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 Les chroniques encyclopédiques : bestiaire, science naturelle

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Aklatan
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MessageSujet: Les chroniques encyclopédiques : bestiaire, science naturelle   Ven 27 Aoû - 16:46

Le Cazccuille

Comme peuvent le dire un certain Sire Gump, qui dirait que « Stupid is as stupid does » autant que Sire Lockhart avec « Celebrity is as celebrity does », par nuance légère, ne prédestine que la prédestination. Ca va de soi ! Evidemment que seule la prédestination peut prédestiner, mais cela n’a pas le même aspect quand elle est illusoire… Car c’est le cas ! Sinon pourquoi débattre sur le pouvoir de savonner du savon ?
La prédestination est une superstition – mais la superstition ne prédestine pas pour autant, attention – puisque beaucoup croient que ce qu’ils considèrent comme des vices, défauts, insanités, et autres troublantes « qualités » le sont. Alors que bien sûr, n’est vice que le vice, n’est défaut que le défaut… Ah d’accord, c’est une question de vocabulaire ; finalement toutes inepties qui engorgent ces lignes ne sont sans doute que superstition, sans doute faut-il y mettre un terme au plus tôt, d’accord…

Ainsi, les prédestinations étant ce que beaucoup croient être vrai, ne sont que des superstitions, parce qu’ils n’en savent rien du tout. Non pas qu’il existe un ordre naturel, une sérénité, une justesse, et autres vertus qui semblent incontournables au premier équilibre qui veuille se tenir debout, que tout recherche, non ! Car en prenant pour terme un ordre naturel, il en existent qui vont à l’encontre de ces superstitions… La seule prédestination qui existe est celle du corps donné au nouveau venu sur le monde. Sans en révéler davantage en donnant un exemple : le dernier né des imbéciles ou bien le plus habile des êtres vivants – ou morts, ou autres, pourquoi pas je ne sais pas qu’est-ce que vous me chantez j’en foutrais moi de ces conneriesdanscegenreohmaisc’estpaslapeinedem’insultervoussavezetc’estdurdesepasserduréflexed’espacerchaquemotenécrivantetouietouietouietoui… - pourra difficilement se passer de la prédestination à chier tout au long de sa vie. Et encore c’est un exemple très abordable puisqu’il est clair qu’on peut voir se manifester très tôt la prédestination, à ce moment là…
Mais il en est de même pour faire chier les autres, ce qu’une créature a le don naturel d’exprimer, si bien qu’il vivrait grâce à cela et pour cela.




C’est le cas du Cazccuille. Sa particularité première est qu’il est deux êtres à la fois, il en forme un, sans appartenir vraiment à l’autre. On peut l’assimiler à des siamois, bien qu’il rassemble deux créatures distinguées par l’appellation de greton, qui est communément donnée aux représentants d’une espèce de petits êtres, semblables à des gnomes.
Le Cazccuille rassemble deux petites créatures, caractérisées également par le fait qu’il fait partie des êtres ayant le générique le plus élargi sur le plan génétique : en matière de taille et d’apparence, appartenant ainsi à un groupe surnommé les « Grands généritiques ». En généralisant du mieux possible, et bien que la taille moyenne puisse varier de lutine à géante (approximativement de la hauteur d’une botte à celle d’un cyprès âgé), les deux gretons Cazccuille sont souvent de taille différente, qui se rapporte souvent à une différence de trente pour cent, ainsi si le plus greton le plus important n’est pas plus haut qu’une botte de marche, le plus petit aura peu de chances de dépasser le rebord d’une chope ; mais cela peut surprendre de la même façon en dévisageant ce dernier qui, son grand greton pouvant attraper un nid d’oiseaux au sommet d’un arbre, pourrait s’accouder à la roue à eau d’un moulin.
Les deux gretons ont souvent le crâne chauve, et un nez si long qu’il descend jusque devant leur bouche (ce qui les oblige à avoir une hygiène buccale impeccable, c’est pourquoi il nouent une ficelle autour de leur taille pour y ranger, en plus de certains autres outils, des brindilles, des morceaux d’écorce, de petites pierres, ou tout ce qui pourrait encore servir de cure-dents) ; cependant leurs oreilles –qu’ils en aient une ou deux chacun – peuvent être de forme ronde, aigues, collées ou tombantes, autant que leurs yeux peuvent être si petits qu’ils en deviennent à peine visibles, ou alors terriblement perçants par leur grandeur – mais il est courant que chacun des gretons ait un œil plus petit qu’un autre, du fait d’une paupière affaissée. En ce qui concerne leurs bouches, l’un a la mâchoire inférieure proéminente, empiétant sur la supérieure, et inversement pour son compère, ce qui laisse souvent quelques dents saillir.

