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 Le parchemin hygiénique

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Aklatan
Capitaine des Plaines
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Date d'inscription : 04/07/2008
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Localisation : Collines de Sous-Voûte-Chêne, la maison à côté de la cascade, où un gnome taille parfois des pierres.

MessageSujet: Le parchemin hygiénique   Jeu 26 Mai - 12:32

L’honorable, l’illustre, l’inégalé, le brillantissime, le légendaire, le terrifiant, l’indestructible, le magnifique Gliderick Fouinardoise nous initie aujourd’hui à l’art frais et non moins grandiose de la fabrication des instruments hygiéniques : c’est aux frontières du Village des Hautes-Plaines, au cœur de la Govorie, que Pidhbléruz et Caspignolin tiennent un atelier d’industrie, et ce depuis déjà au moins trois mois. Ces talentueux artisans nous livrent leurs secrets :


Gliderick Fouinardoise : Messires, seriez-vous dans la fortuite et plaisante mesure de nous expliciter adéquatement et sommairement quels furent la source, et les moyens mis en œuvre, pour en arriver à fabriquer le parchemin hygiénique ? Inutile de d’user de termes techniques élaborés ou autres, n’est-ce pas, ne soyez pas abscons, nous sommes entre nous.

Pidhbléruz : Oui

Gliderick Fouinardoise : Formidable, formidable, c’est merveilleux. Dans ce cas, pouvez-vous éclairer la lanterne qui régit la question qu’à tous il nous est donné de nous poser en ce moment, à savoir, quel inspiration, quelle fureur, quelle force mystique peut expliquer avec une logique limpide et pourtant insaisissable, la fougue qui pût se déchaîner dans le silence des temps obscurs que…

Caspignolin : Eh bien, voyez-vous, à l’origine, Pipi et moi fabriquions simplement du linge de maison. Nous nous étions installés ici, près du village, il nous arrivait donc de vendre toute sorte de… de linge de maison, un peu comme des serviettes, des torchons, ou bien des gants de toilette…

Pidhbléruz : … des draps, des taies…

Caspignolin : Oui, ou encore des gants de toilette, des torchons, des serviettes…

-« De bain…
- De table…
- De cirage…
- De vaisselle…
- D’ancre marine…
- De musique…
- Tout cela, et… oh, tu voulais prendre la parole, Caca ?
- Non, non, vas-y, toi, vas-y.
- Et notre échoppe avait pour nom… euh, vas-y, toi, dis-lui.
- Non, je t’en prie, vas-y.
- En fait, notre échoppe n’avait pas de nom ; mais après tout ce n’était pas comme si les clients devaient se souvenir de ce magasin, puisqu’il faut avouer, euh… vas-y, toi, dis-le.
- J’avoue, j’avoue.
- Il faut avouer que le linge de maison n’attirait pas beaucoup de monde, d’autant que le village qui devait en toute logique nous visiter souvent ne semblait pas très familier avec, enfin…
- Le linge, ou la maison…
- Si si, pour la plupart, mais la propreté ou l’hygiène n’était comme qui dirait pas une priorité.

Gliderick Fouinardoise : Pour un détail varié et davantage approfondi, lisez donc « Les habitudes et généralités en milieu Govorien » de Gliderick Fouinardoise, 376 de 4e catunième, seulement 27 pièces d’or…

- Mais, pour résumer, le fait était que la fabrication et le nettoyage continu du linge demandait de grandes quantités d’eau, notamment pour une industrie comme la nôtre.
- Il est vrai que l’atelier était au moins aussi grand qu’une cabane, les étals de linge s’amoncelaient sans qu’on s’en rende compte !
- Oui, oui… Mais il faut dire que les clients étaient rares, surtout à l’époque.
- Quelle époque ?
- Lorsque nous vendions du linge, caca !
- Nous arrivions donc à en vendre, Pipi ?

Gliderick Fouinardoise : Sans oublier l’édition limitée à 39 pièces d’or et 99 pièces d’argent…

- Nous en sommes venus un jour à nous demander pourquoi les serviettes sentaient aussi mauvais !
- Ca c’est vrai. Peut-être était-ce à cause de cette couleur brune qui caractérisait la blancheur éclatante du linge.
- Tu l’as dit, Caca.
- Mais nous n’avons pas mis longtemps à le découvrir, il nous a suffi de remonter le ruisseau qui nous approvisionnait pour nous rendre compte que tous les matins, ce n’était pas une, mais deux personnes qui… qui faisaient… vas-y, toi, dis-le, Pipi.
- Oh, je n’ose pas, Caca !
- Voyez-vous, ils… déféquaient outrageusement dans l’eau ! Ce… ce qui avait pour amère conséquence de souiller les pièces de notre travail !
- Eh oui, Caca, mais si ce n’était pas si amer… c’était plutôt à ruisseau !
- Hohoho, tu l’as dit, Pipi ! Mais c’était plus à mont, qu’à ruisseau, tu ne trouves pas ?
- Oh que oui, et tout en bas, c’est notre linge qui l’avale !
- Hahahaha !
- C’était très désobligeant, n’est-ce pas, Caca ?
- Tu l’as dit, Pipi, c’était abominable ; j’ai du malmener une dizaine de mouchoirs brunis parfumés à la bile tant j’en ai pleuré…
- Notre réaction ne se fit pas attendre ! En effet, ayant obtenu l’adresse de ces deux trouble-paix, nous…
- Ce qui est sûr, c’est rien ne troublait leurs pets, à eux.
- Nous leur avons envoyé une lettre de plainte, pleine de courtoisie et de… vas-y, toi, dis-le.
- Pleine de mots charmants, pour ne pas les offusquer.
- Et savez-vous ce qu’ils nous ont répondu ?

