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 L'outre ou le muid - 3/4

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Aklatan
Capitaine des Plaines
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Date d'inscription : 04/07/2008
Age : 104
Localisation : Collines de Sous-Voûte-Chêne, la maison à côté de la cascade, où un gnome taille parfois des pierres.

MessageSujet: L'outre ou le muid - 3/4   Mar 23 Aoû - 16:51

Quand il estima que son gosier était suffisamment désaltéré, Aklatan quitta la taverne d’un pied ferme, la mine fière et réjouie. Peut-être lui restait-il à rentrer chez lui ; cette pensée ne lui effleura pas l’esprit sans en frôler une autre : l’armoire qui l’attendait était vide. Alors intrigué, il jeta un œil à sa bourse. Plus grosse en taille, elle contenait à présent douze pièces d’or !
Faisant demi-tour, il rassembla chez le tavernier une provision d’un tonnelet et de cinq bouteilles de vin, qu’il entreposa chez lui avec une mesquine satisfaction.
Enfin, lorsqu’une nouvelle fois, de plus en plus curieux et fasciné, il évalua la solde de sa bourse, il ne fût pas surpris d’y nouvel or ; ainsi avec les huit pièces qui étaient apparues, il eût l’idée d’acheter une vieille chèvre chez un des fermiers du village. Si elle était incapable de donner du lait ou d’entreprendre le moindre labeur, au moins lui offrirait-elle meilleure compagnie que son abominable citrouille balafrée.
Puis, quelques instants plus tard, avec dix nouvelles pièces d’or surgies de son sac merveilleux, Aklatan alla s’acheter des bottines dignes de lui, c’est-à-dire des souliers qui recouvriraient entièrement ses orteils.
Ensuite, il entreprit de récupérer de nouvelles cordes pour son luth. Réalisant alors qu’il manquait autant de cordes que d’instrument, il acheta un luth de fort belle finition, accompagné de plus de cordes qu’en pourraient produire trente troupeaux de bœufs, ou qu’il ne faudrait aux compagnies maritimes royales pour envoyer cinquante équipages de pirates à la potence.
Sa bourse jamais à sec, pour rien au monde le corniaud ne se serait ravisé de dépenser son argent miraculeux. Ainsi, alors que la journée s’allongeait, sa bourse grandissait peu à peu tout en recélant de nouvelles quantités de pièces d’or, par poignées successives de dix, onze, douze, quatorze, quinze, dix-huit, vingt pièces, selon les moments ; tandis que le Troubadour s’évertuait à dépenser la moindre somme qui pesait dans le fond de son sac, en rassemblant des verreries, des oreillers, des paillassons, des dictionnaires d’injures en sept langues, une épée courte pour faire impression, une épée longue pour faire chevalier, un ceinturon sur mesure, un chandelier, un chapeau seyant, autant de vêtements, une boussole cassée, des chutes de cuir de faisan mal tannées, un chausson, de l’encre jaune, de la brioche à la tomate, du saucisson d’ours par dix, onze, douze, etc…
Le Troubadour ne cessait d’amasser de nouvelles richesses, qu’il ne devait qu’à l’inépuisable ressort de sa pochette magique, qui faisait régulièrement paraître une flopée de pièces d’or entre ses doigts avides.
Il alla donc acheter un coq, qu’il dresserait à chanter tôt le matin pour importuner les habitants du village et lui-même, jusqu’à ce qu’il l’égorge sous l’effet de sa propre colère ; puis une charrette, avec laquelle il ferait jouer sa vieille chèvre en la faisant rouler jusqu’au bord de la falaise ; puis une plume, une enclume –ni encrier, ni marteau – une carte au trésor sans points cardinaux, une boîte à bijoux vide et fermée, un morceau d’ancien pont-levis, un droit de propriété inexistante, une pierre pédicurale… mais non, il en possédait déjà une, et de toute façon cela n’existait pas ; il acheta encore une canne à pêche pour ces longues siestes à pêcher sur l’étang, ainsi qu’une barque percée, chez un antiquaire une robe blanche dérobée dans la tombe d’une jeune mariée, à un enfant un traîneau, à maître corbeau un fromage, toute la collection des fameux Ouvrages Inachevés, et d’innombrables pacotilles encore.

Que le ciel eût rougit de honte ou de plaisir, le jour vint enfin à décliner, au contraire du sac dodu d’Aklatan, qui ne désemplissait toujours pas de généreuses poignées d’or.
Un brin de lassitude et de fatigue vint toutefois étioler quelque peu sa folle frénésie. Sa petite maison débordait à tel point d’objets en tous genres qu’elle s’assimilait davantage à une ferme dévastée, ou bien au grenier ou la chambre forte d’une forteresse.
Le bigre pelé de Troubadour se contenta d’une dernière emplette en terminant la journée comme il l’avait commencée. Il poussa une fois encore la porte de la taverne, et s’assit confortablement derrière un verre de bière, qu’il savoura d’autant plus en vantant le récit de son aventure.

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