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 Les contes de la Citrouille Balafrée - Le drame végétal

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Aklatan
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Date d'inscription : 04/07/2008
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Localisation : Collines de Sous-Voûte-Chêne, la maison à côté de la cascade, où un gnome taille parfois des pierres.

MessageSujet: Les contes de la Citrouille Balafrée - Le drame végétal   Dim 24 Mai - 15:21

Vivait un Drök qui adorait les légumes.
Ce vieux Drök habitait en bord de mer, et possédait une plantation impressionnante de végétaux : tous les légumes du potager y poussaient, même les plus exotiques, même les navets (vous rendez-vous compte ?).
Ainsi il passait des journées entières à chérir ses légumes ; il les arrosait avec une eau légèrement froide qu'il mélangeait parfois avec son urine pour offrir un maximum de minéraux, il les munissait de pare-soleils lors de jours très chauds et ensoleillés, et surtout il ne les récoltait pas. Quel crime ce serait si il arrachait ses légumes à leur source de vie et d'épanouissement ! Il les faisait grandir, et pleurait à chaudes larmes lorsqu''ils venaient à mourir, et les enterrait dans un gros tas d'excréments, symbole d'engrais et de nature végétale ; ainsi il procédait à une quinzaine d'nterrements par trimestre ; ainsi ce Drök se passait de chiottes, dans sa cahute perdue.

Vous avez remarqué comme c'est chiant une histoire sans élément perturbateur. Si il n'y en a pas c'est pas une histoire. Mais cet élément on le voit toujours arriver, il est introduit par l'imparfait (ou autre temps du récit de décor), puis laisse place au passé simple (ou un temps de déroulement achevé, pour créer une rupture). Y a que dans mes histoires qu'on arrive à ne pas trouver d'élément perturbateur, c'est pathétique. Dans les carnets de bord de Tarlun aussi : "87ème jour : aucune réunion à l'horizon".
Mais je m'égard et je vous effraie sans doute, car cette histoire comporte une élément perturbateur, il y a même des péripéties (comme on le dit si bien) ! Par contre je ne crois pas vraiment en la fin... peut-être si vous êtes sages...

Un jour un terrifiant orage vînt à terrasser les terrasses (dôbeul) du vieux Drök (et si on l'appelait Gégé ? Ca fait couillon et ça fait comme "végétal" ! Non laissez tomber...). Ce fût dramatique car les plantations du vieux fûrent vagées, ravagées, et ras-le-bol. Il avait tout perdu. Comme autant de larmes qui ruisselaient sans fin au coeur des chutes torrentielles de son visage torturé (c'est lourd comme phrase, tenez bon), ses légumes n'était que mutilations, horreur, mort, glas et mors a mors(R).
Il tomba donc dans la déprime, le désespoir, le coeur meurtri par la faux impitoyable de l'oeil, l'oeil du cyclone, l'oeil du Mordor, l'oeillade perverse, l'oeil à Dan-Lochers, qui lui avait arrché le fruit de son travail, le centre de son attention, l'étoile de ses désirs.
Il se mît à fréquenter les vices les plus obscurs, l'esprit anesthésié par la brume de la débauche : il goûta le jus de FRUIT dans les pires tavernes de village, se fritta avec des gueux irascibles à cause desquels il faillît finir aux oubliettes, en ayant maintenu que la tomate n'était pas un légume mais bien un fruit. Il devînt presque fou, l'âme lentement balayée par un espoir dissous (comme quoi c'est pas trop cher. P-paye ton espoir).
Puis vînt le jour où il essaya de rebâtir sa vie (vous voyez même lui il peut se le payer) : il se maria. C'est grâce à sa charmante épouse qu'il réussit à retrouver force et vigueur. Elle était magnifique, de par sa fraîcheur de vivre, son teint plein de vivacité et sa peau douce...
Le vieux Drôk un nouveau jour voulût avoir des enfants, en effet il n'aurait espéré pareil bonheur que celui-là. Afin de l'aider dans sa dure tâche, il acheta trois haricots à un certain Jack (qui lui dit que le résultat serait magique). Il se servît des haricots en les donnant à sa femme : elle ne survécût point. Qui aurait cru qu'un telle chose puisse lui sortir du bide en une nuit ? Une tige immense sortait du ventre de son épouse et se perdait dans l'infini du ciel. C'en était fini à présent.

Finalement, le vieux s'enquît d'exaucer son voeu, et celui de son épouse. Il s'arrangea pour s'enterrer avec elle. Seulement lui n'était pas mort. Et puis elle c'était une aubergine ( je vous l'avais pas dit? Ben c'est fait comme ça). Renonçant à toute morale et toute marque de reconnaissance pour la vie ingrate qui l'avait vu dépérir, le vieux se mît à l'ouvrage... d'une soupe.
Il réalisa alors le sacrilège suprême, il hacha des légumes, négligeant toute douleur intérieure, tout cri de souffrance ancestrale retentissant des racines de la terre jusqu'au sommet du haricot géant, et les plongea dans l'eau chaude. Il fît une soupe.
Le vieux s'attabla et mangea la soupe. Il tomba la tête dans la soupe. Il s'étouffa dans la soupe.

Voici l'histoire terrible du vieux Drök dont l'amour pour les légumes était un amour impossible (excusez-moi je... j'ai un grain de sel dans l'oeil...).
Mais qu'est devenu le petit Jack avec son haricot ? Vous le saurez très bientôt, c'est une autre histoire...

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