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 En entrant sur la pointe des ongles... à la célébration bourgeoise - Partie 1

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Aklatan
Capitaine des Plaines
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Date d'inscription : 04/07/2008
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Localisation : Collines de Sous-Voûte-Chêne, la maison à côté de la cascade, où un gnome taille parfois des pierres.

MessageSujet: En entrant sur la pointe des ongles... à la célébration bourgeoise - Partie 1   Jeu 24 Déc - 22:39

Une jeune main glissa entre les épines du sapin un minuscule morceau de parchemin ; puis elle s’éloigna de l’arbre de fête qui siégeait sur la place du village, en effervescence depuis quelques jours. Peut-être son vœu serait exaucé, qui sait ? Et pourquoi pas ceux des nombreux habitants du village des Hautes-Plaines, qui rajoutaient des gerbes de gui ici et là dans le plafond de leur porche, suspendaient des couronnes de houx aux luminaires, serpentaient dans les rues avec un paquet joliment emballé, une bouteille sous le bras, ou même un sanglier tout juste abattu jeté sur les épaules, les sabots de la bête encore couverts de neige.
En effet, la neige de manquait pas, autant sous le cuir des bottines, que sur le nez de ceux qui avaient la malchance de traverser une zone de joute de boules de neiges ; les commerçants se rassemblaient toujours plus nombreux… et peut-être que leurs vœux aussi seront exaucés : un joli bénéfice de réveillon, la bonne chère de Naelgolomün !

Aklatan aussi pourrait formuler un vœu pour le déposer dans les branches touffues du grand sapin, tout scintillant de magnifiques ornements. Mais il ne le ferait sans doute pas cette année, car son vœu, s’il devait se réaliser, ne devait pas attendre le nouvel an ; c’était maintenant qu’il en avait besoin. Besoin de quoi ? D’un nouveau pourpoint ? D’un luth sculpté ? Au-delà du matérialisme, voyons… Un calembour pertinent ? De la magnanimité ? Une jolie trogne ? Même s’il avait bien besoin de tout cela, quelque chose le préoccupait davantage…
« Eh bé je suis pas dans la merdasse ! » ronchonna-t-il en tripotant un ocarina entre ses doigts froids. Il pourrait mendier, pensa-t-il, mais plus que de ne pas avoir de fierté à entretenir, d’autres en avaient plus besoin que lui par cette période de célébration et de froid… de générosité ! Certes, et de retrouvailles… C’était une trouvaille dont il avait besoin.
« Quelle mufflarde, quelle potasse et ventregaine, celle-là ! »
Il avait réussi à squatter pendant trois jours chez Tarlun, chose qui était rarissime dans le soutient troubadourien (ouh désolé, grand meneur, je ne voulais pas salir votre carrelage en fourrure de roccolas !) ; quoi qu’il en soit, alors que ses tiroirs étaient vides de nourriture pour la douzième fois de l’année, Aklatan avait pu varier le refuge de secours (que c’est beau la générosité, la fête des pins touche vraiment le cœur !). Il y avait autre chose qui avait « touché le cœur du meneur » semble-t-il, si ce n’était pas autre chose qu’elle avait touché en premier…
La nuit dernière, elle l’avait passé chez Tarlun. La nuit dernière, Aklatan l’avait passée dehors chez Tarlun. Mais en dépoussiérant la boîte de matériel d’écriture, il avait trouvé… Une rognure d’ongle –s’il voulait dormir au chaud de nouveau, il fallait bien qu’il rende service… enfin, il fallait tout court. « A quoi il lui sert, son coupe-ongle, à celui-là ? Il laisse des saletés partout ! Et s’il m’appelle encore la fée du logis, je… merde c’est moi qui squatte chez lui. » Aklatan déposa un sac plein de détritus devant la porte, à l’extérieur, débarassé d’un labeur que Tarlun n’aurait qu’à terminer !
« Bent tiens du logis va nettoyer l’inutile… j’en ai pas de coupe-ongle, chez moi, hop ! « dit-il en tombant sur le coupe-ongle de Tarlun, qui traînait au pied du lit.

En refermant la porte, il observa la vieille Prixie qui sortit de l’ombre pour se jeter sur le petit sac rempli d’ordures ménagères. Ses mains agiles, habituées à effectuer ce travail, qui nécessite dextérité et flair, farfouillèrent pour en extraire le butin habituel : quelques boules de poils animaux, un crâne de faisan, des pelures de fruits et de légumes, des copeaux de bois, du parchemin déchiré… et une petite rognure d’ongle. Elle regarda avec admiration cette dernière trouvaille, comme si elle avait déterré une pépite d’or. La veille se releva, et fît mine de recoiffer son chignon décrépi, puis glissa l’ongle dans sa poche avant de partir à toute jambe. Quoi de plus insignifiant qu’un morceau d’ongle ? Pas un objet mystique, ni une relique. Pourtant si. Quand la ribaude chère à Tarlun revînt chez lui pour récupérer ses affaires, elle sembla stupéfaite, puis entra dans un état de rage et de panique insoupçonnable. Aklatan la savait renfrognée, mais jusqu’à aller lui décharger sa fureur pour une rognure d’ongle écoeurante, cela dépassait l’entendement de « une chieuse me pique ma place chez moi et elle repart demain ! » En fait, il fallait comprendre l’intérêt d’une belle engueulade (pour une belle engueuleuse, il fallait l’admettre, c’est ce qui rend les choses plus vicieuses encore) :
« Comment ça un rognon miteux ? T’as entendu parler des golomüns, mon petit père ?
- J’entendrai sans doute parler de ton petit père plus tard, mais je suis bien renseigné globale…
- Ouais ! T’inquiète pas, tu vas apprendre à le connaître ! Ce bout d’ongle, c’était un ongle de golomün, que mon père gardait ! Un atout magique bien plus rare que tes poils au menton, abruti !
- Ainsi donc les enchanteurs visitent les salons de manucure pour gnomes…
- T’aggrave ton cas, là ! J’espère que ce rognon que t’as jeté aux ordures a moins de rareté que tes couilles, parce qu’il t’en faudra plusieurs paires pour t’arranger avec le propriétaire !
- Une paire par père ira très bien, merci bien, je serai ravi que tu me le présente.
- Va donc faire un tour de côté de la clairière de l’archerie, et t’iras lui expliquer ça si tu retrouve pas ce bout d’ongle ! Parce que je connais le coupable, et ce sera pas Tarlun qui devra ramasser ses dents ! »
Lorsqu’elle franchît le seuil de la porte, un renversement total se fît dans l’esprit d’Aklatan : c’était cela, l’objet magique qui conférait de la chance et du courage, que Tarlun avait emporté pour sa visite dans la vallée des ogres. Et il connaissait le propriétaire le cette affreuse relique ; le père de cette garce, c’était le maître de tir à l’arc de Tarlun et d’Aramanth. C’était pas une barrique ce type. C’est lui qui l’ingurgitait. C’était une barraque. Et autant qu’il le connaissait, l’énerver, c’était lui faire perdre la maîtrise de lui-même, mais certainement pas celle du tir. Alors lui jeter une relique ancestrale à la poubelle, c’était quelque chose de très désagréable. D’autant qu’il ne pourrait vraiment compter sur Tarlun pour le soutenir, il ne serait pas plus enchanté.

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