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 On frappe à la porte du monde cette nuit : "Vous avez de la chance que je ne dorme pas!" - Les coups qui suivent

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Aklatan
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MessageSujet: On frappe à la porte du monde cette nuit : "Vous avez de la chance que je ne dorme pas!" - Les coups qui suivent   Mer 18 Aoû - 17:39

C’est sûr, il n’il y a pas plus féroce que l’implacable insomnie, qui apparaît comme le plus rapide et plus intense besoin irrémédiable :

Vous pouvez emmerder quelqu’un jusqu’à ce que son antipathie déborde pour un bon moment à votre égard mais, qu’elle soit longue, provisoire ou définitive, qui aura toujours bien des chances d’épargner la forme naturelle abordable et équilibrée de cette personne, de son côté : Première forme de contrariété.
Une personne peut ne pas manger pendant deux jours, bien que ne disposant pas d’une forme physique considérable, ce vide sera facilement contournable, et n’altérera que rarement le rapport avec d’autres individus (sauf si celui-ci est très susceptible d’être pris d’une haine caractéristique ou de folie soudaine à chaque jeun) : Deuxième forme de contrariété.
Quelqu’un qui met ses reins à l’épreuve pendant un certain temps ne risque pas forcément de perdre de toute sensation ou toute énergie, ni sa chaleur ou son sens de l’humour à ce moment là (bien au contraire pour ce dernier, je pense) : Troisième forme de contrariété.

En étudiant ces approximatives mais envisageables formes de contrariété chez l’être-vivant (qui ne doit pas forcément être misanthrope pour l’exemple, c’est donc général), on en revient à concéder qu’il s’adapte et s’accommode, par contournement ou indifférence, à plusieurs manques qui, par définition, appellent à la satisfaction du besoin – qui s’intensifie de ce fait, ou bien il s’agit d’une maladie, dans ce cas même je doute que le premier emmerdé par ce détail perde sa forme naturelle dans le bon sens.
Mais le sommeil est le plus insatiable, que l’on rencontre sous différents aspects ; il est comme un amour baladeur : on part à sa recherche quand l’envie nous prend, mais il arrive qu’il ne veuille pas nous voir, on reste alors victime de son absence, avec douleurs, et ce cœur qui bat.
Donc finalement, le sommeil, on l’adore, mais parfois, c’est le plus chiant des maraudeurs, comme le gredin qui frappe à la porte et disparaît aussitôt.
Ce qui fait du dormeur insatisfait le plus détestable fouillamerde que l’on puisse rencontrer quand on n’en est pas averti, car plus il l’est, plus il y pense.

Et on a fait exemples, contre-exemples, faire des tours du monde, autour de son corps ou d’une planète, pour un prunier ou bien le sommeil, c’est le cœur, ou la cervelle ?
Concluons prestement, c’est vrai que ces pensées qui virevoltent dans tous les coins du grenier céphalique sont comme une serre à papillons qu’on brûle de refermer, ce qui n’est pas tâche facile… Mieux vaut ne pas essayer de s’endormir lorsqu’on se rend compte que le démon d’un travail inachevé ou d’une énigme sans réponse nous poursuit, ce qui n’est pas évident non plus, voici encore pourquoi chacun est un monstre incompréhensible.
L’insomnie est une prise de tête. Mais à un stade où l’on n’est plus disposé à le faire. C’est pourquoi ne cognent que tambours de guerre ou bien grégaires, mais jamais tambours de paix, ceux de la trêve.

Eclairons nos lanternes – mais si le besoin de dormir se faire sentir, éteignons-la vite… ben oui, et les formes alors ? Faut respecter les formes ! – avec une petite fable, celle du Vaillant Dormeur :

Il y avait un chevalier qui luttait contre les mécréants le jour, et contre l’insomnie la nuit. Comme il était un juste, il épargnait toujours ceux qui le combattaient, quoi qu’eux-mêmes voulaient le tuer, lui se contentait, grâce à son ample habileté, de désarmer ses assaillants, ainsi ils ne pouvaient plus nuire, et les combats prenaient fin.

Afin de trouver le sommeil, qui se hasardait rarement et péniblement dans ses nuits hantées par de troublantes chimères, il adopta la même conduite. Mettant son habileté à l’épée au service de la ruse, il désarma l’auteur de ses maux, et détacha sa tête de son cou pour la reposer ailleurs, et le laisser lui aussi se reposer, sans se laisser envahir par des flots de pensées frénétiques.
Mais ses ennemis ne s’étaient pas résignés à se détourner de lui, bien qu’ayant gardé la vie sauve par la clémence du chevalier, ils étaient plus déterminés que jamais à l’abattre.

Grande fût leur surprise lorsque, s’étant apprêtés à assassiner le brave guerrier, ils ramassèrent sa tête, détachée de son corps, qui avait roulé sur le sol. Joyeux de croire le chevalier mort, et son corps décapité, ils rentrèrent chez eux en rapportant la tête.
Le brave chevalier fût aussi décontenancé de ne pas retrouver sa tête à son réveil, après avoir vaincu l’insomnie et plongé dans un profond sommeil. C’est avec tristesse qu’il partit à la recherche de cette tête dont il n’aurait sans doute pas du se séparer, même pour une seule nuit.

Cela dit, quelque sagesse acquise lui fît peu à peu changer d’avis au fil de son voyage à travers les royaumes : vaillant chevalier qu’il était, il n’était à la merci ni des brigands, ni des maux obscurs de la nuit blanche, ni même de la couardise et du meurtre. Car il avait aperçu d’une part une princesse, fort belle, néanmoins prisonnière d’un donjon maudit et d’un sommeil dont elle n’aurait chance de ne s’éveiller qu’au bout d’un siècle, d’autre part un dormeur, certes de noble prestance, allongé dans un petit vallon où coulait une rivière, dont les trous rouges au côté insinuaient qu’il était voué à la mort dans son sommeil sans éveil.
Le chevalier poursuivrait alors sa route à travers la nuit, n’ayant plus ni le souci de l’insomnie, ni celui de ses ennemis qui voulaient le tuer.


Tom, tom, tom… Cela sonne, il est l’heure à présent, et l’histoire est terminée.
Bonne nuit les petits !

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