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 Naelgolomün : la tradition ancestrale

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Aklatan
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Date d'inscription : 04/07/2008
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Localisation : Collines de Sous-Voûte-Chêne, la maison à côté de la cascade, où un gnome taille parfois des pierres.

MessageSujet: Naelgolomün : la tradition ancestrale   Jeu 24 Déc - 17:53

Il y a bien longtemps, lorsque les premiers flocons de Broil virent parsemer le Vieux Pays, la famine sévît dans de nombreuses contrées. Outre les récoltes peu florissantes, et l’acariâtreté du froid, le gamberon, à la peau et les racines solides, avec sa quantité de graines et sa chair nourrissante vînt à manquer plus que les autres légumes, il était une des bases de l’alimentation des gens du pays.

Un jour, un petit golomün se glissa par la fenêtre d’une cabane à l’abri d’une clairière, pour échapper au blizzard qui sifflait avec écho dans les arbres ensevelis sous la neige. Le petit elfe, dont l’apparence est souvent associée à celle d’un gnome pas plus grand que le pied d’une chaise, ayant trois doigts à chaque main, d’un nez et d’oreilles allongés ainsi que de poils éparses sur son dos et autour de son ventre, s’approcha grelottant de froid de la vieille femme assise près de l’âtre qui y réchauffait ses doigts.
En apercevant la petite créature qui titubait à ses pieds, elle alla chercher quelques poignées de foin pour l’y déposer près du feu, et partagea un maigre quignon de pain qu’elle gardait en réserve.
Le lendemain, à son réveil, elle vît que le golomün était parti ; devant sa maison avait germé un petit arbre fruitier, qui, malgré le froid, offrait de beaux fruits en quantité : leur croissance équivalait à deux jours.
Les campagnes reçurent alors la visite de nombreux petits faiseurs de miracles. La générosité des gens était remerciée par le cadeau de ces créatures, qui s’aventuraient près des foyers pour jeter quelques graines magiques dans la terre, qui donneraient le lendemain de quoi rassasier les affamés. Parfois ils venaient se réchauffer à la lumière d’une bougie, ou simplement dans le confort d’une braise dont la respiration luisante avait le don de calmer la peur et la douleur. D’autres, des habitants cédaient un peu de croûton aux petits elfes ; ils se voyaient toujours récompensés par un arbre aux fruits revigorants, au cœur de cette rigoureuse saison.
L’offrande la plus couramment faite, qui s’avérait être souvent une prière aux golomüns, était une pomme de pin imprégnée de sève ou d’huile de fleur, accrochée aux branches d’un sapin.
Le golomün se nourrissant de pomme de pin, il récupérait l’offrande aussitôt, et en cédait une autre en remerciement aux généreux qui lui réclamaient son aide.
On parla alors de présence divine, de magie bienfaisante, et au fil des semaines, la famine régressa visiblement, malgré le froid qui se faisait plus sévère de jour en jour.

Mais une rumeur vînt crier à la sorcellerie dans les bourgs, et d’actes démoniaques qui se multipliaient pour envoûter les pauvres gens, saisir leur faim pour séduire leur vanité et les faire disciples du démon, les empoisonner à petit feu par des fruits mystiques, jeter une terrible épidémie…
Ainsi le prince envoya des chasseurs débarrasser le pays de ces étranges créatures, auxquelles les souverains n’attachaient qu’une œuvre de sorcellerie abjecte, les percevant comme sortis de la gueule ténébreuse de Broil.
Mais ils faillirent à porter atteinte aux golomüns : ceux-ci avaient perçu l’approche de la menace, et s’étaient réfugiés dans la forêt, en se dissimulant dans les profonds branchages des sapins et des eulènes (dont les épines épaisses se changent en bois vers la saison d’Estuail).

On ne revît jamais les golomüns depuis lors. On dit qu’au fur et à mesure que repartaient les créatures, le vent avait retrouvé un ton glacial et lugubre, déchargé de l’aura tiède et des scintillements imperceptibles qui emplissaient l’air lors de la venue des golomüns. Selon les habitants du pays, c’était « comme si les arbres avaient cessé de danser d’un coup pour s’endormir à nouveau ».
Certaines histoires circulent encore cependant, évoquant des rencontres avec des êtres semblables, qui se terreraient sous les arbres au cœur de bois profonds au sommet des montagnes ou des collines venteuses.
Les graines d’arbres magiques furent maintes fois utilisées pour tenter de produire de nouveau ces arbres miraculeux après l’éclipse des créatures, mais la plante ne semblait pouvoir prendre vie qu’en étant jeté de la main d’un golomün.
La famine prît fin heureusement, écourtée par la venue des étranges petits elfes, qui furent contraints de repartir à cause de l’amère réticence des hommes, sans jamais reparaître à leurs yeux.