Car une notion marquante de l’apparence du Cazccuille est que quelle que soit les traits de son apparence, on verra sur l’autre l’exact contraire, autant pour la courbe des oreille, la forme des yeux, celle du crâne… Il arrive donc qu’un greton ayant le crâne bombé, le deuxième ait le sien enfoncé au même endroit.

Ils disposent de deux bras et de deux jambes, étant d’espèce humanoïde, mais la largeur de leurs pieds a toujours tendance à se recourber à leur extrémité, leur donnant l’allure de pieds pointus.
Mais si deux gretons font un Cazcuille, c’est parce qu’ils sont sans cesse liés, et ce depuis leur naissance : car à la manière d’un couple, il restent rattachés l’un à l’autre bras dessus bras dessous, et ne peuvent s’en libérer. Des gens mal attentionnés essayent parfois de les séparer, et lorsqu’ils parviennent à écarter leurs bras – décollés non sans peine – les gretons sombrent dans un malaise mortel qui ne peut les pousser qu’à renouer leur contact, leur survie en dépend – il arrive parfois qu’un peu de mousse ou de glue fine se forme sur les bras assemblés des gretons…

Car, pour en venir à ce que représente le Cazcuille dans toute sa fascination, il est, parmi bien d’autres, il faut l’avouer, la plus chiante des créatures… pour elle-même. Bien des êtres ont tendance à asticoter, agacer, faire tourner en bourrique des créatures autres qu’elle-même, mais le Cazccuille ne peut causer autant de trouble aux autres qu’elle lui.
En effet le principe d’activité, à tout instant, et même de survie, tient à son talent d’emmerder tout ce qui bouge ; et il s’avère que ce qui bouge, c’est surtout son greton-frère. Ainsi chaque greton demeure, tout au long de sa vie, en état d’excitation et de nervosité, excédé et désemparé à tout instant, seulement pour sa plus grande joie, et son inconscience indéniablement naturelle.

Et le principe de la vie de chaque greton qui fait le Cazccuille, c’est d’emmerder l’autre. C’est particulièrement le cas pour le plus grand greton, qui a l’avantage de proférer les grognements les plus vindicatifs, et de s’agiter sans cesse avec plus de prestance et d’aplomb, en importunant le plus petit qui, non moins exaspérant à ses heures, subit tout en se contentant de guider l’autre vers tout ce qu’il ne penserait pas à faire. Ils demeurent complémentaires. Quand ils ne s’engueulent pas mutuellement pendant un long moment, l’un s’arrange pour décharger ses nerfs, ses cris, et sa vicieuse malice sur l’autre, et réciproquement.

Certains prétendent qu’il y a intérêt à penser que l’un soit doué en intelligence tandis que l’autre serait doué de force et de robustesse, chacun pouvant ainsi se substituer à l’autre selon la situation. Mais il est difficile de définir précisément les attributs et habitudes du Cazccuille à travers ses deux gretons, puisqu’il est un des Grand généritiques, naissant sous maintes et maintes formes selon les saisons, les régions…

La fatalité du Cazccuille réside dans le fait que, ne pouvant se passer d’emmerder, de faire chier à en provoquer l’insurrection d’une armée de gai-lurons, si, de manière pathologique, ou délibérée de la part de quiconque ou quelconque, de séparer les gretons, ou de quelque manière que ce soit, faire en sorte qu’ils ne se fustigent plus, ne se mettent plus sur la gueule, sombrent dans un calme malvenu, alors une mort douce voudra que leurs nerfs se disloquent et que leur pouls s’arrêtent, autrement il arrive qu’il se mettent à fondre, se vident de leurs liquides, ou bien se rapprochent de l’état de poussière en perdant toute consistance et toute couleur.

A propos d’armée, la quintessence du pouvoir du Cazccuille est incarnée lorsque plus de deux gretons forment la créature. Sans jamais rompre un équilibre anatomique, on parle de « ravages » lorsque certains viennent à rencontrer des Cazccuilles de quatre ou cinq gretons. Mais des rumeurs étranges parlent d’un village entier livré à l’insomnie du fait de l’installation d’un Cazcuille géant non loin de là, qui ne compterait pas moins de cinquante-six gretons. Inutile d’imaginer les souffrance d’une mère quelconque qui enfanterait un Cazccuille monstrueux, puisqu’il n’a pas de sexe, et ne se reproduit qu’à partir des restes d’autres Cazcuilles, c’est pourquoi il appartient à la famille des Pocyclins : tel un phénix – comparaison très maladroite, cela dit – il naît dans les ultimes éléments de ce qui fût un autre Cazccuille. Mais il est clair que pour engendrer plus de cinquante gretons, le Cazccuille parent avait du mourir en très bonne santé…

Le Cazccuille rassemble deux emmerdeurs effrénés qu’il n’est pas bon de soumettre au calme, chose perverse, mais qu’il serait d’autant plus dangereux de croire qu’il en ait après d’autres individus, puisqu’il ne pense à importuner que lui-même, se réjouissant de sa vie dans toute sa beuglante nervosité.