Gliderick Fouinardoise : Eh bien, à tout bien considérer, sans doute fût-il question d’une évaluation réciproque des circonstances, lorsque le cas échéant vient à se présenter à pareille communauté, qui du, de source sûre, tenir quelque…

- Nous avons reçu nous-mêmes du courrier, une enveloppe cachetée dans laquelle ces messires avaient déposés une jolie lettre parcheminée. N’était-elle pas jolie, Pipi ?
- Ah, c’était sans nul doute la lettre la plus délicate que j’aie ouverte.
- Mais la chose la plus surprenante était l’énorme étron, épais et ma foi, consistant, qui était tendrement lové à l’intérieur de la lettre. C’était véritablement la plus belle fleur qu’il m’a été donné de contempler !
- Tu l’as dit, Pipi ! Ses courbes étaient si parfaites, sa matière si raffinée…
- Et son parfum se dispersait autour de nous avec une linéarité impressionnante, ce qui signifiait l’unité et l’harmonie des effluves sur une même fréquence olfactive.
- Des caissons veloutés comme on en fait rarement !
- Et cette œuvre d’art m’a paru atteindre son apogée poétique lorsque nous avons pu lire le message qui était inscrit sous cet énorme trophée mignon : le fond s’accordait à la forme avec une finesse exquise !
- Autant la forme qu’avec le fond ! Je ne sais plus, tout se muait à merveille dans cet ensemble !
- Car il était écrit à la plume, dans la négligence artistique qui fait les grandes œuvres, ce message porteur, qui sembla changer notre vie… vas-y, toi, vas-y Caca.
- Oh non, vas-y, Pipi, ne sais le dire mieux que moi, vas-y.
- Il est écrit : « Torchez-vous donc avec ça ! »
- Pipi et moi ne nous sentions plus de joie en lisant cela.
- Mais il est vrai que l’émotion nous intimidait beaucoup quant à cette coli… ce colis, n’est-ce pas, Caca ?
- Oh que oui, mais il nous tardait de répondre présent à l’invitation ; quoique hésitant, j’ai proposé à plusieurs reprise la lettre à Pipi, je lui disais « vas-y, toi »…
- Et je lui répondais, « non, vas-y, toi… »
- Et l’indécision demeurait puisque je lui rétorquais de même « non, vas-y, toi… »
- Il n’est pas difficile de deviner que je relançais moi-même la proposition en répétant « non, vas-y, toi »…
- Pipi a fini par prendre en main cette manœuvre délicat ; et contre toute apparence, il me prit l’envie de m’y prêter à mon tour, au vu de la sa réaction, n’est-ce pas, Pipi ?
- Tu l’as dit, Caca, car la sensation qui se dégageait du frottement… non, des caresses, c’est le mot, des caresses d’une matière tendre, sur laquelle faisait pression un support mobile sur mon postérieur, était des plus… euh, vas-y, Caca.
- Des plus accommodantes ?
- Non, plus brutal et vilain…
- Des plus écoeurants ?
- Exactement, des plus agréables ; c’était un contact à la fois doux et rafraîchissant.
- Alors, nous avons refait l’expérience plusieurs fois, pour rédiger des commentaires, des anecdotes, suggérer des hypothèses…
- Pour statuer scientifiquement.
- Pour prendre son pied de temps à autres…
- Et des torchons…
- Des duvets…
- Et nous en avons conclu qu’après l’excellent apport des matières organiques dans la réaction des corps, c’était bien le parchemin qui favorisait le résultat, ma foi splendide…
- Révolutionnaire…
- … de ce type de coutume. Et c’est à ce moment que nous apparurent les idéaux qui nous enhardissent à l’heure actuelle, grâce à une véritable prise de conscience, nous avons eu une idée…
- Une grande idée, une grosse idée !
- Fumante !
- Car nous avons réalisé que la pratique que nous étions en train de mettre au point faisait l’objet d’un usage quotidien par une grande partie de la population !
- Même celle du village !
- Et c’est ainsi que avons évolué d’un commerce – certes peu florissant – d’hygiène de tissu à celui de l’hygiène de parchemin ! « Tiens », nous sommes-nous dit, « voici l’artisanat que nous recherchions, et ce que recherchaient aussi les gens ! C’est ce genre de commerce qui EST florissant, nous le savons, maintenant !
- C’est bien vrai, c’est un commerce qui sent la rose ; et sans vouloir te gloser, mon cher Pipi, nous le savonnons mieux, maintenant !
- Tu l’as dit, mon cher Caca : le parchemin hygiénique garantit une propreté im-pe-ccable !
- Ce parchemin nous a d’ailleurs valu l’expérimentation d’une toute nouvelle matière, n’est-ce pas, Pipi ?
- En effet, il convient de préciser que nous testé différentes composantes qui pouvaient donner au parchemin une qualité optimale : nous avons commencé par expérimenter le support à consistance basique ; de surface irrégulière, il contenait mieux la matière sur un espace donné, mais bien évidemment…
- Eh oui, il faut l’avouer, vas-y, dis-le, Pipi.
- Je l’avoue, oui je l’avoue, Caca…
- Il ne s’accordait pas aux mouvements des doigts, son maniement demeurait inconfortable, c’est pourquoi il a fallu que nous mettions au point une consistance à la fois râpeuse et lisse, dont le contact a, certes, de la franchise et du caractère, mais l’utilisation bien plus aisée…
- Puis nous en sommes venus à renforcer l’efficacité de la surface en incorporant des granules qui, en criblant le support d’infimes gravillons, incorpore la matière plus facilement et plus profondément, tout en se laissant manipuler dans la légèreté et le confort.
- D’ailleurs il est essentiel d’ajouter que… non, vas-y, Pipi.
- Oui, bon nombre de personnes ne pourrait s’en passer aujourd’hui ! Oh que non !
- Diantre ! A quoi songes-tu donc, Pipi ? Ohlala, oh non point !
- Eh non, bien sûr que non ! Le parchemin hygiénique fait partie intégrante du quotidien, et demeure un outil indispensable au confort de vie, et au plaisir…
- Ah oui, au plaisir de vie !
- Oui, Caca, le plaisir vital d’essuyer convenablement les petites traces de son popotin.
- Je ne l’aurais pas mieux dit, Pipi ; d’autant que venons de commercialiser le rouleau de parchemin hygiénique, vraiment ça change la vie !
- Tu l’as dit, Caca, d’ailleurs nous recevons toujours du courrier nous annonçant que les gens se prennent même à écrire depuis leur coin d’épanchement…
- La révolution est d’autant plus éclatante qu’ainsi, les bureaux perdent de leur utilité, et l’encre ne vient jamais à manquer, dans de telles conditions…
- Mais oui, et lorsqu’il s’agit d’écrire des lettres d’amours, chacun a son petit coin secret, et il n’est plus nécessaire de parfumer les lettres selon quelque artifice grossier…
- Les avantages sont innombrables, en effet, tout le monde a une excuse en prétendant avoir perdu par mégarde une réclamation de dîme ou autre impôt, tant qu’elle est rédigée sur du parchemin…
- On remarque un enthousiasme croissant pour ce qui est de la fréquentation des bibliothèques…

