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 De retour en rentrée pour les... le Troubadour

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Aklatan
Capitaine des Plaines
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Date d'inscription : 04/07/2008
Age : 105
Localisation : Collines de Sous-Voûte-Chêne, la maison à côté de la cascade, où un gnome taille parfois des pierres.

MessageSujet: De retour en rentrée pour les... le Troubadour   Mer 2 Sep - 21:04

Un ciel de grisaille décorait le tableau du monde ce jour-là. Rien n'était aussi calme que la verdure, qui se reposait des ballades en forêt des voyageurs et de la triviale chaleur qui avait illuminé cette saison de Cenel.
Désormais il fallait aux jeunes "érudits" s'en retourner à leur recherche de savoir... le grand château pompeux les attendait. Un énorme bâtiment de pierre aux milliers de halls et de salles en tous genres, qui enfonçait plus profondément les forcen... participants sous le joug du vicieux emprisonnement plus que celui du captivant apprentissage. Certains poètes appelaient ce système la "machine masquée".
A plusieurs dizaines de mètres du pont levis, où bon nombre de personnes s'étaient réunis pour attendre l'ouverture de la porte - qui venait de se faire - un Troubadour regardait les moutons dans un enclos d'un air songeur. Il ne remarqua pas immédiatement le magicien en robe ample, portant lunettes et moustache qui s'approchait de lui à grand pas. Celui-ci lui adressa alors :
"Eh bien, messire Aklatan, toujours récalcitrant ?
- Mmmmh? ... Ah, oui salutations... Non, non, ce n'est pas de mon ressort de vous ennuyer, cette année.
- Mais il est évident que par l'inévitable fait témoignant de la nouvelle faisant que l'acte justifié manifeste que la porte est ouverte depuis longtemps déjà !
- Elle va encore rester fermée cette année ?
- Oui, sans exception !
- Eh bien, il est temps...
- Je ne vous le fais pas dire !
-*ben heureusement que tu me fais jamais dire des trucs...*" étouffa-t-il.
-" Qu'avez-vous dis ? Marchez devant moi !
- Euh... Qu'est-ce que vous faisiez avant, comme... trucs ?
- Des trucs ? Figurez-vous qu'une longue et passionnante étude des grands végétaux m'a permis de m'informer au mieux sur les croupissants comme vous !
- Croupissants ?" rétorqua-t-il. "Autrement que de mettre les pieds dans ce... que d'étudier au sein de cette grâcieuse académie, je me ballade comme je peux ! Que faisiez-vous à mon âge ?
- Mais ce que chacun se doit de faire ici afin de réussir dans la société, d'améliroer la vie citadaine, et d'entrer dans le flux stratégique des entreprises, des commerces, afin de se construire une vie mondaine correcte et gratifiante ! J'étudiais longuement afin d'y parvenir, et j'ai réussi figurez-vous !
- Je voyais pas ça comme ça... c'est parce que vous êtes pas un bon exemple...
- Comment ça ? Voulez-vous que je pétrifie les mains pour la semaine ..?
- Non non non, ce que je voulais dire c'est que... vous n'êtez pas un bon exemple pour ce qui est de parler de... de prendre l'air, tout ça...
- Je connais la composition de l'air mieux que vous, il n'est pas bon d'en prendre trop ; avancez avant qu'on referme la porte !"
Et la lourde porte de bois se referma derrière eux. Aklatan s'arracha au griffes du viel enseignant, pour prendre la direction de sa classe, au hasard des couloirs.
Après plusieurs minutes d'errance il ne rencontra plus personnes. Un echo sourd encadrait le silence terne qui prenait place. Les fenêtres laissaient entrer une agréable lumière blanche, qui se faufilaient en rayons veloutés le long du couloir. Première fenêtre, premiers rayons, deuxième fenêtre, d'autres rayons, troisième... une fiflette. Un bourdon squelettique aux yeux brillants, qui s'agitait dans la lumière, virevoltant avec candeur devant la fenêtre. Aklatan ignorait où se trouvait sa classe (qu'il devrait rejoindre pour être... "classifié", comme les dossiers de tiroirs), mais surtout détourner son regard sur le mur de droite pour y suivre les indications le fatiguait. Ses choix ne se limitaient plus qu'à marcher péniblement dans un labyrinthe sans fin, ou bien suivre cette fiflette qui pourrait sans dote lui indiquer le chemin.
Aklatan se laissa guider par le bourdonnement paisible - qui lui rappelait le retentissement d'une corde de harpe lorsqu'un ongle inattentif la chatouille - et le l'envol vindicatif de l'insecte, qui s'éloignait dans le couloir ; il cherchait probablement une issue, pour Aklatan, cela aurait fait aussi bien l'affaire.

