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 Transe impie - Partie 2

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Aklatan
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Date d'inscription : 04/07/2008
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Localisation : Collines de Sous-Voûte-Chêne, la maison à côté de la cascade, où un gnome taille parfois des pierres.

MessageSujet: Transe impie - Partie 2   Dim 23 Mai - 9:36

A l’heure de la cuite, tant de séides se rassemblaient, trépignant et dépités, frappaient aux portes avec désespoir ; ils finissaient par entrer. Et un des leur se risquait à se diriger vers la porte au fin-fond de l’église. Il s’y rendait à genoux, se traînant douloureusement sur le dallage poussiéreux, dépassant l’autel et ses idoles dans la posture cathartique et miséricordieuse dans toute son excellence, les mains plaquées sur son sexe, et la tête s’enfonçant dans son sternum avec pitié. Ayant poussé la porte grinçante, il observait le prêtre et une créature immonde jonchés sur le lit, se livrant à un coït brutal et repoussant. La langue de la bête pendait en salivant jusqu’à sa gorge et, courbé et plié à l’extrême sous la créature velue, le prêtre à la chair rougie et trempée de sueur se crispait, le fessier écrasé et les jambes retroussées de part et d’autre, alors que son visage affichait des rictus hystériques et un plaisir morbide.
« Ils aiment ça, ils s’en gorgent et s’en aspergent ! » hurlait le démon d’une voix plus caverneuse que jamais. Tandis qu’ils accéléraient la cadence de leur répugnant accouplement, le prêtre s’égosilla à son tour :
« Oui ! Ils en veulent encore car il est temps ! »

Les frères et les sœurs rassemblés à nouveau dans l’église s’adonnaient à l’idolâtrie perpétuelle de leurs lieux sacrés, qui devenaient leur nouvelle maison, là où la vie et le temps s’arrêtaient. Ils chantaient avec une passion acharnée la gloire du Revendeur, et de tous ses disciples ! Ils se jetaient au sol pour s’agenouiller, ou ramper jusqu’aux objets baignés de puissance mystique, et respiraient les effluves généreux qui propageaient dans leurs veines la force de l’espérance et l’apaisement dont ils avaient besoin, ils attendaient, le réclamaient, s’en rassasiaient.

Au centre de la cathédrale, un puits titanesque se dressait, répandant davantage de fumée grisâtre venue purifier l’endroit. Des flammes apparaissaient dans le caveau circulaire, bassin fait de pierre, qui à force de prière, libérait le feu sacré, et l’immolation bienfaisante. Car un diable s’y baignait. Face aux fidèles prosternés, le démon se prélassait dans un bain de flammes, projetant des ombres grotesque le long des parois, des symboles mortuaires et des silhouettes cornues.
Les fumées grisâtres, le feu infernal et l’obscurité alentours noyaient l’enceinte dans une atmosphère trouble et nébuleuse, cependant tiède et mouvante.
Puis une multitude d’yeux sombres brillaient, apparaissant telle une nuée d’étoiles pâles et sanglantes. Des cris stupéfiants retentissaient dans toute la salle, suivis de flots de rires macabres et malsains, faisant tournoyer les brumes de ces lieux pour perdre les êtres au travers d’affreuses abymes, le noir oppressant du vide où s’ouvre là-bas une lumière, que nul n’arrive jamais à atteindre…

Le tumulte assourdissant déchaînait la foule, dont les hurlements se joignaient aux rires incessants, nul silence, mais le vacarme montant.
Là, le démon se levait, repoussant les flammes qui léchaient son corps flétri et râpeux ; ses mains faisaient trembler le sol alors qu’il sautait hors de son puits brûlant. Le grondement sourd figeait les mouvements des fidèles tonitruants qui couraient en tous sens dans l’enceinte, et les rires redescendaient dans les profondeurs. Le tumulte s’était glacé, l’air alourdi engloutissait les visages statufiés, il n’y avait plus le moindre souffle.
Mais il s’avérait soudainement que les corps pétrifiés se mettaient à bouger. Le mouvement d’agonisants, ou de figures figées sur leur socle. Des gestes imperceptibles se suivaient, plus lentement que la chenille au ventre atrophié, dans une aura d’immobilité. Une vie humaine suffirait à peine à les voir faire trois pas, mais le mouvement se libérait, très doucement…

Les séides en proie à une transe impie n’allaient nulle part, mais semblaient seulement se mouvoir. Et dans leurs gestes mesurés, leur cadence régulière, ils ne faisaient rien d’autres que de danser, et danser encore très lentement tout autour de l’autel, du puits éteints et de la créature, qui savourait la langueur et le cycle sans fin de leur ronde.
Un moment venait, au fil de l’éternelle cérémonie, où le démon faisait glisser son regard dans celui d’un autre. Celui-là le regardait depuis bien longtemps, mais ne rencontrait finalement son œil qu’au terme d’un nouveau mouvement prolongé… Et leurs yeux se croisèrent.
Alors qu’il exécutait sa danse, la bête serrait les poings brutalement, et le séide choisi se courbait en avant, délivré de l’étreinte spectrale et muette, puis tout se corps se crispait… Son dos se déchirait sèchement, pour faire jaillir d’énormes squelettes couverts de chair velue, des ailes repoussantes et acariâtres. Quand il se redressait, de manière aussi violente, son corps quittait le sol avec une fulgurance inouïe, les ailes battant froidement dans son dos les fumées éparses de l’enceinte obscure, et il s’élevait à la verticale dans un élan diabolique, jusqu’à heurter avec violence le plafond de la cathédrale, et le fracasser du même coup, en le traversant, et s’évader vers les nuées, mené par la symphonie assourdissante et infernale des cloches brisées qui se déchaînaient dans les tours.

En bas, au cœur de la pavane démoniaque, les créatures riaient, hurlaient, et grondaient à faire éclater les nuages…. Puis elles cessaient.
Le regard du démon se dirigeait sur la grande porte de bois, dont l’austérité des planches mitées se craquelait pour un instant :
« Je demande l’asile ! Par pitié, ouvrez-moi ! »
Et tandis que la cacophonie burlesque reprenait des murs au plafond, des gueules infâmes des monstres nombreux jusqu’à la grimace pernicieuse de la bête qui menait les vénérations, le démon soufflait :
« De nouvelles chairs viennent frapper à notre porte… Et elles aimeront ça ! »

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