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 Fragments du rêve 2 - L'un en l'autre

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Aklatan
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MessageSujet: Fragments du rêve 2 - L'un en l'autre   Mer 21 Oct - 16:38

Les lacs faisaient scintiller leurs premiers reflets d'espoir au loin : au bout de la plaine sans fin, un autre territoire s'étendait, leur terre natale. La colline imposait une dernière marche, au delà il ne restait qu'à glisser jusqu'en bas pour fouler le sol revigorant de la liberté. Une main hardie se posa sur son épaule.
"On a réussi, mon frère ! On est chez nous !" dit-il à son compagnon les yeux luisants de larmes. Il montrait du doigts les collines vertes qui s'élevaient au loin, où l'eau pure s'écoulait délicieusement au coeur de la vallée.
" C'en est fini de la soif et de l'abandon ! Regarde, la terre de l'espérance ! Ah, il n'y a pas de plus beau mot pour signifier ce pays béni !" Il semblait que la terre chaude et sèche avait transformée son aigreur étouffante en un souffle de vie, dont le flux commençait à se répandre dans son corps avec un éclat magnifique. Il posa un genoux au sol, les yeux scrutant les montagnes qu'il aimait tant, puis y renonça pour se tenir debout, paré à clore leur terrible odyssée.
Son compagnon tremblait, de jambes jusqu'aux lèvres, son visage radieux préparait la délivrance de larmes de joie. Il balaya la poussière du pied d'un geste leste et plein de rancoeur, dominé par son émotion ; il en avait assez de ce désert, à présent c'était fini.
"Tu verras, quand l'eau claire de nos ruisseaux rafraîchira notre gorge, et que le fumet de nos festins réveillera nos sens, notre retour s'incarnera dans notre coeur ! On a réussi !" Continua-t-il sur le même air émerveillé. Répondant au sourire ému de son confrère, il l'enlaça avec soulagement, le serrant contre son coeur apaisé. Son compagnon ne pouvait relâcher l'étreinte qui unissait leurs deux âmes, en parfaite communion, ses mains tremblantes caressèrent son dos, et saisissant son épée, l'enfonça au travers de son ventre. Aussi loin que que sa chair et ses os laissaient la lame glaciale glisser, il déchira son corps de l'intérieur, enfonçant de plus loin qu'il pût, jusqu'au travers du dos, dont la surface rugueuse se fendît.
Il sentît sa main caressante se recouvrir du sang chaud de son compagnon, et en recueillir toute la lumière. Celle-ci semblait s'écouler de son refuge fraîchement reconstruit, en aspirant toute émotion, si bien que les soupirs de soulagements qui murmuraient à ses oreilles se changèrent en suffoquements haletants, les tremblements pleins d'espoir qui embaumaient son étreinte devînrent des convulsions insipides... et cette épaule qui avait senti le contact du premier battement de l'émerveillement ruissellait du sang noir que recrachait son confrère.
Il retira son épée avec douceur, elle s'était rassasiée elle aussi de l'émotion brûlante de l'être nouveau, devenue lame en fusion. Il parla, le coeur toujours bouleversé :
"Bienvenue dans les limbes."

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Aklatan
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MessageSujet: Re: Fragments du rêve 2 - L'un en l'autre   Mar 27 Oct - 10:27

L'amante

Le feu était juste assez doux pour mettre les légumes à cuire. Elle ouvrît le couvercle de la marmite, et les y plongea dans l'eau fumante. Son amant entoura ses bras autour de sa taille, pour la serrer doucement, tandis qu'elle se laissait bercer contre lui. Leur lune de miel venait de se terminer, et l'instant était au repos des amoureux, dans leur nouveau foyer.
Il s'allongea sur le lit, et elle se coucha sur lui pour l'embrasser tendrement. Dans la lumière tiède et douillette de la maisonnée, alors que le crépuscule abaissait sa lanterne au loin, les deux amants partageaient un nouvel instant de douceur, et rêvaient à leur futur, à l'arrivée d'enfants au sein de leur foyer, de l'accomplissement d'un bonheur dont ils voyaient le sourire se dessiner au fond des yeux de chacun, en se regardant l'un l'autre.
Elle revenait de temps en temps surveiller la cuisson des légumes dans la marmite, et retournait dans les bras de son amant, pour échanger de nouveaux baisers, lui sur la couchette, le visage apaisé, elle assie contre le lit, le regard perdu au loin au écoutant ses murmures.
Il s'approcha de sa joue avec tendresse, elle détourna son visage pour l'embrasser à nouveau. Elle chuchota avec calme, tout en entourant les épaules de l'être aimé de son bras caressant. Ils s'échangèrent de nouveaux baisers, tandis qu'elle aposa sa main sur son cou; il sentît alors qu'elle le désirait avec passion.
Lui sourît à ce moment, elle y répondît en riant de joie, puis elle tira sur son cou, elle le serra et le tourna, tira encore, plus fermement, elle tenta d'approcher son visage du sien tout en repoussant les épaules de son amant avec ses pieds. Elle tira, et parvînt à faire faire un tour à ce visage grimaçant, puis à séparer cette tête des épaules, jusqu'à ce qu'elle cesse de rire.
Elle regarda le corps décapité de son amant, puis sa tête dont les lèvres paraissaient trembler infimement, en dernier lieu elle surveilla du regard la marmite fumante dans la cheminée. Elle rît de plus belle.[u]