Lorsqu'il arriva à l'escalier, des voix se fîrent entendre. Des paroles échangées qui s'approchaient, semblant descendre les marches, et mencant d'apparaître à tout instant. Aklatan attrapa la fiflette fermement entre ses doigts, et se précipita à l'autre bout du couloir, en gardant une concentration terrible afin de faire le moins de bruit possible. Ce ne fût que lorsqu'il entra dans l'aile nord, en dépassant le hall désert, qu'il remarqua qu'il pouvait s'enfuir à toute volée, de toute façon il portait les bottes en cuir empruntées" - pour une durée indéterminée - à Oxys, qui ne laissait échapper aucun son.
Il testa alors ses compétences de discrétion en faisant le tour du château sans tomber nez à nez avec les surveillants ou enseignants qui circulaient par moment. Embusqué derrière les portes, adossé contre un mur ou une colonne et paré à bondir vers la plus proche issue, fiflette en main, il avait tous les attraits stupéfiants et majestueux d'un ... parfait abruti.
Il fallait que quelque nouvelle apparence ralentisse sa course soudainement : il arriva devant la quatrième salle de musique. La plus miteuse, certes, mais elle était vide. Il se rappela alors les paroles de Tarlun, en revoyant toute sa vie défiler devant ses yeux cernés :
***"Ta gueule Aklatan ! Tu joue pour une répét de Troubadour, pour un concert dans les rues du village, quand un arc en ciel surplombe le ciel forestier... Mais pas quand on discute en pleine réunion ! Attends d'être tout seul !"***......."Tout seul"...."Touseul..."Seul...seu..." Que voilà un bel echo encourageant.

En effet il était seul. Ou presque, son invité pourrait l'écouter gratouiller ! Il appuya sur la poignée, mais trouva évidemment la porte close. Tel un téméraire corniaud, il glissa son doigt dans la serrure... et s'y déchira un ongle. En le voulant retirer la rognure pointue se bloqua, et activa le mécanisme de la porte.
"Eh, génial, il faut que je file le truc à Oxys. Pas à Sermias il va se les ronger..."
En contemplant les contrebasses, le clavecin, les flûtes et les tambourins, il eût du mal à se contenir de les essayer. En s'approchant d'un violoncelle, il appuya sur une corde... puis l'instrument se mît à trembler, une vibration qui paraissait très inhabituelle. Le violoncelle cria d'une voix grave et irritée :
"Bordel ! On a dit qu'on dormait ! C'est pas possible cette histoire, on était peinards !" Le Troubadour fît un saut en arrière, et frôla une contrebasse, et qui hurla plus fort encore :
"Bouhaha... Assez, j'ai mal aux mécaniques, je veux roupiller ! Maman, maman !!!" A son appel un énorme tambourin sonna le glas en se jetant au sol, pour y enchaîner des bonds d'une brutalité aussi sonore qu'alarmante ; un rythme cliquettant très grave retentît plus fort encore que les voix effarouchées des cordes.
Aklatan ne perdît pas une seconde pour se sauver, il traversa une nouvelle suite de couloirs, puis décida de trouver refuge dans une vieille armoire... et attendît.
" Enfin tranquille ! Manquerait plus que je me fasse choper alors que c'est moi qui venais les emmerder dans leur propre domaine !" marmonna-t-il au fond du meuble poussiéreux.
"Ils nous auront pas, nooon..." susurra-t-il à l'insecte qui ne cessait de s'agiter sous ses doigts moites.
Il resta plusieurs deoctodiex dans l'armoire, où il ne parvenait à trouver le sommeil à cause de l'inconfort apporté par les clous saillants et l'humidité étouffante qui régnait. Mais aussi sans doute par les débris de bois crissants dans lesquels il s'était blottis. L'idée de revoir la lumière lui vînt à l'esprit.
"Ils doivent tous être partis bouffer leur graissoir gerbos, j'ai le temps de me tirer... il va falloir être agile !" En faisant un pas à l'extérieur, un craquement intriguant suivi d'un bruit chaotique résonna dans l'espace clos de l'armoire avant de se déverser par terre. Malgré ses précieuses bottes, il lui était impossible de passer inaperçu : les monceaux qui strillaient le fond de l'armoire n'étaient pas de bois, mais d'os.
Aklatan jeta un regard éffaré vers le tournant, où il vit une meute de gardiens le montrer du doigt. Sa réaction fût immédiate... et la poursuite commença.

