :
"Grouillez-vous !
- Arrêtez, je vais me tauler, vous marchez trop vite et je dois courir en marche arrière, quoi !" se révolta Aramanth, dont l'encordage l'obligeait à leur tourner le dos. La sorcière remise sur pieds se hâta se laisser libre cours à la totalité de sa puissance magique, en proie à la rage la plus terrifiante :
"Aaaaarh ! Je ne vous laisserai pas vous échapper !" A l'instant même où elle projetait ses mains en avant , en visant les Troubadours se traînant vers le seuil de la porte, pour les frapper de la foudre de sa colère, concentrée dans les incantations malsaines qu'elle commençait à proférer, son bouclier céda, explosant pour déverser son liquide huileux sur sa maîtresse, qui, prise d'u sursaut, fût interrompue dans son incantation.
" Meeerde ! Foutu bouclier de chiooootte !" hurla-t-elle.
Les Troubadours libérés de leurs liens s'esquivèrent avec la plus grande hâte, accompagnés de Jack, et descendîrent la colline du coeur de la forêt sans même regarder derrière eux. L'adrénaline qui pulsait dans leurs veines était seulement vivifiée par les imprécations incessantes et lugubres qui retentissaient au loin, en s'enfoncant tel un écho spectral dans les ombres du bois : les pins désossés et les les feuilles mortes, ils scellaient l'antre du guêpier de la forêt.

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