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 La poudre de Chield - Deuxième partie

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Aklatan
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Date d'inscription : 04/07/2008
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Localisation : Collines de Sous-Voûte-Chêne, la maison à côté de la cascade, où un gnome taille parfois des pierres.

MessageSujet: La poudre de Chield - Deuxième partie   Mer 31 Oct - 9:56

C’était une nuit tiède et paisible, où le silence n’était pas troublé d’un souffle de vent, ni du moindre bruit. Seule résonnait la musique basse et lointaine d’un cauchemar.

Chield n’avait plus pour défense que son fusil. Un fusil, et la vieille peluche de son enfance qui avait pour nom Marrow, qu’il gardait dans sa poche.
Il s’immobilisa au milieu de la rue déserte, et de l’obscurité mouvante qui s’épandait à la sortie du village, il vit s’extirper l’ombre monstrueuse. Lui tenant tête d’un pied ferme, il déchargea sur elle la poudre de son fusil, et tira jusqu’à ce qu’elle ne fît plus un pas. La bête était morte ; cependant, Chield rechargea son fusil.
Après avoir contourné le cadavre de son cauchemar, il se dirigea en droite ligne vers la campagne ombreuse d’où le monstre avait osé sortir, et quittant la route qui menait au village, il traversa la lande déserte en direction de la forêt.

En s’enfonçant toujours plus loin entre les arches arborescentes, son regard fut capté par une douce lumière qui fendait les bois en leur épaisseur ténébreuse. Chield découvrit alors une petite maison enclavée d’une clairière, dont le toit était couvert de tuiles roses soigneusement polies. Les murs étaient bâtis de briques rondelettes blanches, et décorés par les ondulations du lierre qui en embrassaient les contours. Les battants de la fenêtre arboraient des carreaux à motifs colorés, tandis qu’un parterre de fleurs entourait la maison. Il courait jusqu’à un petit degré qui menait au porche de la porte d’entrée, faite de bois verni.
Chield se hasarda nerveusement dans la clairière, en oubliant de se demander s’il allait au-devant d’un rêve ou d’un cauchemar. Il gravit les marches du porche, et se tint devant la porte en silence. Il ne sut s’il devait y frapper ou non ; quand il saurait, sa nuit n’aurait plus de secrets. La porte coulissa doucement, mais la poignée n’avait pas bougé : c’était un cauchemar.
Sans émettre un mouvement, roide et crispé sur son fusil, Chield regarda à l’intérieur et constata que sa coquetterie répondait au charme qui l’annonçait au dehors.
Sans s’attarder sur la suavité des dalles et des tableaux du vestibule, son regard glissa aussitôt sur une cuisinière en tablier blanc, qui touillait de la soupe dans un chaudron. Elle avait les courbes élégantes et un visage avenant, quoique très pâle. Elle tourna lentement la tête vers lui, pour le dévisager d’un regard qui ébranla la douceur de son apparence : ses yeux le regardaient, mais leur fond était mort, et plus vide qu’une orbite creuse.
Au bout d’un instant, la cuisinière quitta son chaudron et disparut de son champ de vision, puis elle revint une bouteille à la main. Sans détourner son regard de son hôte, elle la vida dans le chaudron d’un liquide sombre et dense, qui pouvait s’apparenter à de la boue. Quand elle en eut versé tout le contenu, elle jeta la bouteille dans la soupe, et se dressa face au visiteur dans l’encadrement de la porte à l’autre bout du hall.
Ses lèvres semblaient cousues, sans avoir jamais prononcé un mot.
Soudain, elle fit un pas, puis un autre, et le regard fixement plongé dans le sien, elle avançait vers lui. Chield voulut réagir, mais la surprise et la terreur inhibaient ses mouvements.
Sans pouvoir détourner la vue de ce visage infâme qui s’approchait si vite pour pas si compassé, il serra la détente de son fusil. La détonation retentit, et le tibia de sa jambe gauche se rompit, évacuant en effusion le sang sur le carrelage : dans sa contemplation, Chield avait baissé sa garde et laissé pendre ses bras en tenant son arme. Laissant aussitôt un gémissement de douleur s’échapper de sa poitrine, il s’effondra sur le sol.

Ainsi affalé en pressant sa jambe mortifiée, Chield n’eut qu’un réflexe : il fit demi-tour et s’élança de toutes ses forces dans la clairière en sautant, en boitant, en rampant, pour fuir l’odieuse créature qui s’avançait inlassablement vers lui.
Lorsqu’il regagna le couvert des arbres, il vit s’étendre autour de lui ce qu’il avait manqué d’apercevoir en arrivant. Aux abords de la clairière, les arbres dissimulaient un cimetière proliférant d’herbe, de mousse et de buissons séchés. Le jardin secret de la sorcière.
D’un bref regard jeté derrière lui, il vit la sorcière descendre le degré. Elle levait devant elle une lanterne creusée dans une courge, qu’elle venait de ramasser sur le seuil de la porte. Ainsi errait-elle à sa poursuite, telle une ombre en peine à la lueur d’une bougie.

Chield piétina le cimetière sans que rien n’en pût freiner sa fuite, et courut ainsi le plus longtemps qu’il put pour échapper à la sorcière, jusqu’à atteindre le village, abattu de douleur et de fatigue.

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