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 En entrant sur la pointe des ongles... à la célébration bourgeoise - Partie 5

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Aklatan
Capitaine des Plaines
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Date d'inscription : 04/07/2008
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Localisation : Collines de Sous-Voûte-Chêne, la maison à côté de la cascade, où un gnome taille parfois des pierres.

MessageSujet: En entrant sur la pointe des ongles... à la célébration bourgeoise - Partie 5   Ven 25 Déc - 18:29

Il entendît la porte grincer puis se refermer, laissant place au silence.
« Héhé, » ricana-t-il, « à tous les coups, c’était Franky, il a du croire que la vieille dormait et avait oublié de refermer la porte. Parfait, j’ai plus qu’à…
- Bonne nuit, ma belle princesse. »
Le Troubadour sentît tout son corps se glacer. C’était la voix du comte. Et si les draps ne sentaient pas la poubelle, mais le parfum, c’est parce que c’était sa chambre. Une grande chambre avec un grand lit, si grand pour un homme si petit qu’il n’avait pu sentir le matelas s’enfoncer, avec son poids de mulot, à l’autre bout du lit. Aklatan était à la place de la mastraemista favorite de Rontefoy. Non seulement il s’était trompé de chambre, mais en plus un homme se couchait dans le même lit que lui, cet homme là en plus. Il lui faisait voir bien des horreurs, cette nuit, en fin de compte.

« Ne pas bouger. Ne pas respirer… » pensa-t-il, complètement tétanisé. Délicatement, il ôta la couverture, et roula vers le bord du lit avec une lenteur impressionnante. Le corps à moitié dans le vide, il déploya ses jambes pour descendre, puis atterrit sur une masse molle, chaude et velue, qui le fît trébucher. Un aboiement plaintif retentît alors : il venait d’écraser le chien qui somnolait au pied du lit.
Avec une vivacité déconcertante, le Troubadour s’empara de l’animal, et le jeta sur le matelas pour le nicher sous la couverture. Lui-même se glissa dans le même instant sous le lit, en entendant le comte bougonner… jusqu’à laisser échapper un cri de surprise.
Il descendît du lit, et en fît le tour en s’adressant au chien sur un ton très irrité :
« Mais… non, mais, qu’est-ce que tu fais là ? Descends de là, couché ! Pas dans le lit, sale bête, tu vas égarer des poils partout… »

Au même instant, alors que Sire Rontefoy saisissait la pauvre bête pour la remettre à sa place, Aklatan roula à l’autre bout du lit, dans un effort considérable – et dans la poussière - sous un lit aussi large ; puis rampa du plus vite qu’il pût en longeant le mur jusqu’à la porte. Lorsqu’il ne fût plus qu’à trois mouvements de bras, la lumière apparût dans la fente près du sol, et la mastraem entra, dans grâce et beauté renouvelées.
Le Troubadour se précipita derrière la porte qui s’ouvrait, pour se dissimuler dans l’angle de la pièce. Il profita de l’agitation partielle qui régnait – un noble se répugne rien qu’à l’idée d’accueillir un animal dans son lit, il faut blâmer son épouse pour cela, tant qu’à faire – pour franchir la porte, que la maîtresse n’avait pas fermée en arrivant, s’imaginant qu’un domestique serait derrière elle pour s’en charger !

