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 Histoire péripétiticienne - 5

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Aklatan
Capitaine des Plaines
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Date d'inscription : 04/07/2008
Age : 105
Localisation : Collines de Sous-Voûte-Chêne, la maison à côté de la cascade, où un gnome taille parfois des pierres.

MessageSujet: Histoire péripétiticienne - 5   Mer 2 Fév - 19:16

Ce ne fût que lorsque toutes les têtes se furent immobilisées à la même hauteur au rebord de la table que les visages des nains se parèrent de singulières expressions. Les yeux rivés sur Le Troubadour et la Citrouille, dont les assiettes demeuraient à peine entamées devant eux, ils esquissaient des sourires narquois et remuaient leurs sourcils en continu de façon fort intriguante, tels des vagues fourchues chevauchant leurs yeux perçants. Mais le plus inquiétant était le langage grinçant et incompréhensible qu’ils proféraient entre leurs dents, pour converser en des murmures frénétiques qui bourdonnaient aux oreilles. Leur maîtresse, plus calme et assurée que jamais, semblait contenir une excitation jubilatoire, et profita de cet instant pour s’adresser aux deux invités, quelque peu indisposés par la situation :
« Voici mes enfants, ne sont-ils pas mignons ? Ils travaillent aux fourneaux toute la journée pour trouver de nouvelles recettes, mais surtout, ils se donnent de la peine pour offrir aux invités une cuisine des plus appétissantes.
- Oui ! On ouvre, et on farcie ! » lança l’un des nains.
- « Toute la journée, on frit !
- Non, c’est plutôt qu’on fait frire.
- Oui ! Et on fait revenir !
- Non, rien ne revient…
- Voulez-vous que je vous les présente ? » reprit la belle maîtresse, « Voici Muliwic, Gowic, Dïwhic, Balawic…
- Présent ! Et Tudhidwïc, les gars ?
- Absent ! » répondirent-ils tous en chœur, puis ils rirent tous grassement en frappant du poing sur la table. Leur maîtresse les laissa aller librement à leurs délibérations tumultueuses, d’u air ravi et attendri, comme si elle s’attendait, avec un enthousiasme dissimulé, au spectacle qu’offraient ses merveilleux bambins.
« Le pauvre a voulu jouer aux malins…
- Et il s’est fait griller !
-Hahahaha…
- Comme disait mon grand-oncle corsaire…
- Comme le corsage de la soupe dans le poivre ?
- Mais non, c’t’une robe ! Une enrobée de jus frais…
-« Penche-toi un peu, passe sous le pain…
- « Penche-toi encore, passe sur la planche ! » Et ils continuaient de s’esclaffer haut et fort.
-« A ce propos, passe-moi la brioche !
- Qui c’est que tu traites de gros pot ?
- Avec la bidoche, ça peut être que toi !
- Et alors, vous ne mangez pas ? » demanda soudainement l’un des larrons aux deux invités qui n’avaient pas fait un mouvement depuis l’arrivée de la burlesque troupe. Aklatan balbutia, saisissant sa fourchette :
« Si, bien sûr, c’est juste qu’on a été surpris de… de vous voir arrivés, tous… Et puis il y a ces horloges, et ces chapeaux, enfin…
- Hé, Grydiv’, il aime ton chapeau ! » lança l’un des nains à son compagnon, avec un rire goguenard. Un autre rétorqua, les yeux fixés sur la pumprule :
« Il a un chapeau que j’aimerais beaucoup m’enfoncer sur la tête… » La citrouille demeurait insouciante, gardant le ton de la conversation :
« Oh, m’en parlez ! Une fois, une grande pointe en bois m’a pris pour chapeau, je suis resté enfoncé sur un pic toute la nuit ! Tout ce que j’y ai gagné, c’est de me faire lacérer la trogne à coup de hache ; vous-avez vu le trophée ? » Tous les regards étaient désormais dirigés vers la pumprule et le Troubadour, celui-ci ne pouvant refouler un certain malaise, d’autant que les fourchettes à deux dents du service s’avéraient assez peu confortable.
« J’en connais un qui va se faire griller…
- Non, c’est plutôt qui va griller !
- Comme Tudhidwïc ?
- Oh ! Ce bougre-là !
- Qui ça ?
- Il ne chantait pas assez bien.
- Un peu trop faux.
- Beaucoup trop fort.
- Alors on a touillé.
- Touillé.
- Et encore touillé…
- Deux-trois fois.
- Et on a brassé.
- Et touillé encore…
- Voulez-vous reprendre votre chanson pour nos invités, mes chéris ? » intervint la maîtresse, le menton posé dans ses mains, en s’accoudant au rebord de la table, rêveuse. Ses yeux luisants se tournèrent également vers les deux convives. « Cela leur fera grand plaisir, n’est-ce pas ? » La pumprule attentive déclara avec entrain :
« Ouais ! En chantant juste, cette fois !
- Vous n’en avez pas une autre, au moins ? » réclama le Troubadour. Les nains rétorquèrent avec malice :
« Oh ! Quelle exigence !
- C’est un bon public, mes amis !
- Ca, nous ne le serons qu’après l’avoir goûté…
- Montrons-leurs ! » Et ils chantèrent en chœur, d’une voix particulièrement aigre et dissonante :
« Car le secret de ma tambouille,
C’est de compléter le festin
En attrapant une citrouille
Et un maraud servis à point ! »

A peine eurent-ils claironné cet air que tous s’élancèrent sur Aklatan et la citrouille, leur laissant pour dernière vision la silhouette de leur hôte, où semblait paraître un magnifique sourire, occulté aussitôt par les formes furtives des créatures qui se jetaient sur eux, les plongeant dans la pénombre.


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