Les Troubadours des Plaines

Site officiel des Troubadours des Plaines
 
AccueilFAQRechercherMembresGroupesS'enregistrerConnexion

Partagez | 
 

 Contridiconphanya - Partie 4

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
Aklatan
Capitaine des Plaines
avatar

Messages : 483
Date d'inscription : 04/07/2008
Age : 105
Localisation : Collines de Sous-Voûte-Chêne, la maison à côté de la cascade, où un gnome taille parfois des pierres.

MessageSujet: Contridiconphanya - Partie 4   Mer 8 Juil - 16:45

La nuit était fraîche, mais calme, Gribok se sentait bien. Il avait découvert que l'on pouvait se sentir bien. Il avait découvert le sommeil. Ainsi il avait dormi longtemps, probablement plusieurs dizaines d'heure. Enfin il en avait simplement la sensation. Après un bon sommeil, il était d'attaque pour le prochain jour qui allait se lever.
Aklatan aussi vînt à se réveiller. Longtemps après, d'ailleurs. L'herbe tendre lui caressait la joue... et laissait des replis ondulés sur sa peau; mais soit, il avait bien dormi, bien et beaucoup. Tarlun sortît paisiblement de son long sommeil. Aramanth quitta le royaume des rêves sur un nuage de soie...
Bon, Sermias était incorrigible ; et il n'avait pas de quoi ne pas l'être, rien ne vaut un bon sommeil pour reposer son corps et profiter d'un calme assoupissement, aussi long soit-il. Oui, enfin bon, c'est vrai que cela commençait à faire très long, en plus des ronflements. Par un miracle apporté par une magie occulte, un zéphir de bénédiction, il ouvrît les yeux... ses compagnons avaient eu le temps de finir la nourriture, d'arriver au terme d'une partie entière de Donjon et Dragon, et d'avoir à nouveau faim.
"Les gars, je pense qu'il va falloir y aller, maintenant." proposa alors Tarlun, éreinté par cette attente interminable. Ses compagnons ne manquèrent pas de rétoruqer:
"Mais il fait encore nuit ! On avait dit au lever du jour, quand même.
- Oui, mais les nuits sont sans doute plus longue dans cette partie du pays ; et puis tout le monde est en forme, parfaitement réveillé... même Gribok ! C'est vous dire...
- Hinhin, ça te fout les glandes, Tarlun, t'attendais impatiemment le jour pour avoir la bonne excuse pour nous traîner à l'usure des chausses.
- Non mais petit con, tu vas voir ta tronche de gueux-du-luth..."
Tandis que deux des Troubadours donnaient u nouvel exemple de fraternité et de paix, Aramanth fût saisi de soudaines convulsions, qui agitèrent ses épaules, puis son ventre, jusqu'à l'ensemble de son corps. Il s'écroula au sol, parcouru de violents spasmes, et du attendre bien plus d'une minute avant de réussir àcapter l'attention de ses compagnons. Ils s'ammassèrent autour d'Aramanth, qui scrutait le ciel d'un regard vitreux, les membres agités de secousses incessantes. Il plaqua nerveusement alors ses mains sur son ventre.
"Tenez-le !
- Y a un truc qui bouge dans son bide, non ?
- Attention, attention ! Ne l'étouffez pas non plus !
- La vache ! Un genre de machin va sortir de son ventre en lui déchiquetant l'abdomen, je suis sûr !"
C'est à ce moment que sa narine gauche remua : un petit rouleau violacé et écailleux s'en extirpa, et se déplaça par roulement jusque dans l'herbe, à côté de lui. L'étrange entité se déroula, faisant apparaître une espèce de poisson aplati, aux formes carrées, sans membres, ni queue ni tête, mais dotée seulement d'un oeil globuleux et d'une bouche ovale.
Le Troubadour, qui s'était arrêté de trembler, affichait un léger sourire niais. Au contraire, le groupe observait la créature dun oeil abusé, presque abasourdi. Cela ne s'arrangea pas lorsqu'elle leur adressa la parole, d'une voix étouffée, non moins tonitruante :
"Ben quoi ?" Il y eût un moment de flottement. Aklatan reprît la parole :
"Qu'est-ce que.. vous foutiez dans la tête de notre pote ?
- Vous déconnez ? Vous avez jamais vu de larneur ?
-...
- De larneur oppflicient ?
- ...
- Vous débarquez, bande de cakos ! Je suis un larneur et c'est grâce à moi que vous avez passé d'aussi bonnes nuits, vous tous ! Vous avez rêvé grâce à moi !