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MessageSujet: Re: Fragments du rêve 2 - L'un en l'autre   Mar 27 Oct - 13:04

"Ca t'inspire la chasse au raton?" Cria-t-il depuis le flanc de la colline. J'ouvris la fenêtre de la tour et y faufilai ma tête, pour observer Xulus, un arc à la main, carquois et lame harnachés, équipé intégralement Le jour était frais, et la fécondité de Foil ouvrait ses bras fleuris aux vivants que la cueillette et la chasse inspiraient dès les premiers jours de la saison. Comment refuser une telle proposition par une telle journée ?
Je n'aurais pour rien au monde refusé une expédition avec Xulus. Rien ne l'arrêtait, même lorsque toute notre compagnie avait pris congé loin de la région de ses confrères, celui là était de ceux que dont le moindre parfum anime l'enthousiasme et la vigueur. Je me hâtai d'emporter mon équipement, et de rejoindre mon compagnon,
il me semblait alors que les bons moments passés ensemble et ceux à venir ne verront jamais de fin.
Ainsi nous passâmes la journée dans la forêt profonde et paisible, où un chasse-et-cours perpétuel ryhtmait chacunes de nos heures. Nous dormîmes au bord d'un ruisseau, avant de rendre visite à un village où nous simulâmes un duel dans la rue commerçante, avant de s'évader dans les collines, pour ensuite suivre la pistes d'ongles de gobelins pachydermes. Une expédition qu'on oublie rarement.
Nous avions allumé un feu de camp, et la nuit commençait à tomber sue le vallon. Nous étions adossé contre un arbre, au milieu des feuilles mortes et des branchages séchés, véritable labyrinthe pour les insectes habitant le plancher de ces bois. C'était la première fois que je mangeais de l'écurellard, pauvre bête que de tomber sur nous, curieux faméliques, cours-la-proie très joueurs.
Xulus me racontait comment son cousin s'était fracturé le menton en chevauchant un crapaud des tourbières, en heurtant une branche du fait d'un bondissement mal cadencé. Il regardait la flamme griller sa brochette, et moi deux scintillements intriguant dans les brousailles juste devant nous. Sans m'offusquer je continuai d'écouter son récit, tandis qu'un animal aussi aggressif que véloce courrût vers nous aussitôt, les crocs saillants, pour se jeter sur Xulus, stupéfait et inaverti. La bête lui déchira le flanc dans son envol, c'est à ce moment que je saisît de ma hache pour abattre le fauve d'un coup leste dans la gorge. Je tombai à la renverse, trop effarouché pour réagir. J'observai l'animal qui se vidait de son sang dans un ultime grognement plaintif, et d'autre part mon compagnon sévèrement touché, dont la main s'agitait dans ma direction, appelant à l'aide. Une étrange nausée s'empara de moi, le souffle rauque de la bête meurtrie battait la mesure avec mon poul qui cognait de part et d'autre de mon crâne. Ce grognement devenait presque une voix, elle sintercala sur celle de Xulus qui murmurait "aide-moi" sans s'arrêter.
Cette voix hétérogène qui paraissait grandir en écho dans la caverne croulante de ma tête formait des mots, en alternant l'appel de mon ami avec la plainte de la bête
"Aide-moi...
-"Manger...
-"Aide-moi...
"Mange-le...
-...moi...
-Mange...
-moi...
-Mange...
-moi..."

L'écho devenait frénétique et oppressant, et ma tête devenait aussi lourde que si elle avait été prise au piège d'un carcan. Mon regard se dirigea sur Xulus, dont le corps chaud et couvert d'un coulis sanguin semblait lutter contre la douleur; ses muscles ne tarderaient pas à durcir si sa respiration restait si haletante. Je ne voulais pas obéir à cet écho étrange qui tourmentait mon esprit qui semblait submergé d'une fièvre écrasante. Chaque répétition de ces deux mots me donnait la sensation brûlante d'un coup de fouet, infligé en même temps sur chaque partie de mon corps... et chaque pierre de la grotte sans fond de mon cerveau, et de mon coeur, qui semblaient pourrir.
Xulus lançait vers moi un regard inquiet mais rassuré, lorsque je m'approchai de lui. Celui-ci devînt tout autre alors que je plongeai ma main au plus profond de sa plaie, pour l'écarter, l'approfondir, la traverser. Je ne savais si il y avait des larmes dans ses yeux grands ouvertes qui me dévisageaient, mais sans doute pouvait-il en voir dans les miens, alors qu'une faim indescriptible guidait mes bras se recouvrant des entrailles de mon compagnon, que je vidais de l'intérieur de mes propres mains. Je voulais à tout prix exploser de rage et passer ma lame au travers de mon corps rien qu'à la vision de mon acte, mais il m'étais impossible d'y mettre fin : je ne pouvais m'arrêter, et j'en étais conscient. J'ouvris son ventre et y faufilai ma tête, pour arracher la chair et les tripes de mon compagnon avec mes ongles et mes dents le dévorer intégralement.

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