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 Déjections polygonales, autel végétal, usage de la vertu : "Merci du cadeau!" - Partie 1

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Aklatan
Capitaine des Plaines
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Messages : 483
Date d'inscription : 04/07/2008
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Localisation : Collines de Sous-Voûte-Chêne, la maison à côté de la cascade, où un gnome taille parfois des pierres.

MessageSujet: Déjections polygonales, autel végétal, usage de la vertu : "Merci du cadeau!" - Partie 1   Lun 23 Aoû - 16:24

Il existe une grande différence entre un petit con et un trou de balle, qui n’est ni de taille ni d’autre caractéristique objective ; même si ce sont tous deux des trous. Mais on ne pourrait la donner d’office puisqu’on ne dispose pas d’un bon exemple pour cette fois. Et cette fois, c’est encore Aklatan. Et Aklatan est un peu tout ça à la fois, ce qu’il est déplorable de conter, encore une fois…

Aklatan était content ; mais ce n’était ni parce que le village était en fête, ni parce qu’il était tout fier d’avoir un calendrier déique chez lui pour lui indiquer que le jour à venir dans quelques heures était l’exact jour qui l’avait vu naître, il y a quelques temps. Pour ces choses là, ce n’est pas si étonnant, dans la mesure de la banalité avec laquelle on peut les considérer à la longue – même si en toute naïveté, pourquoi n’y verrait-on pas des choses réjouissantes, certes.

Et en attendant, le Troubadour était livré à ses rêveries paisibles sur le bord du lac, une canne à pêche à la main. L’occupation par excellence du feignant insouciant, qui n’a rien d’autre à faire que de brasser ses pensées loufoques, qu’elles soient louches ou sans intérêt. Ce qui animait secrètement un certain enthousiasme était cette délicieuse attente d’un bon moment, puisque ce soir ce serait tout le village qui célébrerait son anniversaire… Quel honneur, le plus courageux des hobbits ferait mieux de s’éclipser illico face à ce seigneur.
« Et après, il me restera plus qu’à trouver une Pierre Pédicurale, et le tour sera joué ! »
Il retraçait également dans son esprit plusieurs conversations qu’il entretenait avec le Meneur Tarlun, qu’il aimait croire pleine de sagesse ; du moins la dernière fois le dialogue se résumait d’une part à la conviction qu’Aklatan avait que l’ancien sage Pirelin Pucel aurait réussi à fabriquer, et d’autre part au scepticisme de Tarlun dont les arguments encourageaient beaucoup le premier venu à courir lui apporter pour qu’il puisse l’examiner de plus près.
« Je la dépose dans sa boîte à lettres, et il me l’offre dans un emballage aux pigments d’or pur, hinhinhin… Avec ses excuses ! Hinhinhin… » Mais à tout considérer, il lui suffisait de se convaincre pour le moment qu’il se mettrait à l’alchimie après avoir fini de pêcher.

Mais comme on le sait, il faut savoir d’une part, qu’Aklatan est un trou de balle, ainsi donc voici ce qui était juste arrivé précédemment :

Lorsque revient la belle saison, quelques âmes dévouées se trouvent le cœur à se rendre utile – où s’en donnent l’illusion, surtout au cœur de la Brousse des Hautes-Plaines – ainsi donc ils se regroupent pour former la garde du village, parce qu’il ne pleut pas ces jours-ci, et parce qu’ils n’ont rien d’autre à foutre quand tout baigne, en ces beaux jours de Balgara-don.

Mais puisque fausse gaillardise (on croirait des apprentis forgerons ingénus et sans volonté) rime avec flemmardise, il est évident qu’il fallait obliger un couillon, ou un trou de balle confirmé, à faire un des boulots exténuants de messager, où il faut marcher un peu. Déjà qu’il y en avait peu d’habitude, on ne verrait pas l’ombre d’une once de motivation au village quand le soleil fait s’étendre les hamacs. Comme Aklatan était de loin le plus emmerdant des Troubadours, l’abruti faisant les cent pas entre le nord et le sud de la petite bourgade envoya ce parfait trou de balle sur les routes des Hautes-Plaines, une hallebarde rouillée en guise d’arguments. Après tout, ne plus croiser son visage de vicelard à chaque détour en cherchant encore et toujours des cordes de rechange ne pouvait que lui faire de bien, d’ailleurs étant longtemps sollicité pour mener à bien cette tâche délicate et honorable, c’est presque en volontaire qu’il se donnait une telle raison de prendre l’air sur les routes.

Et ce fût à quelques lieues du village qu’il fût averti du retour d’un certain Harg-ölan, qui avait à présent tout le mérite d’un héros après avoir mené bataille loin au sud, sur l’île des Méridiennes. Mais la missive qu’on lui remit n’était qu’on changement de programme : le bougre ne reviendrait pas dans son village natal comme prévu le soir même.

« Transmettez toutes ses excuses à sa famille et précisez leur que malgré une affaire personnelle, il s’agirait d’une mauvaise rencontre au mauvais moment. »

Aklatan avait de la veine, il allait faire office du plus gros rabat-joie de la saison rien qu’en rapportant des nouvelles… Le monde se moque bien du monde, encore une fois.
« Un héros, un type qui a tranché quelques têtes en s’exilant dix ans ? Je serais sacré roi du monde si on avait compté toutes les têtes d’insectes que j’ai guillotiné sous mon plumard depuis ce temps là ! » pensa-t-il ; mais il pensa aussi : « Une chance qu’il ne vienne pas, il manquerait plus que de voir tout le village faire la fête rien que pour remplir sa bedaine héroïque de croque-mort. »

Pourtant lui-même soucieux de l’état de sa propre tête, il se résigna à aller porter la nouvelle au village, imaginant la fureur qui assiégerait toucher un arrogant arrache-couilles et diriger sur Aklatan une habitude très déplaisante. Une autre idée vint se superposer à celle-ci. Il y eut une pesée sur la balance cérébrale, puis un mélange des corps, et quelques étincelles malsaines jaillir par-ci par-là.

« Si le brique-canon revient, j’aurais qu’à dire que malgré cette « désastreuse » nouvelle, il valait mieux effectivement faire la fête comme prévu, au moins un temps jusqu’à leur dire que c’est pas pour ce soir, que je connais l’ambiance ici et que c’est pas le genre de la plomber, et qu’on aura fait d’une pierre deux-coups… » Et puis, plutôt que de boire à la santé d’un fantôme, on devrait tous inviter l’amertume à pleurer dans ses bras au fond des étables pendant qu’un type serait aussi loin de chez lui regrettant tout son passé. Comment ? Si ça se trouve il a pas envie de se bouger de son palais qu’on offre aux « héros » entouré d’hydromel et de jolies filles ! Pendant que nous on devrait ranger tout le buffet et laisser les cochons rôtis à refroidir, pas question ! Dans tous les cas, si il revient le lendemain pour m’engueuler, j’aurais qu’à le décoincer un peu et tout ira bien, je lui dirai un truc du genre : «T’as du en voir des boulets, là où t’étais… »

Il revint au village et signala brièvement que les nouvelles étaient vagues, mais qu’en ce qui concerne le « héros », il aurait une chance d’arriver quelque peu en retard, mais nulle raison de s’en offusquer, qu’il fallait se réjouir de festoyer en l’attendant, et que sinon il fallait se dépêcher de monter la petite estrade et de laver les verres de la taverne.
Oh ça oui, il y avait une grande chance, très belle chance…


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