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 L'outre ou le muid - 2/4

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Aklatan
Capitaine des Plaines
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Messages : 483
Date d'inscription : 04/07/2008
Age : 105
Localisation : Collines de Sous-Voûte-Chêne, la maison à côté de la cascade, où un gnome taille parfois des pierres.

MessageSujet: L'outre ou le muid - 2/4   Mar 23 Aoû - 16:50

Le sot de Troubadour se sentit émerger d’une mer sans fond, puis s’éveilla. Il ouvrit les yeux sur un bois touffu, où des troncs épais surplombaient les buissons qui l’entouraient étroitement. Tâchant de retrouver ses esprits, une exécrable sensation surgit à travers sa gorge, comme celle qu’il devait traîner depuis des âges immémoriaux : la soif le flétrissait.
A la recherche de la moindre trace de sève ou d’eau croupie, il dirigea son regard en tous sens autour de lui… puis il aperçut une ouverture entre les arbres à courte distance : plus avant, dans la blanche lumière matinale, les contours du village se dessinaient par-delà la forêt.
S’élançant fougueusement sous le fouet du désir, il sortit du bois, traversa les champs et la plaine jusqu’aux portes du village, et accourut jusqu’à la fontaine qui siégeait au centre de la place : elle était vide, sèche et silencieuse !
Après que sa conscience se fût suffisamment éveillée pour lui rappeler que sa propre maison l’attendait à quelques pas, il s’y précipita, et se jeta sur l’armoire dans laquelle il rangeait habituellement ses bouteilles : il n’y en avait qu’une ! Et elle sentait l’urine à plein nez !
D’un geste désespéré, il brisa la bouteille nauséabonde sur le rebord de l’armoire – en s’éclaboussant humblement d’une giclée de pisse froide – et la laissa se vider sur son parquet. Ce fût en s’apprêtant à fracasser le tesson restant contre le mur qu’un petit objet bruni interpella sa vision. Au fond de ce qui restait de la bouteille était niché un petit sachet aux attaches bourrelés, et noué d’une ficelle. En le délogeant de son cloître poisseux, il fût surpris de constata que le cuir dont il était fait n’était pas même humide. En la retournant hâtivement, il remarqua deux lettres ancrées dans la peau : B U.
Sans davantage s’interroger sur le sens du mot, il défit le nœud de ficelle qui fermait le petit sac, et y trouva trois pièces d’or.
L’impulsion qui le saisit ne pût le garder de laisser éclater sa joie, il s’écria : « Une bourse ! Je m’en vais enfin aller boire un coup grâce à ces petites piécettes ! »
Le corniaud de Troubadour rejoignit donc la taverne du village – qui ne manquait pas de se trouver à moins de cinq enjambées de sa porte – et se fit servir une pinte de cervoise.

Après qu’il eût vidée sa chope – et ce en quatre gorgées – toussé douze fois en manquant de s’étouffer, et recraché la moitié sur le comptoir, il en réclama une autre, à la manière de ces ivrognes qui peinent à trouver à l’enthousiasme de se lever de leur chaise pour rentrer chez eux avant la nuit.
Cela dit, il ne dû pas tant son enthousiasme lacunaire à son avarice qu’à celle de sa bourse, lorsque le tenancier lui réclama son du.
« Deux pièces d’or ? Mais il ne m’en reste qu’une seule !
- Tant pis, c’est le prix de la cervoise.
- Donnez-moi de l’eau alors ! La fontaine est à sec, vous devez en avoir !
- Désolé messire, je la réserve pour mon usage personnel. Nous n’avons pas d’eau jusqu’à au moins demain, à cause de l’empoisonnement de la source par ces vauriens ; ils ont chié leurs peste-boyaux partout dans l’eau, c’est la mort ! Résultat, plus d’eau fraîche pendant deux jours ! »
Désemparé, Aklatan éprouva comme un ignoble frisson où s’ancrait une once de culpabilité. Déféquer dans la rivière s’était avéré très amusant sur le moment, jusqu’à ce qu’il commence à mourir de soif.
Mettant la main à sa nouvelle bourse, il crut la sentit plus lourde, et plus grande. En effet, la bourse semblait s’être élargie, tandis que ce n’était plus deux mais quatre lettres qui imprégnaient le dos de la bourse ; on pouvait lire à présent : « BO US ». Mais son plus grand émerveillement fût de constater que quatre nouvelles pièces étaient apparues à l’intérieur !

Aklatan songea d’abord qu’il bénéficiait d’un pouvoir de volonté – ou de désespoir – hors du commun, apte à faire croître le contenu de sa bourse. Qu’il en soit ainsi, que l’objet soit magique, ou bien du fait d’autres raisons insoupçonnées, le Troubadour ne prit pas le temps d’hésiter sur de vaines hypothèses, et s’enquit de mettre au jour une valeur des plus sûre à l’heure actuelle :
« Messire, si vous n’avez pas d’eau, alors vous allez me servir un pichet de votre meilleur cidre, et au plus vite ! »

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