Cette période marqua la population pour des générations, c’en devint presque une légende, qui s’imprégna dans la tradition : la fête de Naelgolomün est célébrée tous les ans de puis cette saison mystérieuse de Broil, enfouie dans le secret des âges.
Naelgolomün, de l’ancien langage, qui signifie « Le présent des golomüns », est appelée parfois de façon triviale la fête du Sapin des gnomes, ou de façon très populaire et narquoise Gnoël, en regroupant le terme « gnome » et « nael » (cela connote aussi l’espèce des gnolls, un animal des falaises en voie de disparition dans les pays de l’ouest).
Elle célèbre l’aide miraculeuse des golomüns, qui ont permis de mettre fin à la famine, ainsi que le partage et la générosité dont ils ont fait preuve, pour en inspirer les hommes, ralliés par la souffrance et la misère. Naelgolomün est devenue la fête la plus conviviale qui soit, symbole d’échange, de partage, de sympathie, et notamment de paix. Car si la fête du Sapin des gnomes met fin à l’année sous la neuvième pleine lune, c’est à la fois pour commémorer la nature qui s’endort une nouvelle fois, pour un nouveau départ : sommeil et nouveau départ associés également à l’évanouissement des golomüns après leur passage bienfaisant, et à l’espoir nouveau qui naissait au sein de la communauté arrachée à un grand mal, pour reprendre le cours de la vie malgré les blessures du passé. Par-dessus tout, le symbole de paix qui illumine la fête de Naelgolomün est l’appel à la paix lancé pour l’année à venir, dans la lumière de la dernière lune, pour prospérer dans l’entente et le partage de chacun.

La tradition est restée plus ou moins semblable à l’origine au fil des siècles. Dans chaque foyer un dresse un arbre commémoratif du présent des golomüns, il s’agit le plus souvent d’un sapin – jamais d’un eulène, qui ne peut ni être coupé ni déraciné - pour rappeler l’ombre protectrice qu’ils accordèrent aux créatures menacés par le courroux des hommes, et également parce que c’est la seule espèce d’arbre qui garde sa parure verdoyante à la venue du froid. Cet arbre est décoré, en souvenir des pommes de pin offertes aux créatures ; les ornements de pommes de pins ont tendance à se transformer en des boules de verre ou colorées, parfois des pièces, des pierres précieuses, et même parfois des cadeaux accrochés à même les branches. La tradition des cadeaux reste indissociable de cette fête, symbole de générosité et de partage, faisant allusion aux fruits que récoltaient les gens qui recevaient le don des golomüns, et à ceux qu’eux-mêmes faisaient en remerciement.
Au sein des foyers, ou dans des salles de banquet, un grand feu est allumé dans la cheminée, l’arbre de fête est dressé en même temps qu’une table bien garnie, qui fait honneur à l’animal rôti –qui dépend du pays de célébration : le Vieux Pays fait rôtir un paon, la Govorie, un sanglier – servi avec le légume emblématique qu’est le gamberon (dont la couleur violette, une fois cuit, décore magnifiquement le plat sur la chair roussie de la bête).

Des spectacles sont très souvent organisés en l’honneur de la fête (le Vieux Pays laisse place à des œuvres qui se rattachent plus souvent aux golomüns que d’autres régions, entre autres) ; les danses et la musique continuent jusqu’au bout de la nuit. Les communautés qui vouent un aspect religieux plus prononcé que d’autres à la célébration prient et festoient en pensant aux victimes des famines, des guerres et des maladies ; mais au final, toutes lancent un message de paix lors de ce dernier jour de l’année, et beaucoup lancent une prière à la lune, qui enclenche un nouveau cycle, pour formuler leurs espérances et leurs vœux.

