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 Le chemin de l’homme et du caméléon perché sur une roue - Partie 3

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Aklatan
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Date d'inscription : 04/07/2008
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Localisation : Collines de Sous-Voûte-Chêne, la maison à côté de la cascade, où un gnome taille parfois des pierres.

MessageSujet: Le chemin de l’homme et du caméléon perché sur une roue - Partie 3   Dim 26 Sep - 12:35

Il revînt à sa maison, pour contempler le monde encore. Il alla ensuite à la fleur qu’il aimait, et l’observa, tout fanée et dépérie ; il fît donc demi-tour, pour s’en aller à son tour.
Il rencontra à nouveau le caméléon, qui s’en s’arrêter avançait allègrement sur sa roue, qui roulait et roulait… L’homme se hasarda soudain à demander :
« Comment vas-tu, aujourd’hui ?
- Je vais et je viens, tu vas aussi, moi sur cette roue, toi en marchant, encore et encore depuis longtemps déjà.
- De tous ceux que je rencontre, tu es le seul que je puisse revoir indéfiniment, car ils sont nombreux ceux que je ne revois jamais, tu sais.
- Les routes ne convergent pas toujours, bien que nous voyagions toujours ensemble.
- Et où vas-tu, aujourd’hui ?
- Tu ne saurais le dire ; je sais seulement que je m’en vais te mener à une croisée des chemins prochaine. Il te faut faire une rencontre.
- J’attendrai cette rencontre, alors. » Et ils s’éloignèrent à nouveau, jusqu’à se croiser bientôt encore.

Il parcourût un long chemin, avant de s’arrêter auprès d’un massif de fleurs sauvages, dont la beauté ravissait sa vision. Il se courba pour en cueillir une, lorsqu’un autre être vînt à sa rencontre, en l’interpellant d’une voix fluette :
« Que fais-tu, juste au bord du chemin ? » L’homme se tourna pour dévisager une toute jeune fille, qui ne se dressait pas plus haute que lui en étant accroupi. Son visage évoquait la surprise, et était entourée d’une chevelure dorée, qui reflétait les rayons de lumière à travers les feuillages comme le miel.
Avec un sourire qui éclairait toute la tendresse de ses traits, l’homme répondit :
« Je cueille une fleur, parmi toutes celles-ci.
- Mais pourquoi tu cueilles celle-ci ?
- Parce que je la trouve belle. Mais je dois avouer qu’elle n’est pas aussi belle que toi. » ajouta-t-il, rayonnant. La petite être, esquissant un sourire timide, relança :
« Si je suis plus belle qu’une fleur, alors toi, tu es plus beau qu’un chêne. »
L’homme apparût troublé mais non moins flatté, il demanda alors avec curiosité :
« Ah, vraiment ? Mais alors de quel chêne parles-tu ? » Elle jeta des regards alentours, cherchant un chêne parmi tous les arbres qui levaient fièrement leurs branches vers les nuages dansants. Puis dans un élan avisé, elle courût vers un tronc, qu’elle enserra de ses petits bras, et s’écria :
« Celui-là ! »
L’homme se leva pour admirer, charmé, l’arbre magnifique dont les ramures arquées semblaient recéler nombre d’énigmes, derrière ce ramage verdoyant de la plus somptueuse parure.
« Je dois rencontrer quelqu’un, aujourd’hui, veux-tu m’accompagner ? » demanda-t-il alors à la petite fille, qui répondit en retour :
« Est-ce que tu connais la personne que tu vas rencontrer ?
- Non, pas encore.
- Cela tombe bien, moi non plus ! »

Ils marchèrent donc côte à côte le long du chemin ; c’est alors que le caméléon perché sur sa roue croisa leur chemin. L’homme le présenta à la jeune fille :
« Voici la Vie, nous faisons souvent route ensemble, sans jamais nous arrêter. »
Ils continuèrent à avancer, sur une longue route, jusqu’à ce qu’ils voient arriver au loin une autre roue, quelque peu plus grande que celle qu’ils connaissaient, surmontée d’un autre caméléon. Celui-ci arpentait les routes avec tout autant de vigueur et sans moins frétiller que la Vie, mais sans prendre la même direction. En effet, cette grande roue roulait sur un chemin perpendiculaire à celui de la première. La Vie leur désigna ce nouveau rouleur :
« C’est la Mort. Voilà une autre roue, mais surtout, une autre direction. Nous n’allons pas tarder à nous croiser. »
Et ce fût à ce moment que la roue qui avançait irrémédiablement à côté d’eux ralentit, pour s’arrêter. L’homme demanda alors :
« T’arrêtes-tu pour le laisser passer ? » Là-dessus, le caméléon le dévisagea, une lueur d’assurance dans le regard :
« Je m’arrête pour mieux le suivre. »
Alors l’homme regarda à son tour la toute jeune fille, lui transmettant le même apaisement, et lui offrit la fleur qu’il avait cueillie.
Le caméléon qui était perché sur la roue plus grande se rapprochait d’eux, sans s’écarter de sa direction. Puis en le croisant, il observa un homme qu’aucune contrainte ne pourrait troubler, marchant paisiblement en chemin. Lui regarda passer un caméléon fort enjoué perché une grande roue, poursuivant inlassablement sa route.

Le premier caméléon suivit le deuxième, pour continuer d’avancer à son côté, et l’homme leur emboîta le pas, après s’être adressant à la jeune fille :
« Puissions-nous nous revoir très bientôt ! »
Elle les regarda s’éloigner, ensemble autour du monde, de par lui et au-delà. Elle regardait partir un caméléon perché sur une grande roue, un autre sur une roue plus grande, et le vieillard le plus beau qu’elle ait connu.






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