Gliderick Fouinardoise : Vraiment, messires, c’est passionnant, pittoresque, n’est-ce pas… Dorénavant la prospérité de votre commerce est assurée ; cependant avez-vous un dernier mot à ajouter sur ce sujet ? Car voyez-vous, j’en ai pour ma part, une quantité considérable…

- Oui, pour ce qui est de l’avenir de ce produit, nous sommes en ce moment en train d’élaborer une nouvelle formule commerciale, qui consiste en un parchemin à double-épaisseur… vas-y, Pipi, dis-lui.
- Oh que oui, Caca, vas-y, toi…
- Non, je t’en prie, Pipi, vas-y… »


Mais d’autre part, sachons que l’unique, le génial, le fantasmagorique, le colossal Gliderick Fouinardoise a étendu son retentissant reportage en faisant appel à d’autres individus ; il nous propose aujourd’hui, c’est-à-dire le même jour que précédemment, le témoignage de Sermias et Aklatan, habitants du Village des Hautes-Plaines.


Aklatan : Ouais, j’avoue, c’est nous.

Sermias : Mais on le fera plus.

Aklatan : En fait, j’ai demandé à Sermias de se retenir sur ce coup là ; je savais que ce serait difficile, c’est pour cette raison qu’il n’a pas hésité à se détendre dans le ruisseau comme tous les matins.

Sermias : Mais j’évacuais les matières superficielles, pour ne garder que le contenu latent, le plus frais et le plus tendre ; ce que favorisent les morilles aux lardons après un repos d’environ une journée, pour une bonne macération, qui une fois mûr, tombe sans vous laisser tomber.

Aklatan : J’ai eu très peur au début de ne pas pouvoir envoyer la lettre le matin même, mais avec pas plus de cinq mots écrits à la plume, bien centrés sur la feuille de parchemin, complétés par le cadeau…

Sermias : Qui a d’ailleurs été très sage : aucun problème pour le faire entrer dans l’enveloppe, une vraie petite mule de bat…

Aklatan : Il faut dire qu’on trouvait ça marrant parce qu’on n’avait pas grand-chose d’autre à faire ; il y avait peut-être une réunion des Troubadours au village ce jour- là, mais je ne voulais pas y aller.

Sermias : C’est sûr qu’on aurait pu faire beaucoup mieux…

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