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 A jamais trois sans deux

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Aklatan
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Date d'inscription : 04/07/2008
Age : 104
Localisation : Collines de Sous-Voûte-Chêne, la maison à côté de la cascade, où un gnome taille parfois des pierres.

MessageSujet: A jamais trois sans deux   Sam 9 Oct - 8:20

Ogre, nain, gobelin
Sont trois voix qui fredonnent,
Mais seule une personne
Se promène en leur sein.
Tous les trois se ressemblent
De par leurs traits infâmes
Et parce qu’aucun semble
Ne pouvoir trouver femme !

« Mais y a-t-il un destin
Encore d’évoqué
Derrière tels visages ?
Ils ne voient pas plus loin
Déjà que leur gros nez
Et leurs sombres présages !
Font mine d’avancer
Souriant plein les dents
Hors de l’obscurité…
Les griffes en avant !
Il est d’autant frivole
D’aller parlementer
En parlant de beauté
A un pauvre et vieux troll ;
A peine prévenu,
Vous croquera tout cru !
Il suffit qu’il soit vu :
Qui le vit qui le crut.

Cela montre aussitôt
Que malgré tous les vœux,
A défaut d’être beau
Ou même gracieux,
Il manquera aussi
A la diplomatie !

Alors qu’attendre encore ?
Que nous tous ayons tort ?

Si vient le repentir,
Tous il révoquera
Jusqu’à s’anéantir,
Noyé de désarroi,
Faisant de ses yeux clos
De loin sa meilleure arme,
Se repaissant du flot
De ses amères larmes.

Ainsi qu’attendre aussi ?
Que nous changions d’avis ?

Tant que siègent les nuées, que leurs têtes s’y fondent !
Entre-dissimuler les êtres de deux mondes !
Là-bas des yeux errants nous épargnant leurs faces,
Ici tous nos amants et notre temps qui passe !

Bien que cruelles fussent
Ces manières, c’est pour
Eloigner les rictus
De ces gens pour toujours !
Devez cette mesure
Qu’aux mœurs de la nature
Qui laisse vivre à deux
Ceux qui seront heureux. »

Discours abominable
Dénué de tout savoir,
De gens bien incapables
De comprendre l’histoire !
Racontons-le au moins,
Tout aussi sot qu’il soit,
Ogre, nain, gobelin :
Personne en une fois.

L’ogre gris s’amoncèle
Comme énorme rocher,
Tas de mélancolie,
Le poids d’un abandon,
Du fond de sa prison,
Le fait tant regretter
De n’avoir encore fui
De son masque charnel.
Il pleure chaudement
En voie vers l’immobile,
L’abondant s’affaissant,
Et ne bat plus son plein.
Ce recroquevillant
N’est pas croque-vilain,
Signe d’un cœur fumant
Qui ne bat plus tranquille…

Il aimerait tant que
Ceux qui voudraient sa peau
Acceptent son grand cœur
Servi sur un plateau !

Le gobelin grognard
Est gargouille qui gronde,
Inflige et qui fulmine
Son fracas furibard
Au beau reste du monde
Par sa mauvaise mine.
Tous immondes ses mots,
Ses gestes et son humeur,
Ses blessures, ses maux,
Ses vices, ses défauts,
Ses frères et ses sœurs
En sont les débiteurs !

Sa bienveillance est morte
Quand naquirent ces choses,
Voici pourquoi sa porte
Toujours restera close,
Et bien mauvaise augure
D’approcher sa masure :
Crachera ses injures
Plein sur votre figure !

Enfin reste le nain,
Comme ses compagnons,
Entre l’épaisse terre
Et puis la dure pierre,
Il habite aux confins
Sa moyenne maison,
Tout saisi de chagrin,
Il n’est pas moins grognon,
Cependant au contraire,
Ces choses l’indiffèrent
Car son nerf fait de fer
Abat le goût amer
D’être laissé au loin
Des bien généreux ponts
Franchissant la rivière
Vers son rivage frère ;
Ils étaient éphémères :
Un jour ils s’écroulèrent,
Et depuis il ne vint
Plus une embarcation.

Les îles solitaires
Sont comme son visage
Qui n’a qu’à être fier
Des lignes de ses plages,
Et l’écume aux frontières
Se garde de la mer,
Un rivage est offert,
Ramage ne se perd.

Tout son contentement,
C’est ici qu’il le cueille
Pour le mettre à l’abri,
Ce pain bien sous-pesant
Façonné dans l’orgueil
Ne profite qu’à lui.

Et ainsi confiné,
Comptant son maigre bien,
Rien ne lui fût donné,
Il ne donnera rien.

Quoi que pourront y voir
Ceux qui rencontreront,
Bien loin de tout brouillard
Ces trois bons compagnons,
Jamais marchant à deux,
Toujours ne faisant qu’un,
En un sont trois d’entre eux,
Ogre, nain, gobelin

Les suivront qui ne tremblent
Et celles qui le veulent,
Eux qui marchent ensemble
Mais qui demeurent seul.

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