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MessageSujet: Re: Les chroniques encyclopédiques : bestiaire, science naturelle   Jeu 16 Sep - 16:40

Les atloches


Les atloches sont des êtres à l’apparence commune, dans la mesure où ils peuvent prendre n’importe quelle forme. Et aussi communs soit ce qu’on voit de ce qu’on ne voit pas, l’apparence originelle de l’atloche est la transparence, et davantage : aucune présence, seulement lui.
Il n’est visible que lorsqu’il adopte une autre identité, ce qui est le cas la plupart du temps, qu’il consacre essentiellement faire preuve de sa malignité partout où il va. Car l’atloche est malin, espiègle, même dangereusement malin.
Il est désigné à la fois par « fauteur de troubles » ou faussaire » tant il est faux et connu d’être faux ; il serait tellement faux que bien des gens ne croiraient pas en l’existence des atloches.
Mais ceux-là doivent parfois payer durement la rançon de leur incrédulité, car il n’est jamais bon de rencontrer un atloche…

On dit des atloches qu’il s’agit d’esprits, la confusion est permanente au fil des rumeurs et racontars, pourtant une créature « vivante » et originale comme celle-ci n’a rien à voir avec les restes éthérés d’êtres qui auraient transcendé le terme de leur existence dans une réalité ; de plus pas même les esprits frappeurs ne sauraient égaler la malveillance d’un atloche.

Ceux qui sont répertoriés ici correspondent à un rôle particulier, une vie qui leur est propre dans la mesure où ils ont été aperçus en lieu et période donnée, mais cela ne limite pas cependant d’autres manifestations pour l’existence de chacun.

Le passeur du sentier :

Celui-ci s’acharne le plus souvent sur de faibles personnes, qu’elles sont vieilles, sourdes, lentes, et tout ce qui pourrait faciliter ses feintes macabres.
Prenant la forme d’une personne, il se poste au bord d’une route sinueuse choisie pour sa fréquence de passage de convois ainsi que celle de fréquentation passante – dont la différence apparaît élevée, si vous devinez – et attendant qu’un ou plusieurs autres individus arrivent à son côté pour la traverser.
Ayant calculé l’arrivée d’une voiture, cavalier pressé ou autre cascadeur virulent, il commence à traverser la route d’un pas ferme et assuré, en espérant entraîner le reste de passants à sa suite, qui, comme un troupeau de moutons, lui emboîtent le pas. Mais arrivé au milieu de la route, l’atloche disparaît, et ce n’est que trop tard que les passants voient le convoi leur foncer dessus.

C’est d’autant plus pénétrant – en matière dramatique, pas d’impact physique - lorsqu’une seule personne se retrouve seule et tremblante au milieu de la route, en contemplant les chevaux fous, comme c’est arrivé à une pauvre vieille dame qui rapportait ses courses. Mais les courses se rencontrent en fin de course… Pour dire qu’il est inutile de se précipiter au devant de son destin, ni pour autant demander à n’importe qui de répéter une phrase farfelue pour vérifier s’il s’agit ou non d’un atloche – car les atloches n’ont aucune capacité de parole – car ce serait très impoli.

L’emprunteur :

Cet atloche s’amuse dérober n’importe quel bien afin que son propriétaire aille lui-même à sa rencontre. Entre autres tentatives machiavéliques, il prend la forme d’une mendiante, crasseuse et laide, qui s’en va voler un fruit dans un panier au marché, avant de détaler au plus vite, incitant son propriétaire à s’engager à sa poursuite. Selon son envie de vraisemblance, l’atloche choisit de subir l’assaut en acceptant de s’écrouler pitoyablement dans la rue – démarche qu’il use comme prétexte de représailles pour ses agresseurs – ou bien de disparaître en laissant le bien dérobé.
Avec chance et logique, le fruit retourne à son propriétaire ; mais ce ne sera pas celui qu’il transportait, car l’atloche l’aura remplacé par un fruit empoisonné, qui aura tôt fait de donner tort à sa victime d’avoir soulevé la terre pour un fruit envolé.


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