Les vœux occupent d’ailleurs une place importante dans le déroulement de la fête ; quand on ne les adresse pas aux dieux ou à la lune, un rituel s’ajoute pour organiser une récolte de voeux, tous rédigés sur un bout de parchemin, et déposés sur le sapin.
Ces vœux sont souvent posés dès l’installation de sapins pour préparer la fête, ils sont placés dans les branches par qui le désire sur n’importe quel arbre n’importe quand. Ce n’est que la nuit du 27 d’Ulsu-don, dernier jour de Broil et de l’année, que les petits bouts de parchemin sont collectés par une entité mystérieuse, qui exauce la plupart des vœux formulés. C’est ce que veut le folklore de la célébration de Naelgolomün, néanmoins, chaque année, les vœux accrochés à l’arbre disparaissent tous autant qu’ils sont en une nuit : certains préfèrent croire qu’il s’agit du vent qui a l’habitude de souffler fort en cette saison, même si rares sont les parchemins que l’on retrouve dispersés par l’air, parfois on dit que les rêves des gens permettent d’intérioriser leurs souhaits, pour les amener spirituellement à les exaucer ; la conception d’un être du ciel qui cueillerait les vœux de chacun en inspire plus d’un, mais le mystère reste complet, ce qui ne finit pas d’enjoliver la magie de la célébration. Mais les vœux ne peuvent être récoltés que lorsque plus personne n’est là pour les voir, cela n’arrive pas tout le temps, mais il est préférable que les gens dorment pour que le charme fasse son œuvre.

L’échange de présents se situe au cœur de la tradition (même si il a tendance à devenir très commercial au niveau des bourgs ; la tradition s’y étend –quoi qu’ils se montraient moins touchés par la famine que dans les campagnes – grâce aux commerçants qui n’y voient là qu’un intérêt pour vendre leurs produits avec un prétexte valable) ; il peut se faire n’importe quand, au milieu d’une danse, du repas de soirée, mais la tradition veut surtout que les cadeaux soient déposés au pied du sapin, pour qu’ils soient ouverts à minuit en célébrant la nouvelle année, et la fin de la précédente, ou bien aussi le matin au réveil, mais cela relève d’un autre mythe. En effet, on peut apercevoir, la nuit de Naelgolomün, un être à grande barbe blanche, habillé d’un ample manteau et d’un bonnet de peau (son accoutrement varie en fonction des années, il peut être aussi décrépi que magnifiquement décoré), qui survole dans un traîneau tiré par des lanquins volants (des animaux des forêts à la fourrure et aux cornes épaisses) les habitations, les villages, même les montagnes, pour distribuer multitude de présents et apporter la joie.
A l’origine, ce personnage, surnommé le Charitétoile (pour signifier « la charité qui vient des étoiles », ou bien Père des pins, Père Gnoël, ou tout simplement Poupin, par ceux qui ont eu la chance de lui chercher des malheurs (le Troubadour Aklatan a failli faire le ganache, la dernière fois), apportait des présents aux enfants les plus démunis, en les déposant près de leurs souliers (la tradition évoluant a admis que même les bottes les plus nauséabondes se retrouvaient avec un cadeau très chaleureux). Le Père Charitétoile est entré dans les mœurs de la fête, bien qu’il occupe une des places différentes selon les cultures de différents pays ; malgré cela les fêtards qui dansaient toute la nuit près de la table de banquet et de la cheminée en échangeant des cadeaux avec la communauté découvraient parfois un présent déposé pour eux devant leur âtre ou leurs bottines. Quoi qu’il en soit, il est apparent que le Père Gnoël revient tous les ans dans l’éclat de la fête ; quand il ne se faufile pas par la cheminée pour distribuer des présents en secret, c’est par bien d’autres moyens, qui sont aussi mystérieux et surprenants que l’identité de ce bon vieux père, qui, en tout être étrange qui accepte volontiers de boire un pot quand il a le temps, serait âgé de plusieurs centaines d’années et viendrait d’on ne sait quel terre nordique, ou bien d’une étoile perdue dans l’infini du ciel.

Naelgolomün est sans doute un des fêtes les plus répandues sur le continent, si bien que son influence a été étendue quelques siècles auparavant plusieurs pays à l’est de Galéa, tels que L’arc Océanique, Shalaand, et Aquilonnia.

Et si bien de la cruauté, de la trahison, de la famine, de la guerre, et autre vices se sont déchaînés et sont prêt à éclater de nouveau à l’avenir, c’est sans compter les moments de partage, de compassion, d’humanité et de paix qui prennent place au sein des individus du monde entier, qui croient en l’ardeur qu’apporte le souvenir de la générosité et du soutien de cette lointaine saison de Broil. Et c’est pourquoi Naelgolomün est célébrée avec autant de félicité, lorsque le houx, les couronnes de gui et les rubans viennent décorer les villages et les villes, en accompagnant les lumières étincelantes et les barriques de chouchenn revigorant, pour réchauffer les cœurs autour de l’âtre, et d’une bonne côtelette de sanglier nappée de miel !

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