Les Troubadours des Plaines

Site officiel des Troubadours des Plaines
 
AccueilFAQRechercherMembresGroupesS'enregistrerConnexion

Partagez | 
 

 Fragment du Rêve 9 - Golmok

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
Aklatan
Capitaine des Plaines
avatar

Messages : 483
Date d'inscription : 04/07/2008
Age : 105
Localisation : Collines de Sous-Voûte-Chêne, la maison à côté de la cascade, où un gnome taille parfois des pierres.

MessageSujet: Fragment du Rêve 9 - Golmok   Sam 9 Oct - 8:14

Sont-ce des yeux ? Il y en a mille. Je ne veux pas les voir. Je ne veux pas savoir si ce sont des regards. Je les sens déjà trop… Il y en a dix-mille. Non, il y en a bien plus. Ils sont infinis.

Il existe un être, fait de plusieurs corps, qui ne ressemblent à aucun autre. Pour une seule personne, son corps se divise, s’étend en des formes qui semblent fourmiller de façon repoussante, il ne faut pas soupçonner un million de corps qui naissent dans ce mouvement, où l’on ne pourra regarder !
Pourtant ils voient déjà. Ils s’élancent, se détachent, s’arrache à un corps d’origine, qui ose se fondre lui-même dans ce qu’il a créé, comme pour se cacher derrière la chose infâme qu’il vient de créer, à défaut de la cacher elle-même… Mais il reste là, siège avec fierté, et il voit ; tous voient, mille et mille regards qui percent les âmes en plongeant dans leurs yeux… Et jamais ils ne quittent ces yeux. Regardez-les, ils vous observent, ne le faites pas, détournez-vous, allez-vous en pour vous cacher… Ils vous observent malgré cela.
Car cet être noir qui marche là-haut étend son royaume, et des yeux de tous, il en fait ses yeux, ses mille et mille regards de ses millions de corps… Un corps infini ! Qui se dédouble, qui est ailleurs quand il est ici, un géant divisé qui est immense en une seule fois !

Et sans jamais détacher ses yeux multiples, qui recouvrent la vision du monde tout entier, se plongeant dans les yeux de tous ; ses propres yeux, il s’étend… Tout entier qu’il est, les mille et mille êtres qui ne font qu’une seule personne. Il se met en quête d’abattre toute vie sur ce monde… En une seule fois. Un seul instant où l’existence sera arrachée par lui pour une vie, lui pur une autre vie, lui pour une autre vie, mille et mille fois son être pour tuer autant de vies… d’Un seul trait par sa seule personne, sur ce monde d’un seul.

Mais sont-ce des yeux ? Ces deux derniers yeux restés en son royaume, siéger encore un peu tout en haut ? Il est partout en bas, ils sont partout à la fois, au fond de chaque regard, autour de chaque gorge ; et que fait-il encore, le dernier de lui-même, à attendre ainsi ?
« Moi, je resterai pour regarder ! »

C'est le Golmok.

_________________


Dernière édition par Aklatan le Lun 30 Mai - 16:15, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Aklatan
Capitaine des Plaines
avatar

Messages : 483
Date d'inscription : 04/07/2008
Age : 105
Localisation : Collines de Sous-Voûte-Chêne, la maison à côté de la cascade, où un gnome taille parfois des pierres.

MessageSujet: Re: Fragment du Rêve 9 - Golmok   Sam 9 Oct - 8:15

C’était un être, un partisan de musique : il savait aussi bien la fabriquer sur un instrument, que fabriquer les instruments eux-mêmes. Artiste et artisan, grand était son talent.
La nuit venue, il perdait souvent son regard dans la lune et les étoiles ; elles étaient les guides de son existence, et il avait choisi de ne plus que se fier à elles.
Il arriva à un âge où il se mit en quête de descendance, et ce qu’il vit dans la lune un soir fût qu’il hériterait de trois enfants. Sa joie fût grande, et plus grandiose sa musique, si bien qu’il décida de fabriquer trois instruments de musique, les plus beaux qu’il fût capable de créer, pour les offrir à ses enfants à leur naissance.

Et bien sûr, il eût descendance : chacun leur tour, des enfants naquirent, et à chacun il donna un instrument, qu’il avait façonné avec la passion de l’espérance. Mais ayant déjà deux enfants à chérir, il dût attendre le troisième.
Les deux premiers grandirent, ils commencèrent à jouer sur les instruments qui leur furent légués ; mais toujours leur père attendait, abandonnant aux astres ses regards suppliants.

La musique sonnait à deux, encore et encore, et lorsque leur père se joignit à eux, il joua de l’héritage perdu, ce troisième instrument que personne ne recevrait. Accompagnant ses deux enfants dans la musique fraternelle, il pleura son troisième enfant sur ce qu’il lui offrait ; il savait que cette descendance lui avait été prise. On lui avait emportée.

Car il avait perdu son regard au-delà de la lune, une nuit. Et il regrettait à présent le destin amer qui lui avait été légué, lorsqu’il avait osé parier avec le Golmok.

_________________
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
 
Fragment du Rêve 9 - Golmok
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1
 Sujets similaires
-
» Le Fragment littéraire
» Fragment de Mosaïque
» Graphisme Cat Life
» Fragment de mémoire partie 1.1
» [Jour VIII] Le dernier fragment : Retrouvailles à l'aube

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Les Troubadours des Plaines ::    Le Village :: La Grande Salle (rôle)-
Sauter vers: