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 La Médite Troubadourienne : quand c'est plus drôle, ça l'est encore ! (texte ni de rôle ni drôle)

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Aklatan
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MessageSujet: La Médite Troubadourienne : quand c'est plus drôle, ça l'est encore ! (texte ni de rôle ni drôle)   Jeu 18 Nov - 16:26


Regardez celui-ci : il rit !
Regardez celui-là : il rit encore.

Et pourquoi devrait-il s’arrêter ?
Considérons une autre question. Pourquoi devrions-nous ne rire qu’une fois ?
En fait, il est communément admis – comme un règle sociale très ingrate, excusez le pléonasme – que rire une fois est toujours bienvenu, mais rire de fois est très mal vu, prohibé et condamné. C’est à la base le cas dans les milieux du travail, ces regroupements qui appellent au « dynamisme », dynamisme qui connote le « sérieux »… Et comme le « sérieux » ne veut rien dire du tout (par rapport à quoi ? Un perroquet peut être sérieux, même s’il fait marrer tout le monde, et c’est tant mieux pour le monde !), il peut être une bonne méthode pour enrayer son connotation quelque peu négative (bien qu’en tant qu’adjectif, il fasse les louanges de tous les individus modèles : « que voici un employé sérieux ! ») que d’introduire le rire, voilà la bonne hypocrisie du berger qui accorde 4 dioses de pause à ses moutons, car il multiplie par 2 son score de dynamisme pendant au moins une deoctodiex, ce qui est être très bénéfique pour la bourse qui est à sa ceinture…

Pour revenir à nos moutons, tout en restant dans le milieu du « sérieux » ; bien que le rire subit soit accordé, encensé, il est toujours très brimé, par quelques règles qui semblent être celles-ci :
- Le rire n’est autorisé qu’en amenant une petite blagounette (et encore, la communauté rira selon le charisme de qui parle et l’affection qu’on lui porte).
- Le rire n’est autorisé que dans une régularité limite : espacer le rire de sept ou huit portions au moins ; sinon il deviendra indécent, et il donnera l’apparence d’un manque de concentration pour mener à la définition fatale et dramatique du « manque de sérieux »… Pourtant ô combien de concentration faut-il pour garder l’attention sur ses propos tout en articulant adroitement des blagues (d’autant plus si elles sont drôles et qu’elles sont improvisées).
- Le rire est éphémère selon chaque nuance : aucune blague ne tolérera plus d’une séquence de rire par instant propice. Les plus sympathiques accepteront une deuxième fois le rire sur une blague antérieure, mais rarement plus… Car après, le rieur devient lourd. Même en riant pour soi.

C’est ici que je voulais en venir ! Car après avoir exposé les hypothèses existantes dans le pire milieu qui soit, c’est-à-dire le travail, et le « sérieux » - j’avoue qu’on aurait pu choisir un enterrement ou un cours de grammaire – certains principes demeurent dans ce qu’il y a de plus drôle, de plus détendu, disons. En éloignant les extrêmes de soirées avinées où tout et rien s’avère très drôle, ainsi que l’envie de se gausser en même temps de nager dans le fleuve une nuit de Naëlgolomun (si on n’est pas déjà givré, on le devient vite dans ce métier !) où là aussi jamais on n’aura peur de rire de quelque chose ; considérons le reste de la vie… et non ce n’est pas une question de longévité, je parle d’une réunion Troubadourienne ou de quelque chose d’aussi abrutissant ainsi qu’essentiel.

Eh bien, le rire ne doit pas durer longtemps non plus, malheureusement. On pourrait entendre ou voir ou dire ou chier dans le silex la chose la plus drôle qui existe – des aubergines qui font la course, ou la mort, par exemple – on n’en rirait que quelques fois ; après, « il faut s’arrêter ».
Mais pourtant, quand on respire un grand coup, on respire encore de nombreuses fois après celui-là. Alors pourquoi ne pas rire encore après avoir ri un bon coup ? le « bon coup » n’est pas absolu ! Comme la vie n’est pas absolue (ça se saurait, et ce serait moins drôle de vivre, peut-être… héhéhé j’en sais rien !), on rit à chaque fois qu’on y pense, puisque tout est vie, et on vit à chaque fois qu’on rit ! Et soi-disant, on doit s’arrêter à un moment. C’est dommage, tout de même. Il faut finir la bouteille d’un bon pinard, destiné à tourner ou pas, même s’il en reste toute une cave…

Après, ce n’est soi-disant plus drôle. Plus drôle pour les autres, si il y en a un que ça fait toujours marrer ! Car le rire n’est pas proprement brimé lorsqu’on raconte quinze fois de suite la même vanne. Le rieur s’implique, alors la réaction des autres en dépendra et est à redouter. Mais le rieur tout court ? Ce rire étouffé qui revient à chaque fois que le ton , la scène, et toute l’imagination qui se met en marche pour donner sens à la déconne dans l’esprit… On n’y peut pas grand-chose ; et ce n’est pas tant par perte de contrôle que par bons sens qu’il vaut mieux encourager ce rire en écho.

Or le problème est là : ça a beau avoir fait marrer tout le monde l’instant précédent, ça ne l’est plus l’instant d’après : à croire que personne n’a vraiment trouvé ça drôle pour changer d’avis aussi vite !
Ce qui est dommage, c’est lorsque le rire, ce chant magnifique en vibrations et en sensations, est refoulé alors même qu’il se perpétue en écho dans la mémoire, et prolonge le rire à chaque remémoration de sa source, ce qui soumet un agréable défi à la vessie. Car lorsqu’il y en a un, qui s’est bien marré, qui est relancé dans des rires frénétiques où résonnent l’assimilation de la source du rire, pour un bien être considérable, ce n’est rien de le dire, alors ceux qui encouragent au refoulement l’assaillent : « C’est bon, arrête-toi, c’est plus drôle. » Mais qu’est-ce que c’est que cet orgueil d’intolérance, dites donc ? Qu’il aille donc pleurer de ne pas avoir ri, le rieur le laisserait en paix, aussi peu triste qu’il eût trouvé la source hilare !

Alors aussi drôle que soit la vie, et ce qu’on y raconte, et ce qu’on voit, ce qu’on y entend, ou ce qu’on y chie dans un silex ; qu’on laisse donc perdurer le rire : la solitude vaut mieux que la subjectivité envahissante et impératrice de ceux qui ne rient pas : car s’ils briment autrui sans rire davantage, c’est sans doute qu’ils pleurent de ne pas rire un peu plus !

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