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 La nuit de Gnoël racontée par la Citrouille Balafrée

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Aklatan
Capitaine des Plaines
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Messages : 483
Date d'inscription : 04/07/2008
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Localisation : Collines de Sous-Voûte-Chêne, la maison à côté de la cascade, où un gnome taille parfois des pierres.

MessageSujet: La nuit de Gnoël racontée par la Citrouille Balafrée   Jeu 25 Déc - 0:48

Ca y est. Les fêtes sont de retour. Des couronnes de houx dotées de rubans soyeux aussi rouge que le fruit des buissons qui te colle la chiasse sont réapparrus sur les portes de chaque maisonnée, et l'immense sapin de Gnoël enguirlandée et luisant s'est à nouveau imposé sur la place des Hautes plaines.
Il y a quelques heures encore, bien des enfants jouaient avec les reste de neige de la semaine passée, qui avait enseveli sous un linceuil d'argent une grande partie des Hautes-Plaines. Mais à présent, en cette soirée festive, en cette nuit de charme et de merveilles, un vent glacé soufflait sur les toits. La nuit de Gnoël était froide, et sans neige parsemant les rues, si ce n'est que le gel.
Minuit sonna dans un gong continu depuis le clocher du village. Mis à part les hurlements des loups qui lui répondirent, un calme ambiant enlaçait l'atmosphère délicieuse du repos du jour, en la saison du sommeil blanc de la terre.

Cependant, au milieu de cette tranquilité, un personnage se dressait comme un poil de barbe sur l'écorce d'un hérisson. Adossé contre la poutre verticale encadrant l'entrée de la devanture de l'auberge fermée grelottait Aklatan, pöv'pézou, qui arrivait jamais à faire comme tout le monde en même temps.
En effet, il ne goûtait à aucune atmosphère délicieuse car il respirait les effluves nauséabondes des poubelles près desquelles il se tenait, de plus, le sommeil blanc, il n'en avait rien à cirer, car même s'il était endormi, son sommeil serait noir, car c'est plus facile pour roupiller.
Il tenait dans sa main une arquebuse fraîchement nettoyée. Comme vous pouvez vous l'imaginer, il l'avait tout simplement dérobée à Gribok, cadeau de Tarlun pour ce nouveau Gnoël. Heureusement pour Aklatan, il avait intercepté le colis en dépouillant un postier, car Gribok habite à plusieurs lieues, il a déménagé quelques temps auparavant. Hé oui, on s'aime beaucoup chez les Troubadours, on s'offre même des armes à feu pour les fêtes.
"De toute façon, tout ce qu'il aurait fait de cette arquebus, ça aurait été de se la pointer sur la tempe après avoir constaté l'augmentation du prix de l'abonnement online. Je lui rendrai après avoir eu ce que j'ai à faire." marmonna le troubadour en claquant des dents.
Il scrutait le ciel avec un soupçon de désespoir mêlé à de la témérité; il se demandait pourquoi il tenait tant à faire cela, ça ne lui ressemblait pas. Pour avoir bonne conscience, il trouva une bonne raison :
"J'ai juste à tirer sur ce bon vieux Rodolph, si j'ai de la chance, je le blesse et c'est réglé." C'est alors qu'il eût une soudaine envie de croquer dans son propre postérieur, comme si il s'agissait de poulet.
" Pas étonnant que j'aie la dalle en restant là à me peler jusqu'à la moelle, ce salaud de Tarlun m'a privé de la nourriture la plus facile à attraper, j'ai besoin de plus de protéines, bordel !!!" Il réfléchit.
"La dernière fois qu'on manquait de bouffe, qui a gagné le random pour le drop de grammes de protéines déjà...? Ah oui, c'était ce connard de Sermias. Enfoiré je needais plus que lui, qu'est-ce que ça veut dire 97 à côté de 98 ?? Et merde, mon cul c'est du poulet, oui. Rha j'ai trop la dalle."

