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 Les Clignons et les Anacles... et les ficrelous

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Aklatan
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Date d'inscription : 04/07/2008
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Localisation : Collines de Sous-Voûte-Chêne, la maison à côté de la cascade, où un gnome taille parfois des pierres.

MessageSujet: Les Clignons et les Anacles... et les ficrelous   Dim 26 Sep - 14:30

Depuis les temps les plus anciens, le peuple des Clignons vivait sur le même territoire que le peuple des grands Anacles. Leurs communautés ne s’épandaient jamais loin l’une de l’autre, pourtant jamais ces peuples ne parvinrent à forger des liens amicaux : leur rencontre ne provoquer que foudre.
Pourtant, aucun vœu n’était plus cher aux Clignons que de vivre en paix.
« Que les cordes de nos vourdes*claironnent de la même harmonie qui unirait nos peuples » prophétisait un des sages Clignons, ce à quoi répondaient les Anacles, feintant la poésie délicate :
« Que les hordes de nos sourdes ouïes cognent avec le plus grand bruit urinant un peu… »

Mais le mépris des Anacles n’était pas seulement du à l’inimitié apparente et perpétuelle qui les caractérisait ; en effet ils se riaient bien du petit peuples des Clignons, frêles et suaves, car eux étaient des géants brutaux et féroces.
Nombreux furent les tentatives tragiques des Clignons de créer des rapports pacifiques par l’accès au dialogue : des groupes pénétraient dans l’enceinte de la communauté Anacle pour appeler à la diplomatie, mais ceux qui ne parvenaient pas à se sauver en vitesse des griffes de leurs voisins tortionnaires se faisaient écraser par des flots de rochers, ou des troncs d’arbres polis – ce dont on ne pourrait nullement qualifier les manières des Anacles…

« Encore un ficrelou ! » s’exclama-t-ull à la vue de l’insecte virevoltant au-dessus de sa tête. Ull agita le livre qu’elle tenait en main, tâchant d’éloigner le parasite qui l’importunait.
« A chaque chapitre il revient, ça devient fatiguant ! » Puis ull replongea dans sa lecture.

Les Clignons se mettaient en quête de l’harmonie entre les peuples, car aucune vie paisible n’était possible si nulle entente ne rapprochait les communautés : les Anacles venaient dérober les réserves nourricières des Clignons, abattaient leur bétail, parfois même leurs arbres. Avec la sournoiserie du loup et la force de l’ouragan, ils pillaient leurs récoltes, ou démolissaient leurs maisons, ils s’appropriaient l’accès aux rivières, et leur présence aux alentours des habitations des Clignons n’appelaient qu’à la dispute et au massacre.
Sans jamais perdre espoir, ni une once de volonté, les Clignons se risquaient à entrer en de bonnes relations avec les Anacles brutaux : ils décidèrent de leur offrir des cadeaux, et tous les symboles de l’amitié, ou tout du moins de la paix, pour aboutir à la cohabitation.
Mais jamais les Anacles n’acceptaient d’entente respectueuse avec les Clignons, et c’était toujours avec plus de violence qu’ils apparaissaient à leurs visiteurs, les poursuivant et les écrasant de rochers, ou de leurs énormes pieds lourds…

« Je devrais bientôt m’arrêter de lire, s’il remet ça à chaque chapitre ! » lança-t-ull en balayant l’air de son livre, pour faire fuir le ficrelou qui tournoyait autour d’ull, se posait sur son ventre, puis s’envolait en sifflant.
« Sale bête, laisse-moi lire en paix. »

Mais arriva un jour. Un jour terrible, ou l’ouragan des Anacles déclencha les foudres vengeresses sur tout le territoire. Les Anacles géants avaient marché et marché, pour entrer en masse jusqu’au cœur de la communauté des Clignons, ils avaient tant et tant marché, plus fort et plus loin, que le sang Clignon submergea les survivants, les noyant dans l’aigreur et la rage : la seule volonté qui subsistait en eux était celle d’anéantir le peuple brute qu’était celui des Anacles.
Plus une seule vourde ne devait sonner pour célébrer l’harmonie, puisqu’en cette heure, seuls les tambours de guerre devaient carillonner sur ces terres, pour appréhender sinistrement le carnage imminent. Il n’y aurait plus jamais de paix, voici ce que disaient les larmes des Clignons qui ruisselaient en leurs cœurs ; mais la fureur qui les asséchaient proclamaient sans vergogne : « Il n’y en a jamais eu ! »
Si aucune paix n’était à venger jusqu’alors, ce serait la générosité lâchement ensevelie déployée auparavant par tant de Clignons, que la violence de leurs voisins avait contribué éteindre. Une flamme d’assoupie dans la bienveillance d’un peuple, une autre éclatante sur les flèches mortelles, s’alignant par milliers sur la terre tremblante.
Sortant de leurs maisons de rochers, là-haut, les grands Anacles contemplèrent avec stupeur les armées de Clignons accourant vers leur peuple, hurlant à la vengeance…

« Ca suffit ! Tu ne vas pas me gâcher la lecture du dernier chapitre ! Je te préviens, c’est la dernière fois que tu viens me déranger ! » Ull posa à nouveau son regard sur les paragraphes du livres, tous s’élargissant, gagnés par l’intensité du récit.

«Et lorsque le matin revînt, un vent silencieux se faufila par les fenêtres des habitations des Clignons. Là où tout n’avait été qu’ardeur et résolution, ne s’étendaient que malheur et désolation. Les jours reprirent un cours douloureux sur cette terre qui fût celle des Clignons et des Anacles ; et même si à présent, chaque porte qui s’ouvrait donnait vue sur les champs qui fleurissaient à nouveau, et des pâturages où nul bétail n’était plus menacé, des traces pourpres en maculeraient à jamais la poignée.

Ull referma sèchement le livre en écrasant le ficrelou entre ses pages.
« Cette fois, je te tiens, je t’avais prévenu ! « Fit-ull d’un ton acerbe. « Je t’avais prévenu, voilà ce qu’on gagne à me déranger quand je veux lire tranquille ! »
Ull se leva et s’avança jusqu’à la fenêtre, qu’elle ouvrit pour jeter le corps de l’insecte. Mais derrière les volets apparût une horde de ficrelous en furie, dont l’armée immobile sifflait avec menace en direction d’ull, qui s’était figéee de stupeur, livre ouvert à la fenêtre, dans lequel gisait le pauvre ficrelou écrasé.



*Instrument de musique fort mélodieux.

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