Le couloir s’ouvrait à nouveau à lui, il devait s’attendre à croiser de nouveaux des habitants de ce labyrinthe, ainsi il revînt sur ses pas sans perdre une diose, jusqu’au salon.
C’est à ce moment que… rien de nouveau, en fait. Il se trouvait toujours pris au piège, et se retrouva dans la même situation que tout à l’heure. Cette fois, prenant son courage à deux pieds, il s’avança vers la forme étrange qui faisait le tour du sapin, et soudain…
« Hohoho, Aklatan, tu as été sage, cette année, n’est-ce pas ? » murmura le Père Gnoël sans détourner la tête de la hotte qu’il vidait au pied du grand sapin, dans l’obscurité de la salle.
Aklatan était soulagé de pouvoir approcher un visage familier, à l’intérieur de ce manoir. Cependant il ne pût délivrer un seul mot, embarrassé par la tournure des événements.
« Allons, allons, tu m’as toujours l’air bien dépité à Naelgolomün, Aklatan, pourtant c’est amusant, comme célébration… » dit-il en continuant de déposer des présents soigneusement emballés dans du papier coloré.
« Je sais, ce n’est pas toujours facile de faire de bonnes actions toute l’année. Surtout en s’introduisant dans un château la nuit pour y dérober quelque chose. Tu devrais être couché à l’heure qu’il est mon garçon ! S’il y a une nuit dans l’année où le sommeil est bénéfique, c’est bien la dernière… » continua-t-il, de sa voix tendre éternellement réconfortante, en apportant sa touche de morale habituelle, toujours prêt à faire luire une flammèche de scrupule et de sentiment dans le cœur des individus. Aklatan balbutia, le regard rivé sur les amas de cadeaux :
« Oui, oui… Mais auriez-vous aperçu une rognure d’ongle traîner par ici ? C’est que j’en ai vraiment grand besoin…
- Un ongle de Golomün… Y en qui se prennent vraiment le chignon pour pas grand-chose. » soupira le Père des Pins. « Pourquoi pas un trognon de pomme…
- Non, un rognon…
- C’est un rognon, ou une rognure ?
- Ben, un ongle, crédion !
- Bah voilà, te pète pas les roustons avec des noms pour des noms, non de non…
- Soyez pas bougon…
- Holà, je t’arrête ; chez moi, on n’est pas bougon, mais bourbon, ou alors pochetron.
- Bon ?
- Il y a un cadeau qui contient un ongle, je crois que c’est la domestique qui l’a déposé, juste là… » Aklatan farfouilla sous le sapin, pour dénicher un petit boitier enrubanné. Il l’ouvrît puis découvrit le minuscule morceau d’ongle. C’était réellement son intention, en plus, elle voulait offrir cette chose à ses maîtres. Ils n’hésiteraient pas à cracher dessus, autant leur offrir un bol de déjections. Le Troubadour préféra emporter le boitier avec la relique, par empathie pour Pixie ; il valait mieux faire disparaître le présent dans sa totalité, plutôt que de laisser un boîte vide, pleine de désillusion et déception. Le Père Gnoël balança sa hotte sur son épaule, et dévisagea enfin le Troubadour :
« J’imagine tes intentions et celles des gens de ce manoir, Aklata. Cela dit, que cela ne t’autorise pas de gâcher à toute occasion la Naelgolomün de certaines personnes.
- Rassurez-vous, c’est une affaire qui mérite d’être bouclée…
- Sinon, cette poule était-elle goûtue ? » demanda-t-il en souriant.
-« Oui, mais je me suis brouillé avec elle.
- Ah, qu’est-il arrivé ?
- D’abord, ses œufs se sont brouillés entre eux, donc j’ai décider de les brouiller pour les manger. Elle n’a pas aimé, je me suis brouillée ave elle, et puis je l’ai mangée aussi.
- Mmmh, je vois. C’est triste. Ne t’inquiète pas, tout finira par s’arranger ! En attendant, vas dormir, mais ne fais pas de bruit en sortant ! Joyeuse Naelgolomün, hohoho ! »
Puis chacun repartît de son côté ; Aklatan jeta un œil dans le couloir, puis il réalisa qu’il n’aurait qu’à suivre le bon Père Gnoël pour sortir. Mais lorsqu’il se retourna, il n’y avait plus personne ; seule restait une masse de cadeaux laissée par ce dernier au pied de l’arbre. C’était évident, les secrets du vieux Père Gnoël ne peuvent être percés. Les murs non plus, selon Aklatan.

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