Puis soudainement, un léger tintement retentit de par les collines, il se fît croissant, puis le balancement de clochettes se fît net, enfin, accompagné du pétillement d'un jet de paillettes qui viennent butiner les cordes d'une harpe. Un souffle apparût à son tour, puis un claquement de fouet, suivi des cris vaillants d'encouragement du Père Gnoël aux rennes de ses rennes, dans son traîneau volant. Il fendait la nuit, lui le livreur de belles choses, envoyé des étoiles qui déposait sur le village une poussière pailletée lumineuse, pour adoucir le sommeil de chacun des habitants de la bourgade. Le vieil homme tournoyait si vite dans l'éternité céleste qu'Aklatan eût du mal à en croire ses yeux. Il ne les frotta pas comme un débile, car ceux-ci ne le démangeaient pas, restons logiques. En revanche, ce qui le démangeait à présent était son arquebuse, qu'il se hâta de charger de ses doigts presque ankylosés par le gel.
Incertain, il pointa son viseur vers le chariot sans cesse en mouvement, mais renonça à appuyer sur la gâchette lorsqu'il se posa sur la première maison, qui s'avérait être celle du meunier.
"Pfff, toujours le premier servi, celui-là. Il reçoit toujours la première douzaine d'oeufs mensuelle chez la fermière, et moi j'arrive toujours dernier, fait chier. Rha j'ai trop la dalle."
Voyant que le Père Gnoël, tout de rouge vêtu, le manteau enjolivé de quelques feuilles de houx, s'immisçait dans la cheminée armé de sa hotte, Aklatan pointa son canon en direction d'un des rennes en visant ses pattes. Il s'accroupit aussitôt lorsqu'il aperçut la silhouette du bon vieux marchand de bonheur, déjà remonté de sa crapahutade, remontant dans son traîneau pour se rendre sur la maison suivante.
"C'est qu'il va vite, le salaupio ! Tu m'étonne que ce soit le Tour du Monde en un quart de jour !"
Ainsi, tel que l'aurait fait Gribok dans une partie de counter strike, Aklatan s'engagea dans la rue, galopant accroupi jusqu'à la maison d'en face, pour tenter de faucher la pauvre bête dans son bref envol. Sa première tentative échoua, car il oublia d'ôter la sécurité de son arme. En faisant le tour du petit pâté de maisons, il renouvela son attaque au dessein si déplorable et terrorisant , en tireur amateur, il manqua sa cible, qui effectua une vrille pour se poser sur la maison visée. Aklatan plongea au sol furtivement, en étouffant un juron, puis observa l'homme se jeter une nouvelle fois dans la cheminée.
"Il n'a peut-être rien capté" se dit l'imbécile, "c'est inouï. Je peux l'avoir son crétin de bestiau, et ensuite : en déroute le pépère de mes c*******."
C'est alors que le Père Gnoël sortit de la cheminée pour scruter l'horizon. Aklatan se rangea dans l'ombre d'un porche, inquiet. "Merde" lâcha-t-il pour de bon. Le Père Gnoël n'attendait que de finir sa besogne sur le toit avant de répondre à son attaquant. Il paraïtrait que ce vieillard si douillet habituellement avait lui-même enttraîné Chuck Norris, et que si on le cherchait, ben on le trouvait. Remarquez, on lui faisait souvent remarquer que ce n'était pas difficile de le remarquer et de le trouver, étant donné sa manière d'arriver sur son traîneau, il en effraierait les milles pattes.

