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 En entrant sur la pointe des ongles... à la célébration bourgeoise - Partie 4

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Aklatan
Capitaine des Plaines
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Messages : 483
Date d'inscription : 04/07/2008
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Localisation : Collines de Sous-Voûte-Chêne, la maison à côté de la cascade, où un gnome taille parfois des pierres.

MessageSujet: En entrant sur la pointe des ongles... à la célébration bourgeoise - Partie 4   Ven 25 Déc - 18:27

Aklatan sentît passer une éternité, cloîtré dans ce placard, dans lequel il se sentait douloureusement momifié, comme à l’intérieur d’un sarcophage. Il en vînt à se demander de quelle manière il allait pouvoir sortir de ce meuble, mais le moment n’était pas tout à fait propice ; il entendait avec dégoût le comte faire sa commission d’après-réveillon, pendant un très long moment. Il était néanmoins satisfait de ne pas pouvoir le voir, la chanson d’un homme qui met ses tripes labourées à l’ouvrage suffisait nettement à écœurer, du Troubadour caché dans le placard au lecteur de Marc Lévy.

Lorsque le silence revînt, et qu’il ne parvenait plus à sentir ses côtes ni ses épaules, il poussa la porte du placard. La frappa. Tenta de la défoncer. Un comte fait toujours fabriquer ses meubles en noyer, évidemment, pour que rien ne rentre et rien ne sorte… par inadvertance.
Ce n’était pas par inadvertance cette fois, les règles du jeu étaient bouleversées. Il glissa sa main dans sa poche et en extirpa le coupe-ongle récupéré dans la maisonnée du meneur. Grand manoir recèle de gros objets, c’est bien courant de voir les riches se trimballer avec des clés plus grandes qu’eux, pour Rontefoy, ça va pas être difficile. En effet, il farfouilla dans la grosse serrure du placard en essayant d’y dénicher une clé… gagné.
« Il craint même de se faire embarquer ses serviettes, le petit con-te. »
En sentant la pince du coupe-ongle caresser l’extrémité de la clé, il s’y prît à plusieurs reprises pour parvenir à la tourner dans la serrure, jusqu’à déverrouiller la porte du placard, duquel il tomba en se libérant de son l’étreinte écrasante, pour s’écraser contre le dallage glacé.


En s’avançant sur la pointe des pieds, dans laquelle il peinait à retrouver la sensibilité dans l’instant, il rejoignit le couloir d’où il était arrivé, qui dormait dans le noir, sans doute autant que les habitants du manoir, en cette heure avancée.
Il n’avait malheureusement pas fini de croiser du monde dans cette forteresse labyrinthique, ni d’essayer de s’adapter à ses réflexes les moins engageants. Un type marchait à pas lents dans le couloir, accompagné d’un chandelier, qui illuminait un visage livide et maussade, divisé par des cicatrices, et dont les tempes maintenaient des écrous ; en dessinant une silhouette sinistre sur les murs. Messire faisait sa ronde de nuit, car grand messire est précautionneux. Même méfiant et paranoïaque, sans doute.
Aklatan n’était nullement paranoïaque, juste maladroit. Il plongea sur le tapis en se blottissant contre le mur, la bouche humectant la poussière, et se recouvrît de sa cape, pour masquer ses pieds. Son crâne était visible, cependant, laissant dépasser une grosse touffe de cheveux sales…
Il sentît défiler la lumière au dessus de lui, et les pas traînants du monstrueux hommes gronder en sur le plancher, en frôlant son flanc. Alors qu’il s’éloignait, Aklatan l’entendît murmurer, d’une voix grave et monotone :
« Polochon à pompon de couloir très mauvais goût… Franky pas aimer beaucoup… »

Le tapis laineux permettait d’adoucir la marche hasardeuse d’Aklatan, qui continuait d’aller et venir dans les couloirs de l’étage. Peut-être revenait-il sur ses pas, peut-être s’éloignait-il de plus du petit morceau d’ongle égaré quelque part ici –si il se trouvait bien ici ! Si Pixie ne l’avait pas jeté ou avalé, comme font les gens dans leurs vieilles habitudes (oui, un récit riche en dégoût) – et peut-être se rapprochait-il du domestique en pleine ronde de nuit, si Franky n’était pas le seul…
Il s’apprêtait à esquiver une entrée ouverte des deux battants de son énorme porte, lorsqu’il se figea. Au centre du grand salon, faiblement éclairé par quelques torches, un sapin immense se dressait, grassement décoré d’artifices colorés, à ses pieds, il n’ya avait pas de paquets, mais une vieille femme agenouillée… la vieille Pixie !
C’était sans doute la rognure sacrée qu’elle retournait entre ses doigts… Il voulût s’en assurer, mais renonça en préférant poursuivre sur la lancée de la discrétion : si elle revenait jusqu’à sa chambre, il pourrait la suivre pour essayer de retrouver le rognon dans ses affaires. Il attendît au coin du couloir, en effet la vieille quitta la pièce de son pas régulier et légèrement sautillant (de ceux à l’affût des poubelles, tant que ce n’est pas à l’affût des rôdeurs infiltrés dans une chambre), qu’il emboita de sa démarche mesurée, d’angle de mur en recoin de cloison.

Le Troubadour s’adossa au mur d’une cavité abritant une trappe de grenier –où l’ombre était confortable – et observa Pixie ouvrir une petite porte grinçante… au-delà quelqu’un approchait, une bougie à la main. Il s’accroupit aussitôt et s’immobilisa en entendant une voix féminine, marquée d’un ton condescendant, qui mimait le murmure en s’adressant à sa domestique :
« Ah, ma chère Pixie, vous voilà… Aidez-moi donc à recoiffer ses cheveux, et appliquez un peu de mascara sous ses yeux. Il ne faudrait pas que je vieillisse, pas pour mon mari, et particulièrement cette nuit ! Je dois être impeccable…
- Oui, mastraemista.
- Vous devriez en faire autant, ma chère, vous éventez un effluve d’ordure, prenez garde à vous soigner un peu ! »
La domestique accompagna la mastraemista pour son maquillage nocturne, etAklatan se faufila derrière eux et s’engagea dans le couloir sans fond, où il en vînt à ne plus pouvoir compter les pièces qui se succédaient de part et d’autre. Il avait enfin trouvé la salle au trésor de son donjon, la chambre de Pixie. Si il ne trouvait ce morceau de rognon à l’intérieur, peut-être l’avait-elle déposé au pied du sapin, si c’était bien ce qu’elle manigançait ; dangereux cadeau pour un riche comte, qui risque de le brûler, par rancœur… Aklatan entra presque à reculons dans la chambre où elle aurait trouvé le repos sans la maniaquerie de sa maîtresse. En s’infiltrant dans la chambre déserte, celle-ci lui sembla bien richement étoffée, quand aux fauteuils, papiers peints, et lit gigantesque ; il n’eût que le temps de le constater, alors que la lumière d’un flambeau apparût au croisement du couloir. N’ayant pas le temps de refermer la porte grinçante, il courût jusqu’au lit, et se recouvrît de la couverture géante, qui aurait pu servir d’écharpe à un dragon.

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