- Comment ça ?" lança Tarlun stupéfait. "C'est que, en vous voyant au premier coup d'oeil, vous faites pas vraiment rêver...
- Ouais ouais je sais bien ce qui te fait rêver, toi, la princesse Mareblonde qui participe chaque année au festival des jeunes charrues au début des moissons. Heureusement que j'étais là pour te faire arriver au bout, sinon tu te serais encore réveillé en te disant "quelle salope celle-là."" Tarlun sursauta, puis arbora un air à la fois hautain et outré, en répliquant :
"Mais ça suffit, bon sang ! Que... Qu'est-ce qu'elle raconte, cette carpe-vermisseau, là, non mais attendez...
- Ca veut dire que vous avez visité ma caboche aussi ?" demanda Gribok.
"- Ben ouais, je dois dire que t'en avais besoin, les seuls rêves que j'ai trouvé au milieu de la suie et des toiles d'araignée de ton cerveau, ça concernait les jeux de rôle, essaie de dormir plus souvent, mon gars !
- Mais pourquoi vous êtes sorti d'Aramanth alors ?
- Ben je vous tous visité, et je suis sorti de vous l'un après l'autre, que croyez-vous ! Ainsi vous avez passé une bonne nuit !
- Mais pourquoi vous l'avez fait se convulsé comme ça, d'autant qu'il était réveillé depuis longtemps, même avant Sermias ?
- J'y pouvais rien, ce con avait le nez bouché, j'arrivais pas à sortir. Et il fallait que je m'occupe du dernier ! Alors j'ai employé les grands moyens, une bonne dose de spames, et voilà !" Aramant s'étais relevé, l'air ébété, en se frottant les yeux. Il rejoignît la conversation :
" Attendez, j'étais où ?
- Vous inquiétez pas, il sentais rien, ça lui faisait juste voir des champs de coquelicots, y a aucun risque, c'est magiquement sain... Et l'autre connard là, Sermias, il paie rien pour attendre !
- Boâh, j'ai pas besoin de toi, crevette, c'est moi qui ai dormi le plus longtemps." Cette dernière phrase rappela Aramanth à la raison pour interroger la créature :
"Mais justement, c'est quoi ces nuits qui finissent jamais, on a le temps de dormir une journée en entière, j'ai l'impression !
- Mouhahaha, les galériens ! Vous êtes aux Mille et une nuits ! Vous êtes vraiment des branquos !
- Et alors, il fait nuit tout le temps ?
- Ben oui !" Tarlun regarda ses compagnons amèrement.
"Eh mais attendez, nous on devait aller dans le pays des contes, j'espère qu'on s'est pas gourés, j'ai trop la dalle je pourrais pas marcher plus longtemps !" s'écria Sermias. Le larneur poursuivît sur sa lancée :
" Les Mille et une nuits ça signifie quoi pour toi ? Le donjon de rédaction de Voilà ? Hallybabwood ? Peut-être pour ton meneur qui est fan de la bourge de Mareblonde ! Et moi je suis quoi ? Un oeuf mollet ?
- Arrêtez vos sarcasmes, on y est ou on y est pas ?
- Putain, mais bien sûr que vous y êtes ! Vous voyez la colline là-bas ? Vous virez à gauche et vous entrez dans le petit passage souterrain que vous verrez au loin. Vous pouvez pas le rater, d'autant qu'il y a un panneau d'indication juste à l'entrée !"
La créature rampa pour s'éloigner, prête à partir. Elle ajouta tout de même :
"J'espère que vous serez partis avant la prochaine nuit, ça m'emmerde vachement de jouer les maîtres introducteurs pour des touristes. Le prochain rêveur ce sera un pigeon, tiens, j'ai décidé !
- Introducteur ?" Aklatan susurra, la mine pâle : "il s'introduit dans le trou de balle ???
- Plutôt cauchemarder, blaireau, par l'oreille c'est plus facile ! Mais le mieux c'est quand les gens ont l'esprit ouvert, avec ça je me matérialise sans contact. Je vous dis pas, avec les politiques, surtout quand ils ont les oreilles sales...
- Et puis par le cul quand on a la ch...
- Tais-toi, j'ai faim et j'ai envie de chier !" La voix du larneur retentît une dernière fois en s'éloignant :
"Dans un des trous de l'arbre sans fin, tu peux chier tant que tu veux, ça disparaît toujours. Pour la bouffe à volonté, y a bien la maison en pain d'épice, ou en sucrerie, c'est peinard dans ce bled... Je fous le camp, bonne nuit !"
Les Troubadours restèrent de glace. Ils attendaient sans doute la conclusion d'Aklatan. Elle ne se fît pas attendre :
"Vous trouvez pas que c'était un peu un connard ce truc ?"