La réaction ne se fît pas attendre, il marcha le long du toit, puis sauta jusque sur le sol. Même à cet âge là, ses gibolles, c'est pas du jambonneau de tarlouse, ca réceptionne cinq mètres de hauteur.
Il se posta au milieu de la rue déserte en criant dans la direction d'Aklatan, niché dans l'ombre :
"Sors de là, limace, et viens de battre face à moi si c'est ce que tu veux !" Aklatan, réfléchit un instant, et se figea, avant de rétorquer :
"Vous n'avez pas dit hohoho !" Le Père Gnoël perdit patience et alla à la rencontre de ce maraud, puis le sait par la barbe.
"Mais... T'as pas de barbe, je le savais bien que t'étais une tantouse, dégonflé !
- Hého, du respect ! J'ai pas beaucoup de balais derrière moi, et...
- Tu veux que je te montre du respect alors que t'es même pas foutu de m'en montrer un orteil ? Lève-toi et viens te battre dans la rue."
Conscient d'un "truc pas très prometteur", il se leva en lâchant une petite interjection incertaine:
"Ho ho...
- C'est hohoho, pauvre abruti, je t'en foutrais des pas beaucoup de balais..."
Ils se plaçèrent face à face à quinze mètres d'intervalle. Le vieux projetta son grand manteau rougeoyeant vers l'arrière pour laisser place à ses mains qui s'approchaient de ses deux grands colts accrochés de part et d'autre de sa taille à sa ceinture. Il lança à son adversaire béhat :
"Alors comme ça on veut continuer la lignée des assassinats célèbres en attaquant lâchement le Père Gnoël dans son dos. Vaurien, vas. Kennedy, Gandhi, John Lennon, l'âge d'or... tous ceux-là ne t'ont pas suffit ?" Un vent glacial souffla dans le village, berçant le silence minable d'un Aklatan dévoré par l'indignation et le désespoir.
" Tu me déçois beaucoup Aklatan. Quand tu avais sept ans, je t'avais offert exactement ce que tu voulais, c'était une chose car sa conception a donné du fil à retordre aux farfadets. A présent, ou t'es un homme et tu dégaine, ou bien je t'abonne à un magasine de make up."
Le ventre d'Aklatan gargouilla, il eût un nouveau frisson de froid, et son esprit vide se remplit à nouveau pour entretenir la seule pensée désagréable que sa honteuse posture s'ajoutait à tous ses soucis. Il se foutait d'avoir l'ai homme ou pas, son arme ne lui appartenait même pas. Il laissa tomber son arquebuse au sol en dévisageant l'imposant Père Gnoël d'un air ébahi. Il délivra :
"Pourquoi doit-on souffrir de nos méfaits en mûrissant à une période de l'année où nous avions à l'origine toutes les occasions de savourer votre bonté?
- C'est la version chevaleresque-philosophique, tu me le refait et je te répond.
Voulez-vous nous faire exploser en pleine tronche chaque hiver toutes les conneries accumulées pendant l'année?
- Ce duel n'est qu'à l'origine de ta simple lâcheté aux mauvaises attentions, c'est bien autre chose, sahce-le...
- Pourquoi a-t-il fallu que je sois persécuté de janvier à mars par Tarlun sous prétexte de l'utilisation d'un martinet à enchantement de foudre ? C'est ce que vous devez comprendre ! Rodolph aurait pris un sacré coup dans la gueule, et Gnoël aurait totalement épargné les honnëtes gens comme moi qui ne veulent trouver au pied du sapin des Troubadours une boïte au nom d'Aklatan contenant des rats cannibales ! J'en ai ras le cul, merde !
- Ooonh, t'as dit un gros mot.
- Et alors? Vous allez me coller votre pistolet sur le front et me faire goûter à la morale dont j'ai besoin ? Ca m'évietra une autre déception." Le Père Gnoël soupira, puis reboutonna son manteau, et fît relever Aklatan en déposant sa main sur son épaule :
"Allons, allons, mon cher Aklatan. Si Tarlun a considéré son cadeau comme destiné à refléter son emportement aveugle et hargneux, il a échappé à sa réalité qui visait à s'associer à son intérêt propre, son objectif. Tu pourras lui signaler que ce martinet enchanté sert à canaliser le mana des ennemis du deuxième niveau du donjon des Hautes-Plaines pour permettre l'ouverture de la troisième porte. Et vois-tu, les merveilles des festivités hivernales et la bonté du Père Gnoël s'ouvre aux petits et grands, aucun ne se verra souffir de cet enchantement annuel.
- Il n'empêche que cet enchantement était vachement puissant, j'ai eu bien mal aux côtes et au cul pendant des jours.
- T'en fais pas, c'est bon pour la circulation sanguine. Et même si Tarlun a agit à mal, il recevra quand même un présent très réconfortant."
Un tintement de clochette retentit dans le souffle du vent glacé, ce qui fît sourire le visage à peine ridé du vieil homme, il murmura :
"Il est tant de rentrer chez toi. Mais avant, au cas où je ne t'aurais pas réconforté, je peux te prouver la sincérité de mon sentiment.
- Tout ce que vous pourriez faire pour moi, ce serait de me donner de quoi acheter nouvelles cordes en boyau de sanglier. Les temps sont durs dans tous les domaines.
- Et quand les temps sont durs, mons gars, il faut recevoir le réconfort, tiens." Il sorti de sous son vaste manteau de feu un bel oiseau cacquettant, très docile, et le tendit à Aklatan. Celui-ci reçut le présent avec beaucoup de joie, il s'émerveilla à la vision de la poule géane des marais bleus:
"Ooooh... et... elle pond?
- Oui."

Lorsque le bon Père Gnoël repartît pour les cieux éthérés dans une farandolle de bruissements délicieux et de reflets argentés, sans oublier de lancer son éternel et chaleureux :"Hohoho, Joyeux Gnoël à tous!", Aklatan remarqua que son arquebuse avait disparue en même temps, certainement pour rejoindre son réel propriétaire ; ou bien la prochaine fois qu'il chercherait la baston avec le Père Gnoël, il aurait intérêt à faire vraiment attention.
Il rentra chez lui le coeur léger, mais les miches toujours aussi gelée dans la quiétude de la nuit d'hiver. Tout ça marchait un peu comme du poulet froid.

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