Dans ce dédale sans nom qu'était le château d'enseignement, aucun repère ne permettait au Troubadour d'entrevoir l'ombre d'une chance d'issue. C'était seulement la chance qui lui permettrait l'ombre d'une issue. Peut-être avait-il fait trois fois le tour du bâtiment avant d'en arriver là, mais une fois quatre gardiens aux trousses, il ne pouvait espérer meilleure sortie : la sortie.
La grande porte, la grande cour, la porte d'entrée. En élançant ses jambes plus loin qu'il ne les y préparait, il contourna chaque mur en manquant de leur rentrer dedans -tant que ce n'était pas un professeur - puis il se jeta sur la porte pour l'ouvrir péniblement dans un grincement effrayant. Un frisson brûlant caressa son dos en observant la cour : elle était bondée; l'heure du repas suivait son cours, en effet ; c'était pourquoi la porte d'entrée était ouverte.
Le Troubadour voyait la porte s'approcher un peu plus, alors qu'il entendait crier dans son dos :
"Fermez la porte ! Au fuyard ! Sorciers, à vos entraves ! Et fermez cette ****** de porte !"
La porte s'en allait mettre fin à son bâillement : ses battants s'apprêtaient à se rejoindre, tandis qu'il n'était plus qu'à courte distance. Une jointure fine se dessina à sa vision, il plongea entre les deux battants, si bien qu'il pût s'assurer que le fer avait toujours sa saveur acide en frôlant les rebords... enfin il gagna la clé des champs. Ce qui ne l'empêcha pas de continuer sur sa lancée, la langue presque pendante, et les poigs bien fermés. Il s'attendait à entendre un grondement vengeur s'évader du bâtiemtn comme la plainte d'un démon auquel aurait échappé sa proie... mais les Troubadours aiment les histoires fantastiques, même un peu trop, semblerait-il.

Sans doute ne lui restait-il plus qu'à se cacher entre les épines d'un sapin au milieu de la plaine en attendant la fin de la journée ; mais pour le moment il jetait un regard fort satisfait sur l'immonde château de pierre dont la seule vision lui faisait retenir une précise définition du mot "bagne".
Il songea finalement à la petite fiflette, qu'il préféra se vanter d'avoir libéré avec plutôt que de se considérer comme un crétin de fuyard. Il leva le poing en sermonnant haut et fort, vers l'horizon pur de la plaine verdoyante :
"Ainsi je te rends la liberté, fidèle espoir de mon âme, puisse-tu porter secours à d'autres infortunés qui auront besoin de..."


Fallait pas serrer le poing si fort, aussi.

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