La nuit était toujours profonde, dommage, ils pouvaient apercevoir quelques scintillements d'une forteresse ensevelie dans la montagne, mais pas davantage. Ils arrivèrent néanmoins de l'autre côté de la colline, d'après les indication du larneur. Un arbre aux feuilles épineuses marquait le point d'entrée : une ouverture arquée qui s'enfonçait dans un petit souterrain, enguirlandé de de tiges et de branches feuillues, aussi séduisantes que le tapis de marche nuptiale d'un royaume elfique. Ce qui attirait l'attention des Troubadours était le panneau implanté juste devant la porte. Etait inscrit grossièrement :

"Contridiconphanya - Plongez et écoutez"

Les membres du groupe se regardèrent mutuellement pour fortifier le soupçon de doute naissant. Tarlun voulût briser l'incertitude planante:
"Bon allez, trève d'hésitation, on y va." Mais rien n'y fît, notamment pour Aramanth :
"Beuh c'est quoi, ça ?
- "Plongez et écoutez", ça veut rien dire ou bien c'est pour nous embrouiller.
- Faites gaffe, dans cette cave y a peut-être un piège qui vise à nous noyer en nous faisant entendre une incantation de sacrifice !
- J'espère que chaque métaphore que l'on peut croiser n'est pas néfaste..."
Après avoir essayé de dissper cette nouvelle agitation dérisoire, Tarlun relança l'offensive :
"Bon, c'est parti. Aklatan , passe devant." Mais rien n'y fît davantage :
" Toi d'abord, essaie pas de m'avoir !
- Non. Sermias !
- Pourquoi t'y vas pas ?
- Gribok...
- Ca rapporte pas d'XP...
- Aramanth...
- D'accord.
- Bon je vois, vous êtes tous des tarlouses, alors je prends la tête." Aramanth, tout fier de sa feinte, donna un coup de coude complice à Gribok. Et Tarlun prît la tête, la grosse tête, il s'imaginait aussi que c'était dangereux. Au lieu de ça ils traversèrent le petit passage souterrain sur ue dizaine de mètre, illuminé par de petites flammèches virevoltantes, entre les lys et les branches décorant les murs, puis arrivèrent à une porte de bois. Peut-être que le danger était là, Tarlun se sentait soulagé ; il profita de son soi-disant courage qui lui avait évité sans doute le pire :
"Bon j'ai déjà pris la tête, Aklatan, à toi d'ouvrir la porte !
- Eh attends t'as pris la tête, si moi je perds la mienne en l'ouvrant, ce sera bien plus facile pour toi...
- Oui je vais t'arracher la tête si tu l'ouvre encore. Maintenant tourne le verrou et c'est tout.
- Pfff, tu crois que j'ai les jetons, hein..." Le Troubadour s'avança, et murmura :
"De oute façon le claptor de mazrock sur la poignée de porte ça a déjà été inventé, et ça fait pas partie d'un conte.
- Tu connais un conte où une porte tue quelqu'un ?
- Non.
- Ben tu vois il y a aucun danger !" Aklatan serra la poignée et poussa la cloison de bois ; elle grinça légèrement en coulissant, c'est alors que la lumière du jour inonda la vue des Troubadours, leur offrant la vision d'un monde emplit de couleurs chaleureuses, de fleurs, et lueurs dorées et d'ombres fraîches, recouvrant des maisons tranquilles à l'orée d'une forêt, au delà de laquelle ils pouvaient apercevoir des collines et des champs, où apparaissaient de magnifiques chateaux, des villages accolés à des cascades, des rivières... (Evidemment les Troubadours ont une vision perçante et très élargie. Faut dire aussi que c'est super chiant de faire une description romanesque au fur et à mesure, alors un aperçu comme ça.. c'est bien.)

Aklatan se retourna avec un sourire gai illuminant son visage, pour déclarer avec moquerie :
"Vous voyez, pas le moindre danger, c'est le paradis, ici !
- T'as pas entendu une petite voix crier ?" Son sourire se figea. Il regarda à ses pieds, comme le faisaient ses compagnons.
"Ben voilà, une porte ça peut tuer. T'as réussi à écraser une blatte. Attends, elle dit quelquechose...
- Parce qu'elle parle ?
- Si elle crie, elle parle. Elle veut juste te traiter de pauv'...
- Bon ça va. Allons, chers amis, pénétrons dans la verdoyante contrée de... Cooontriii...
- Je prends la tête. Merci Aklatan" l'interrompît Tarlun en l'écartant de son passage. Il marcha à nouveau sur la blatte fraîchement écrasée qui agonisait.
" Allons, Troubadours ! Pénétrons dans la merveilleuse contrée de Cooontriiidiiii-conphaanya !
- Non il paraît que c'est un comté.
- Un conté. Avec un N.
-Non, un comté des conte.
- On est de l'autre comté du miroir mes amis, hinhin !
- De l'autre côté, ça fait un técon, ou un trécon, ça revient au même. Dans tous les cas, t'es à ta place Aklatan.
- C'est parti. Il fait jour, c'est magique..."

Les Troubadours avaient mis les pieds à Contridiconphanya... enfin. Ici, la brise semblait plus pétillante et vivifiante qu'ailleurs, notamment aux Mille et un nuits, où l'atmosphère est au repos. L'important était de ne pas se laisser transporter par la magie envoûtante qui régnait. Et de ne pas commencer à chercher la maison en pain d'épice, parce qu'à ce moment là il faudrait équilibrer avec de l'hypocras. Et de l'hypocras, Aklatan n'en donnerait pas. Parce qu'il boudait.

_________________
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
 
Contridiconphanya - Partie 4
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1
 Sujets similaires
-
» Partie de plaisir
» L'heraldique des blasons - Partie 1
» Habs vs Bruins (partie 6)
» Nouvelle structure de la Partie Privée
» RÉSUMÉ DE LA PARTIE 37 !

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Les Troubadours des Plaines ::    Le Village :: Le Foyer (hors rôle)-
Sauter vers: